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COMMENT LE SCHÈME VARIE SELON LES FONCTIONS GÉNÉRALES DU SACRIFICE

Nous n’avons fait, dans ce qui précède, que construire un schème. Mais ce schème est tout autre chose qu’une simple abstraction. Nous avons vu, en effet, qu’il était réalisé in concreto dans le cas du sacrifice animal hindou; de plus, autour de ce rite, nous avons pu grouper un ensemble de rites sacrificiels que prescrivent le rituel hébraïque et les rituels grecs et latins. En réalité, il constitue la matière commune dont sont faites les formes plus spéciales du sacrifice. Suivant la fin poursuivie, suivant la fonction qu’il doit remplir, les parties qui le composent peuvent avoir des proportions différentes et se disposer dans un ordre diflérent ; les unes peuvent prendre plus d’importance au détriment des autres, certaines même peuvent faire totalement défaut. De là, naît la diversité des sacrifices, mais sans qu’il y ait entre les combinaisons diverses de différences spécifiques. Ce sont toujours les mêmes éléments groupés autrement ou inégalement développés. C'est ce que nous allons essayer de faire voir à propos de quelques types fondamentaux.

Vo.

Puisque le sacrifice a pour but d’affecter l’état religieux à

£ du sacrifiant ou de l’objet du sacrifice, on peut prévoir a Fe: Li - priori que les lignes générales de notre dessin doivent varier 4 suivant ce qu'est cet état au début dela cérémonie. Suppo- g<

sons d'abord qu'il soit neutre. Le sacrifiant (et ce que nous *

disons du sacrifiant pourrait $e répéter de l'objet danslecas

du sacrifice objectif) n’est investi, avant le sacrifice, d'au- È

cur caractère sacré : le sacrifice a alors pour fonction de Ie È

lui faire acquérir. C'est ce qui arrive notamment dans les

sacrifices d'initiation et d’ordination. Dans ces cas, comme LE:

la distance est grande entre le point d’où part le sacrifiant e.

et celui où il'doit arriver, les cérémonies d'introduction ;

| sont nécessairement développées ; il entre pas à pas, avec

“4 précaution, dans le monde sacré. Inversement, comme 4 la consécration est alors plus. désirée que redoutée, on FA craindrait de l’amoindrir en la limitant eten la circonscri-

D vant trop étroitement. Il faut que le sacrifiant, même rentré 2 # dans la vie profane, garde quelque chose de cequ'ilaacquis 4 pu au cours du sacrifice. Les pratiques de sortie sont donc -# 4 réduites à leur plus simple expression. Elles peuvent même 5 nn: disparaître tout à fait. Le Pentateuque ne les signale pas i: | quaïd il décrit les rites de l’ordination des prêtres, des 4 5 Lévites. Dans la messe chrétienne, elles ne surviventque Re. Sous la forme de purifications supplémentaires. Less: de changements produits par ces sacrifices ont, d’ailleurs, ; cs une durée très variable. Ils sont parfois constitutionnels Re et impliquent une véritable métamorphose. On préten- Dur dait que l’homme qui touchait aux chairs de la victime ñ 4 humaine sacriliée à Zeus Lycaios (le loup) sur le Lycée 2 3 , était changé en loup, comme Lycaon Favait été après avoir À - Sacrifié un enfant !, C'est même pour cette raison que ces a sacrifices se retrouvent dans les rites d'initiation, c’est-à-

À Plat. Rép, VIT. Paus., VIS, 6; VE, 2 3. —=Piinos N° H., VAI.

aXe 2 — Noù Mannhardl, W..Z", K., 1, p. 340. — Mème légende sur le

sincluaire de Uri: Gruppe, Griech. Mythologie, p. 67 sq. — Cf. Wellhausen. lieste des Ardbischien Heidenthums, p. 162 et n.. DU Non plus Las. p. St :

dire dans les rites qui ont pour objet d'introduire une âme dans un corps!. En tous cas, le sacrifiant se trouvait, à la fin

de la cérémonie, marqué d'un caractère sacré qui, quelque-

fois, entrainait des interdictions spéciales. Ce caractère

- pouvait même être incompatible avec d’autres du même

genre. Ainsi, à Olympie, l'homme qui, après avoir sacrifié à Pélops, mangeait des chairs de Ja victime, n'avait pas le

droit de sacrifier à Zeus?.

-Gette première caractéristique est solidaire d’une autre.

Lafin de tout le rite est d'augmenter la religiosité du sacri-

fiant. Pour cela, il fallait l'associer à la victime le plus étroitement possible ; car c’est grâce à la force que la consécration à amassée en elle, qu’il acquiert le caractère désiré. Nous pouvons dire que, dans ce cas, le caractère

dont la communication est le but même du sacrifice, va de la

victime au sacrifiant (ou à l’objet). Aussi est-ce après l’immolation qu’ils sont mis en contact, ou, tout au moins, c'est à ce moment qu’a lieu la mise en contact la plus importante. Sans doute, il arrive qu'une imposition des mains établisse un lien entre le sacrifiant et la victime avant que celle-ci soit détruite; mais quelquefois (par

exemple, dans le =ebah shelamim), elle manque totalement

et, en tout cas, elle est secondaire. La plus essentielle ést

celle qui se produit une fois que l'esprit est parti. C’est alors

que se pratique la communion alimentaire‘. On pourrait appeler sacrifices de sucralisation les sacrifices de cette sorte. La même dénomination convient égàlement à ceux qui ont pour effet, non pas de créer de toutes pièces un caractère

4. Nous fuisons allusion aux fuils connus, depuis les travaux de Mannhardt, Frazer, Sidney .Hurtland, sous le nom de l'Ame extérieure, auxquels les deux derniers auleurs -ont rattaché loute la théorie de Vinitiation.

2. Paus., V, 13, #% Môme iulerdiction à Pergamce pour ceux qui avaient sacrifié à Téléphe.

3. Voir plus haut, p. 57, 62. C’est proprement alors que s'effectue l'identification quelquefois recherchée, entre le saceriliant, la victime et le dieu, on l'obtient alors absolue (Sur ce printipe, voir £p. Hébr., 2, #1). 2

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