‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 96 sur 197 · M ART ONE EN, RARE PDO DE · texte numérisé non relu

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sacré chez le sacrifiant, mais simplement d’augmeutler un caractère préexistant.

Mais il n’est pas rare que l’homme qui va sacrifier se trouve déjà marqué d’un caractère sacré, d’où résultent des intérdictions rituelles qui peuvent être contraires à ses desseins. La souillure ‘ qui se contracte en n’observant pas les lois religieuses ou par le contact des choses impures, est une sorte de consécration ?. Le pécheur, comme le criminel, est un être sacré®. S'il sacrifie, le sacrifice a pour but, ou du moins l’un des buts dusacrifice est alors, de le déharrässer de sa consécration. C’est l’expiation. Mais remarquons un fait important : maladie, mort et péché, sont, au point de vue religieux, identiques ; la plupart des fautes rituelles sont sanctionnées par le malheur ou le mal physique‘. Et, inversement, ceux-ci sont censés être causés par des fautes consciemment ou inconsciemment commises. La conscience religieuse, même celle de nos contemporains, n’a jamais bien séparé l'infraction aux règles divines et ses couséquences matérielles sur le corps, sur la situation du coupable, sur son avenir dans l’autre monde. Aussi pouvonsnous traiter à la fois des sacrifices curatifs et des sacrifices purement expiatoires. Les uns et les autres ont pour objet de faire passer, grâce à la continuité. sacrificielle, sur la victime l’impureté religieuse du sacrifiant et de l’éliminer avec elle.

Aussi la forme la plus élémentaire de l'expiation est-elle

1. Ps. CVI, 39. « Ils se souillent par leurs œuvres et ils se pervertissent par leurs pratiques ».

2. Lév. XE, sqq. — Cf. Marquardt, op. cit., VI, p. 277.— Cf. Frazer, Encyclopædia Britannica, art. Taboo. — Cf. Gold. Bough, passim. — Cf. Jevons, Introd. Histor. Relig., p. 107 sqq.

3. Cf. Rohde, Psyche, I, p. 179, 192: S. R. Steinmetlz, Séudien zur erslen Entwickelung der Strafe, I, p. 350 sq.

4. C’est la sanction générale des fautes rituelles au Lévitique, dans le Deutéronome, dans l'Exode, comme.dans Ezéchiel et les livres historiques : il faut observer les rites, pour ne point mourir, n'être pas atteint de lèpre aiguë comme le roi Osias..— Cf. Oldenberg, Re. d. Ved., p. 287, 319. Cf. Bergaigne, Rel. Véd., LL. p. 150 sqq.

l'élimination pure et simple. De ce genre, est l’expulsion du bouc d’Azazel, et celle de l'oiseau dans le sacrifice de la purification du lépreux. Le jour du Pardon, on choisissait deux boucs. Le grand-prêtre, après divers hattät, mettait | les deux mains sur la tête de l’un d’eux, confessait sur lui les péchés d'Israël, puis l’envoyait au désert. Il emportait avec lui les péchés qui tui étaient communiqués par l’imposition des mains‘. Dans le sacrifice de la purification du lépreux ?, le sacrificateur prenait deux passereaux (?). Il coupait la gorge de l’un d’eux au-dessus d’un vase de terre contenant de l’eau vive. L'autre était trempé dans cette eau sanglante, avec laquelle une aspersion était faite sur le lépreux. Le passereau vivant était alors lâché et il emportait la lèpre avec lui. Le malade n'avait plus qu’à faire une ablution ; il était purifié et guéri. Le hattât présente une élimination aussi claire dans les cas où les restes de la victime étaient portés hors du camp et brûlés complètement*. — Les sacrifices médecine hindous comportent des cas analogues*. Pour guérir de la jaunisse, au-dessous du lit, on lie des oiseaux jaunes ; puis on le lustre de telle façon que l'eau tombe sur les oiseaux qui se mettent à jacasser. Comme le dit l'hymne magique, c’est à ce moment que « la jaunisse » est « dans les oiseaux jaunes f ». — Dépassons un peu ce stade trop matériel du rite. Un

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