Chanson de Roland , éd. Gautier, vers
4. Vie de Bouchard le Vénérable , p. 25, 29, 98 et lntrod ., p. xm.
5. Housseau, 1. 1, p. 243. « Ego Buchardus cornes Parisiensis, Mileduni et Corbolii et senescallus Franciæ, dedi et concessi Fulconi, comiti Andecavorum, nepoti meo et Adelæ uxori suæ. » Et plus loin il parle de « Fulco (Foulque le Bon), pater meus ». Voir sur ce point la démonstration très pro-
IILGLE DE CLEKS ET LE « DE SENESCALCIA FRANCHE »
diplomatiques relatifs aux prédécesseurs de Louis le Gros ne font aucune mention d’une intervention des comtes d’Anjou dans le service du dapiférat de France. On aurait même tort de croire que, parce qu’un baron ou un fonctionnaire de la cour capétienne apparaît, à cette époque, chargé du commandement de l’armée royale, il est de toute nécessité que ce commandant ait été investi des fonctions de sénéchal. Sous le règne de Henri I, le Raoul que les chroniques appellent « princeps exercitus Francorum » et « summus dux Francorum » était non pas le sénéchal, mais le chambrier du roi L
IV.— CIRCONSTANCES DANS LESQUELLES AURAIT ÉTÉ RÉDIGÉ LE TRAITÉ ATTRIBUÉ A HUGUE DE CLERS.
Quand la critique révoque en doute l’authenticité d’un document ou la véracité d’un narrateur, il ne lui suffit pas de donner les raisons, tirées du texte même ou des sources historiques de la même époque qui justifient son opinion ; elle doit chercher encore les motifs qui ont agi sur le faussaire et les circonstances qui l’ont amené à dénaturer la vérité. Il est souvent malaisé de découvrir le mobile et l’occasion déterminante; et quand la recherche n’aboutit pas, ce n’est pas à dire que les arguments défavorables risquent, pour ce fait, de perdre leur valeur. C’est de l’examen du document lui-même que la confiance ou le doute doivent tout d’abord sortir. Mais lorsque aux indices de fausseté, s’ajoute la connaissance, certaine ou probable, du but poursuivi par le faussaire et de l’époque où il a écrit, la démonstration n’en a que plus de poids. Or il y a une circonstance historique qui peut expliquer la production du traité De Senescalcia ; nous l’avons rappelée plus haut : c’est la concession faite par Louis VII à Henri II, en 1158, du titre de sénéchal de France en vue de l’expédition de Bretagne 2. Cette affaire fut
baate de M. Bourel de la Roncière ( Introd ., p. vi-vn). Cf. un autre titre, tout aussi faux, de l’an 956 (Rousseau, I, n° 178), rédigé dans le même dessein. Ces documents, extraits de la Tour de Londres au xviie siècle, nous paraissent avoir été fabriqués, comme l’écrit de Hugue de Clers, au temps de Ileuri II.