‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 13 sur 117 · Dom Morice, Histoire de Bretagne , I, p · texte numérisé non relu

Dom Morice, Histoire de Bretagne , I, p

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Fauteur du fragment, nous sommes loin de pouvoir l’accuser, avec Mabille, de grossière erreur.

Enfin il nous apprend encore que Geoffroy Grisegonelle accompagna le duc Hugue au siège deMarson, qu’il mourut devant la ville et fut enterré à Saint-Martin de Tours : tous ces faits semblent exacts 32 . Histoire des comtes angevins fait, il est vrai, enterrer Geoffroy à Saint-Aubin d’Angers 33 ; mais est-ce une autorité?

Passons donc à l’examen des faits relatifs k Foulque Nerra. L’auteur affirme d’abord que Foulque accrut le comté d’Anjou du Maine : « Adquisivit Cenomannicum et adjunxit eum Andegavino consulatui . » Par lk il ne veut évidemment pas dire qu’k partir de ce jour il n’y a plus eu de comte du Maine en dehors du comte d’Anjou : car, un peu après, il nous parlera du « Cenomannensis cornes ». Il fait donc allusion, en s’exprimant ainsi, soit k la prise de possession en fait du Maine par Foulque pendant l’emprisonnement de Herbert, soit plutôt (et peut-être fait-il allusion aux deux choses k la fois) k une prise de possession en droit, c'est-k-dire k une acquisition, plus ou moins reconnue d’ailleurs, de la suzeraineté.

Il semble, en effet, qu’k partir de Foulques Nerra le Maine ait été dans la mouvance du comté d’Anjou. Ce qui tendrait k prouver cette vassalité, c’est l’intervention de Geoffroy Martel dans le comté du Maine k propos du mariage du jeune Hugue. A quel titre intervenait-il? Le fragment nous le dit bien nettement : il intervenait contre Hugue « qui exierat de fîdelitate sua », c’estk-dire qui, au lieu de lui demander son autorisation pour se marier, ainsi que doit le faire un vassal obéissant :i4 , avait voulu se passer de son consentement. Et, d’autre part, sur cette suzeraineté, nous avons le témoignage de l’historien de Guillaume de Normandie, qui, retraçant brièvement l’histoire du Maine

32. Pour la présence et la mort au siège de Marson, cf. Chronicon Raina ldi archidiaconi andegavensis , dans Marchegay et Mabille, Chroniques des Églises d'Anjou , p. 9 ; Chronieae Sancli Albini andegavensis , ibid., p. 21 ; Chronicae Sancti Sergii andegavensis , ibid., p. 134; Chronicon Vindocinense seu de Aquaria, ibid., p. 164.

33. Historia comitum andegavensium , dans les Chroniques des comtes (TAnjou, p. 325.

34. On sait en effet que, dans beaucoup de provinces, « le seigneur était autorisé par la coutume à intervenir en cas de mariage de son feudataire » et que « ce dernier ne pouvait se marier sans son consentement ». (A. Luchaire, Manuel des Institutions françaises sous les Capétiens directs , p. 203.)

sous Foulque Nerra et Geoffroy Martel, nous apprend que Herbert I er et Hugue II étaient sous la dominatio de ces deux comtes angevins 3 * 5 , et que c'est seulement Herbert II, fils de Hugue II, qui, lassé des tyranniques exigences de Geoffroy Martel, alla prêter hommage à Guillaume de Normandie : « Manibus eisese dédit, cuncta sua ab eo ut miles a domino recepit. »

Et d’ailleurs la Chronique des comtes d'Anjou ne nous dit-elle pas, de son côté, que le roi « Robert » aurait donné le Maine, c’està-dire la suzeraineté du Maine, « jure hereditario », à Geoffroy Grisegonelle et à ses successeurs 36 ? Il y a confusion évidente entre Geoffroy Grisegonelle et son (ils Foulque Nerra, si le nom du roi est exact ; mais, de toutes façons, à en croire cette chronique, la suzeraineté du Maine aurait été concédée par le roi de France aux comtes d'Anjou, en leur laissant le soin préalable de se soumettre le pays. On verra la même politique suivie par Henri I er avec Geoffroy Martel au sujet du comté de Touraine, qu’il lui céda pareillement, et que Geoffroy conquit ensuite 37 . Nous admettons aisément après cela que Foulque ait fait du comte du Maine son vassal, qu’il ne lui ait rendu la liberté qu’à condition de lui prêter hommage. Cette manière de procéder était courante; el c'est sans doute ce que veut dire l'historien de Guillaume de Normandie, quand, parlant de cet emprisonnement de Herbert l or , il dit que Foulque le contraignit d’accepter « pactiones quas avare concupierat , carcere ac tormentis ».

Plus complexe et plus délicate est la question des châteaux construits par Foulque Nerra. Aussi importe-t-il de bien comprendre ce que l’auteur a voulu dire quand il a avancé que Foulque « a bâti », acdificavit , telle ou telle forteresse. Il est, en effet, certain que ce mot aedifïcavit ne doit pas toujours être pris au sens littéral, que nous ne devons pas toujours entendre que Foulque a lui-même présidé aux travaux. 11 peut n’être souvent

35. « Comitum Andegavensium dominatio Cenomannorum comitibus pridem gravis ac pene intolerabilis extiterat, etc. » : Gesta Guillelmi ducis Normannorum et regis Anglorum a Guillelmo Pictavensi, dans Dom Bouquet, XI, p. 85, C et D.

36. Gesta consulum Andegavorum dans les Chroniques des comtes d'Anjou, p. 78.

37. Dans notre fragment : « Ex voluntate Ainrici, accepit donum Turonicae civitatis, etc. » Cf. Chronique de Raoul Glaber, V, 2, édition Prou (Collection de textes pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire, n° 1), p. 129. Ce texte de Raoul Glaber est cité dans les Gesta consulum Andegavorum, p. 122 des Chroniques des comtes d'Anjou.

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question que de l’autorisation de construire accordée à un vassal. Cette autorisation étant un point de départ nécessaire, on peut, par une certaine liberté d'expression, dire d'un seigneur, qui a donné son consentement à l'édification de châteaux, qu'il les a bâtis, puisqu'ils ne l’ont été que sur son invitation ou de son aveu. Aussi les preuves, que nous allons faire valoir pour contrôler notre texte, vont-elles être de deux sortes : pour certains châteaux, nous pourrons montrer rigoureusement qu’ils ont bien en eifet été construits par Foulque; pour d’autres, nous devrons nous contenter de montrer que les différentes seigneuries, dont ils étaient les sièges, remontent h son époque, ce qui revient à dire qu’ils datent eux-mêmes du temps où Foulque était comte : et si nous voyons que leurs premiers seigneurs ont été ses vassaux, le but proposé sera encore suffisamment atteint.

Or, en Touraine , Foulque aurait construit les châteaux de Langeais, Chaumont ( Calvus Mons), Montrésor, Sainte-Maure. — Pour Langeais, cette affirmation est pleinement confirmée : Y Histoire de Saint-Florent, de Saumur 38 et la Petite histoire de Saint-Julien de Tours 39 sont d’accord pour attribuer la construction du château à Foulque Nerra. Celui-ci, d’après ces deux chroniques, l’éleva contre Eude, comte de Blois et de Tours, et cela dès la fin du X e siècle : car, en 994, ce dernier l’assiégeait 40 . Et, en efTet, Foulque Nerra est à peine parvenu au pouvoir, que les seigneurs de Langeais apparaissent : c’est d’abord un nommé Hubert, qui est mentionné pour la première

38. «... Quod Fulco ut audivit, castrum instituens Lenniacum, quia Lennae rivulo superjacet, vocitatum, ad oppida quae sui priores varia sorte adquisierant leviorcm praebuit introït uni, hoc est Ambaziacum, Locas, Vilentrast, Ilaia, etc. ». Historia Sancti Florentii Salmurensis , dans Marchegay et Mabille, Eglises d'Anjou , p. 274.

39. « Anno DCCCLXXXIV ab incarnatione Domini. Circa hoc tempus Landegavis castrum a Fulcone comité construitur, civitas Turonis ab eodem obsidetur et capitur, etc. » Brévia historia Sancti Juliani Turonensis , dans Salmon, Chroniques de Touraine , p. 228. — Cette date de 984 est évidemment une erreur. Foulque Nerra n'était pas encore comte à ce moment.

40. Une charte donnée en 994 par Eude, comte de Blois et Tours est, en effet, terminée par ces mots : « Dala est haec auctoritas ad obsidionem castelli Lengiacensis, pridie idus februarii, anno incarnationis dominicae DCCCCCXCIV, indictionc vu, régnante Ilugone justissimo rege anno septimo. » Cartulaire Burgul ., fol. 28 r° dans dom Rousseau, i, n° 261. Langeais a d'ailleurs été pris et repris maintes fois, car on lit dans la Gesta Amhaziensium dominorum que Foulque Nerra, en 1037, « reprend » Langeais.

fois dans une charte de 990 41 , puis son fils Hubert II de Langeais 42 , et ensuite le fils de ce dernier, Hainelin. Et, ce qui nous montre bien que nous avons affaire à une châtellenie nouvelle, cette famille de seigneurs, tout à fait inconnue jusqu’ici, prend tout à coup une place très importante dans l’histoire angevine. Hamelin est mentionné très souvent dans les chartes : dès 1032, parmi les grands vassaux qui entourent Geoffroy Martel, fils de Foulque 43 ; vers 1060, à propos dune convention qu’il conclut avec l'abbaye de Marmoutier 44 ; en 1070, comme témoin, pour un accord entre Guillaume Bloellus et les moines de la même abbaye 45 , etc. Enfin, ayant épousé Adrienne, fille d’Eude Doubleau 46 , il fut appelé, après la mort de Ilugue, fils de ce dernier,' vers 1075, à diriger la seigneurie de Mondoubleau en attendant la majorité de l’héritier 47 . Son fils Gautier, à qui il advint de tuer Geoffroy, cousin germain de Geoffroy Martel 48 , fut un

41. Voir X. Carré de Bussbrolle, Dictionnaire historique, géographique et biographique d'Indre-et-Loire et de Vancienne province de Touraine , tome IV, article « Langeais », formant le tome XXX des Mémoires de la Société archéologique de Touraine ( 1882;.

42. Carlulaire de Marmoutier , fol. 117 v°, dans dom Housseau, xn 2 , n° 6735 : Hubert de Langeais remet aux moines les impôts qui lui appartenaient de tout ce qui passait sur la Loire.

43. Cartulaire de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , édition de l’abbé Métais, tome I, charte n° 7. Il est même possible que ce Soit d’IIamelin de Langeais qu’il est question dans la charte n° 1 de ce même recueil : nous y voyons Foulque Nerra prenant temporairement le gouvernement du comté de Vendôme, confier à Hamelin, père de Gautier, la garde de Villel’Évêque (vers, 1016-1020). Mais l'identification n’est pas certaine.

44. Cartulaire de Marmoutier , dans dom Housseau, ii 2 , n° 609 (Du temps de l’abbé Albert).

45. Cartulaire de Marmoutier , fol. 91 v°, dans dom Housseau, ii 2 , n° 730, et xu 2 , n° 6728 (Les deux copies, partielles toutes deux, se complètent mutuellement).

46. Cartulaire de la Trinité de Vendôme , édition Métais, tome I, chartes n° 46 et n° 250.

47. Carlulaire de la Trinité de Vendôme , ibidem. — Un inexplicable contresens fait dire à M. l’abbé Métais (tome 1, p. 396, note 1) qu’IIamelin de Langeais a été en Terre-Sainte.

48. Cartulaire de la Trinité de Vendôme , édition Métais, I, charte n° 17. — Il s’agit de Geoffroy, fils du comte Maurice. Ce Maurice, frère consanguin de Foulque Nerra, d’après la charte n° 16 du même recueil, aurait été lui-même tué également par Gautier de Langeais. Cette version est adoptée par Mabili.e, p. i.xvu de son Introduction aux Chroniques des comtes d'Anjou. Mais si l’on remarque l’étrange ressemblance des chartes 16 et

baron notable de la région vendômoise 4î> , et donna le jour à cet autre Hamelin de Langeais, qui, vers 1070, devint seigneur de Montoire :>0 , c'est-à-dire d'une des plus belles parmi toutes

17, quant au lieu et aux circonstances du meurtre, on ne peut s'empêcher de mettre en doute la véracité de la première des deux ; celle-ci ne nous a été transmise que par des copies faites elles-mêmes d'après un « folio préliminaire ajouté au xin« siècle » au carlulaire proprement dit (Abbé Métais, charte n° 10 : Sources); la charte 17, au contraire, nous a été transmise par le carlulaire de la Trinité, composé à la fin du xi e siècle, et conservé à Cheltenham dans la collection Phillipps. Par suite, il nous semble vraisemblable d'admettre que ces deux chartes ne relatent qu’un même événement, dont la deuxième seule nous donne la version exacte.— M. de Pktigny ; Histoire arehéol. du Yendômois, 2 e édition, 1882, p. 350, note 1), croit que le Gautier de Langeais dont il est ici question, est le frère d'IIamelin ; mais cette opinion n’est pas soutenable.

49. Voir les chartes 10 et 17 du Carlulaire de la Trinité de Vendôme , citées dans la note précédente : « Miles quidam, Walterius dictus, filius Hamelini de Lingaiis, qui et ipse in pago Yindocincnsi honorifice fevatus erat... » Ce sont ces possessions qui, dans une charte de Marmoutier, le font nommer Gautier de Vendôme » {Livre des serfs de Marmoutier , édition Salmon et de Ghanum vison, au tome XVI dos Mémoires de la Société archéologique de Touraine , ISOi-, charte n° 101). Cf. Carlulaire de Marmoutier pour le Yendômois ,.édition de Thk.mai lt, chartes n°* t et 5.

30. Cette généalogie d'IIamelin, seigneur de Montoire, nous semble ressortir clairement de l'examen des différentes chartes où celui-ci apparaît : nous y voyons qu'il est fils d'un certain Gautier [Carlulaire de la Trinité de Vendôme , édition Mutais, II, charte n° 302). Quel Gautier? Évidemment un Gautier de Langeais; sans quoi on ne s’expliquerait pas qu'il ait pu être indifféremment appelé Hamelin de Langeais et Hamelin de Montoire \jCartul. de la Trinité , ihid., n° 320. — Cartul. de Marmoutier pour le Vendômnis , édition i>k Tiiîmai lt, ii° 12 : «< llamelinus de Lenfjiacis vel de Monteaureo »). Et ce Gautier de Langeais lui-même ne peut être que le fils d'Hamelin, seigneur de Langeais. Ceci deviendra une certitude pour qui examinera les chartes 1, 4, 3, 12 du Carlulaire de Marmoutier pour le Vendômois , édition de Thé.mai i.t : il s’agit de l’église de Naveil, qui, à la charte 1, fait partie du domaine de Gautier, fils d'Hamelin de Langeais »; celui-ci la donne à l'abbaye de Marmoutier (antérieur à 1029); — h la charte 3, nous voyons Gautier qui, à l'époque de la charte 1, était sans doute encore un enfant et ne possédait l'église que nominalement, obliger l'abbaye à lui acheter à nouveau son consentement pour la précédente cession (vers 1030); — à la charte L postérieure à celle-ci, nous voyons « Hamelin de Langeais » réclamer cette église, disant qu'elle fait partie de ses biens; on lui répond, ce qui établit nettement la filiation, que ses parents , c'est-à-dire Hamelin, seigneur de Langeais, et Gautier, son fils, la leur ont cédée pour toujours (vers 1064); — et enfin, après de nou-

les seigneuries dépendant du comté de Vendôme, auquel il

veaux débats au sujet de la meme église, la charte 12 nous montre « Hainelin de Langeais », fils de« Gautier de Langeais », intervenant une seconde fois pour régler définitivement la question (entre 1066 et 1070). Cette filiation ressort encore de la charte n° 101 du Livre des serfs de Marmoutier , édition Salmon et de Grandmaison (Hamelinum (ilium Gualterii de Vindocino). — C’est un mariage qui permit au fils de Gautier de Langeais d’entrer en possession de Montoire : Nihard de Montoire, mort en 1059, laissa pour héritière sa fille unique, Placentia, dont le mari, Albéric, devint seigneur de Montoire. Placentia avait été mariée antérieurement avec Eude Doubleau (Elle ne peut avoir épousé Eude après Albéric, comme le dit M. l’abbé Métais, I, p. 229, note 1, car alors, Eude étant mort vers 1057, Albéric n’eût pas été le mari de Placentia en 1059, et n’eût pas, par conséquent, été maître de Montoire). De son mariage avec Eude Doubleau, Placentia avait eu une fille, Helvise. Celle-ci épousa le fils de Gautier de Langeais, qui — Albéric étant mort sans enfant — devint, en vertu des droits de sa femme, seigneur de Montoire. Ceci est explicitement indiqué dans la charte 302 du Cartulaire de la Trinité de Vendôme , édition de l’abbé Métais (« casamentum... quod juris Hamelini factum fecerat [Placentia] per maritalem copulam ejusdem Helvisae »). De cet Hamelin il est question aux chartes n 09 229, 230, 277, 295, 302, 326, 397, 418 du Cartulaire de la Trinité de Vendôme , édition Métais; aux n°* 105, 159 du Cartulaire Blésois de Marmoutier , édition Métais; aux n 09 4, 5, 12 et 32 (A) du Cartulaire de Marmoutier pour le Vendôrnois, édition de Trémault, etc. — Notre insistance sur ce point se justifie par le besoin d’éclaircir quelque peu une question qui a été fort embrouillée par les érudits qui ont eu occasion d’y toucher : Hamelin, seigneur de Langeais, et Hamelin, seigneur de Montoire, ne seraient pour eux qu’une seule et même personne (Cf. de Trémault, Recherches sur les premiers seigneurs de Mondouhleau de la famille Doubleau , dans le Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, année 1886; du meme auteur, les notes du Cartulaire de Marmoutier pour le Vendôrnois ; abbé Métais, notes du Cartulaire de la Trinité de Vendôme , II, pp. 38, 148 et passim), ce qui est impossible, le premier étant né vers l'an 1000, — et meme plutôt avant qu’après, — comme ces érudits le reconnaissent, et quelques-unes des chartes qui ont trait au deuxième, nous reportant bien après 1100 (Cartulaire de la Trinité de Vendôme, é d. Métais, II, charte n° 418 [ann. 1108j ; Cartulaire blésois de Marmoutier, éd. Métais, charte n° 105 [ann. 1101-1136). Cf. Cartulaire de. Marmoutier pour le Vendôrnois , éd. de Trémault, charte n° 32 (A) ; meme Cartulaire charte n° 159 [ann. 1139 (?)]). D'ailleurs, il faudrait encore admettre que les deux filles d’Eude Doubleau, Adrienne et Helvise, ne sont qu’une seule et même personne, et en arriver même, avec M. l’abbé Métais, à supposer qu’Hamelin, â.,é de plus de soixante-dix-huit ans, donna le jour à un nouveau fils, nommé Gautier! — Il n’y a même pas lieu de discuter l’opinion suivant laquelle Hamelin de Montoire serait petit-fils de

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devait être réuni par cette même famille 51 . A Langeais même, après Hamelin, viendront Séran, puis Ingelger, etc. Comme on le voit, à partir de la fin du x e siècle, et à partir de ce moment seulement, nous pouvons suivre la série des seigneurs de Langeais ; une famille nouvelle a surgi dans l’histoire : la seigneurie elle-même doit donc dater de cette époque 52 . D’autre part, nous avons vu que les seigneurs y sont les vassaux des comtes d’Anjou, et cela dès le début, puisque, en 99i, Eude, comte de Blois et de Tours, vient les assiéger pendant sa lutte contre Foulque Nerra. Cela, joint au témoignage des chroniques, constitue une preuve irrécusable.

Pour Chaumont , les résultats auxquels nous arrivons sont tout différents. En effet, l’histoire de cette ville èt ses débuts nous est connue, et voici ce que nous y trouvons : en 1026, Foulque Nerra vint ravager Sauinur et sen empara ; Gelduin, à qui cette place appartenait, dépouillé, reçut de Thibaut, comte de Blois, la seigneurie de Chaumont comme compensation 55 . Il la transmit à son fils Geoffroy, et celui-ci au fils de Lisoie, seigneur d’Amboise, Sulpice d’Amboise, auquel il avait donné, vers 1040, sa nièce Dionisia en mariage, provoquant ainsi la réunion de la seigneurie de Chaumont à celle d’Amboise 54 . Enfin h Sulpice succédera Lisoie, son fils, mentionné dans une charte de Saint-Florent de Saumur 55 , lequel laissera à son tour le pouvoir à son frère Sulpice II, mentionné dans une charte de

Mathieu de Montoire ; du reste, M. l’abbé Mêlais, qui émet cette opinion au tome I er de son Cartulaire de la Trinité , page 268, a oublié qu'il l’avait implicitement réfutée quelques pages avant (p. 229, note t) en faisant du Gautier père d’Hamelin, un Gautier de Langeais.

51. Hamelin de Montoire laissera la seigneurie h son fils Pierre de Montoire. Celui-ci épousera Agnès de Vendôme, dont il aura un fils, nommé Jean, lequel deviendra comte de Vendôme, et réunira la seigneurie de Montoire à son comté.

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