‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur Luchaire (volume 2)Chapitre 50 sur 51 · Gall. Chr ., VII, p · texte numérisé non relu

Gall. Chr ., VII, p

MÉLANGES D’HISTOIRE DU MOYEN AGE

sibi resociaret, aut de regno suo pelleret, aut vita privaret. Ille credulus factus, consilio adquievit eorum, nescius quæ sibi|parabant. At ubi fines attigit Aquitaniæ, Ebulus, ejus adventum, præsciens in fugam versus, interfectus est juxta quoddam castellum lapide ; frater quoque ejus Gozbertus, posthæc obsessus, atque in brevi vitam finivit L »

Si donc, et c’est bien ce que semble prouver le texte cité, la mort d’Ebles, tué en Aquitaine, a eu lieu en automne, on peut en faire coïncider la date avec celle que fournit le Nécrologe de Saint-Germain-des- Prés.

On peut, au premier abord , trouver extraordinaire , même invraisemblable, qu’un homme qui le 15 juillet 891 occupait une situation des plus enviables, ait pu y renoncer volontairement, et le 2 octobre 892 se faire tuer en combattant contre celui auquel il avait dû sa situation et sa fortune. On pourrait trouver là encore une objection contre le système qui confond les deux Ebles. Mais il faut remarquer que ces soulèvements d’un chancelier contre le roi, pour soutenir un rebelle, ne sont pas chose rare à cette époque. En 880, Gozlin, qui se trouve alors être à la fois abbé de Saint-Denis, de Saint-Germain et chancelier, comme son neveu le sera en 891, se soulève de concert avec Louis III de Germanie. Le chancelier qui succède à Ebles, Askeric, complote aussi contre Eudes, en faveur de Charles le Simple. La conduite d’Ebles, si nous admettons qu’il faille faire un seul et même personnage du chancelier et du rebelle, n’a donc rien d’absolument étrange.

Si donc la parenté d’Ebles, neveu de Gozlin, avec Ramnulfe, s’explique d’une manière très simple, si les Annales de Saint-Vaast indiquent pour la mort d’Ebles de Poitiers une date qui peut coïncider sans difficulté avec celle de la mort d’Ebles, abbé de Saint-Germain-des-Prés ; si en outre la révolte d’un chancelier n’est pas un fait extraordinaire et anormal, il ne semble pas qu’il y ait de raison suffisante pour distinguer deux personnages là où Réginon, et après lui les Bénédictins, n’en voient qu’un seul, Ebles, abbé de Saint-Hilaire, Saint-Denis et Saint-Germain-des- Prés, neveu de Gozlin, frère de Ramnulfe II et chancelier du roi Eudes.

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