‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 101 sur 117 · Ibid., v · texte numérisé non relu

Ibid., v

LES POEMES SATIRIQUES d’aDALBÉRON

rances, il laisse prévoir le rétablissement de Tordre, ou du moins un sérieux désir du roi Robert de maintenir une paix durable:

Undique pax bona post certamina postque labores 370 .

Ingénieux, le dernier trait qui termine le Carmen ad Rot bertum regem . Adalbéron peut être tranquille : il a donné de sages et prudents conseils au roi Robert; la grâce du roi raccompagne 371 ; quant aux réformes promises, qu’il se rassure : la Loire baignera la Calabre et le Tigre l’Espagne, avant qu’elles soient réalisées 372 .

F. — La portée historique du Carmen ad Rotbertum regem.

Le Carmen a-t-il une portée quelconque ? a-t-il été connu du public? et le roi Robert en a-t-il eu connaissance? Il n’en est question nulle part, et ce serait voir bien fin que de chercher à interpréter ces mots de Fulbert de Chartres parlant du crédit d’Adalbéron auprès du roi Robert : Cui Deus hene suadcndi copiam dédit incomparabilem 313 , comme une allusion au poème de l’évêque de Laon.

Mais il se pourrait que le Carmen ad Rotbertum regem fût dans l’évolution du clergé des séculiers, au déclin du règne de Robert, comme le signal d’une vive réaction. L’étude d’interprétation qui précède témoigne assez qu’au moment de sa composition l’opposition est dans une période critique, et que le parti progressiste triomphe ; c’est ce qui nous a engagé à ne pas attribuer au poème d’Adalbéron une date trop postérieure, et en particulier à le placer chronologiquement avant le Rythmus satiricus . La crise est évidemment alors à l’état aigu, les séculiers complètement battus : un effort désespéré a dû leur paraître nécessaire pour reconquérir la prépondérance.

Nous n’oserions certainement pas affirmer qu’il faut considérer

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