Abbo, Bell . Par., I, v
Cette parenté peut donc être considérée comme bien établie. Mais selon M. Favre on ne peut admettre que le même personnage ait été à la fois neveu de Gozlin et frère de Ramnulfe II, comte de Poitou. « Gozlin appartient à la famille de Roricon, comte du Maine : pour motiver l'apparition dans cette famille des deux noms tout à fait nouveaux de Ramnulfe et d’Ebles, il a fallu recourir à une alliance supposée d’une femme inconnue de la famille des Roricon avec Ramnulfe I de Poitou. Nous préférons substituer à tout ce déploiement d’ingéniosité le dédoublement du personnage d’Ebles1. »
Le « déploiement d’ingéniosité » n’est peut-être pas aussi considérable que le dit M. Favre. La parenté avec Gozlin est « d’origine inconnue » affirme M. Favre. Or, d’après les Bénédictins, la mère d’Ebles aurait été la sœur de l’évêque de Paris : « Gozlini ex sorore nepos » (Bouq.) 2.
Cette sœur aurait épousé Ramnulfe I, comte de Poitou. « Ebulo, qui et Ebolus, Goslini superioris ex sorore nepos,... Ramnulfi comitis, primi hujus nominis filius, ut habetur tom. II Hist. Geneal. magnatum Franciæ p. 512 3 ». Il n’y aurait donc pas besoin, pour admettre l’identité des deux Ebles, et pour expliquer la double parenté, de recourir à un système particulièrement ingénieux. Le premier argument de M. Favre pourrait donc, nous semble-t-il, être écarté; passons maintenant au second.
IL Nous connaissons, par le Nécrologe de l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés le jour de la mort de l’abbé Ebles, chancelier : c’est le 2 octobre.
« VI. Non. Oct. Depositio domni Eboli abbatis nostræ congrégations 4 ».
Mais le Nécrologe n’indique pas l’année où cet événement a eu lieu. Ce semblerait devoir être l’année 891 . En effet le dernier diplôme signé d’Ebles est du 15 juillet 891 5 et le 30 septembre 892 c’est un autre chancelier, Askeric, évêque de Paris, qui est en fonctions6.
Mais on a admis, comme le dit M. Favre, en croyant à l’identité des deux Ebles, que le chancelier était mort en 892, le