III. — Luchaire. — Moyen Aye
MÉLANGES d’hISTOIRE Dü MOYEN AGE
Les traditions antérieures au règne de Louis VI.
Nous n’insisterons pas sur le caractère purement hypothétique de cette observation, présentée par les auteurs de Y Histoire littéraire de la France « que les comtes d’Anjou furent dépouillés de leur droit non par Louis VI mais plus probablement par Philippe I, à l’occasion de la brouillerie qui s’éleva entre ce prince et Foulque le Réchin, à l’époque de l’enlèvement de Bertrade. Le roi de France dispensa sans doute les sénéchaux ordinaires de lui rendre hommage. » Ces faits ne sont confirmés par aucun témoignage historique. Nous ne croyons pas qu’on puisse y suppléer par la tradition, que rappelle M. Bémont, sur les comtes d’Anjou, gonfaloniers du roi de France2, reproduite dans plusieurs poèmes du moyen âge d’après la Chanson de Roland3. Quant au fait allégué par le même savant « que les comtes d’Anjou étaient, en partie du moins, les héritiers de la maison de Vendôme, dont un membre paraît avoir exercé les fonctions de sénéchal au temps de Hugue Capet, » il n’apporterait qu’un appui bien insuffisant à la thèse de l’auteur du De Senescalcia. M. Bourel de la Roncière a prouvé4 que le comte de Vendôme, Bouchard II, exerça en fait sous Hugue Capet une grande partie des fonctions attribuées plus tard au sénéchal de France; mais il ne porte ce titre que dans un acte manifestement faux, de 989, fabriqué exprès pour établir entre la maison de Vendôme et la maison d’Anjou, dès le ixe siècle, des liens de parenté qui en réalité n’existèrent pas 5. A coup sûr, les textes historiques et