‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 17 sur 117 · Marchegay, /oc. citât · texte numérisé non relu

Marchegay, /oc. citât

78. Chronicon Virdunense , ad ann. 1010, dans dom Bouquet, X, p. 206, D.

79. Cartulaire de Saint-Florent de Saumur, Montilliers, vol. I, archives de Maine-el-Loire, charte éditée par Marciiegay. Chartes angevines des XI e et XII e siècles, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes , année 1875, p. 384. — Cette charte se trouve également, mais moins complète, au Cartulaire noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 76 r° (dom Housseau, II 1 , n« 384).

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époque, par laquelle il confirme, évidemment en prenant le pouvoir, la donation précédente faite par son père 80 . Il est encore mentionné dans une charte antérieure à 1060, par laquelle, d’accord avec Geoffroy Martel, il confirme à l’abbaye de Saint-Nicolas certaines possessions 81 , et dans deux chartes de l'abbave de Saint-Florent de Saumur 8 '. Ses fils et successeurs sont Sigebran II 83 et Berlay 8 '. En raisonnant comme précédemment, nous dirons que nous sommes en présence d une seigneurie nouvelle, par conséquent d'un château nouveau, et comme le premier seigneur a été vassal de Foulque Nerra, ainsi qu'il apparaît dans la charte de 1026, que nous rappellions tout à l’heure, on est en droit de dire que celui-ci « a bâti » le château.

Sur Maulévrier , tout ce que nous avons pu savoir, c'est que la seigneurie existait du temps de Foulque Nerra, comme le prouve une charte de 1029 environ, dont un des signataires est Aimery de Maulévrier 8, \

En Anjou, Foulque aurait construit, entre autres, les châteaux de Baugé, Château-Gontier, Durtal.

Ceci semble exact pour Baugé , où le premier seigneur connu fut Gauslin de Rennes, qui figure en cette qualité dahs une charte donnée à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers sous l’abbé Hubert (1007-1027) 80 . Nous y apprenons qu'il eut pour Hls Gautier et

80. Cartulaire noir de Saint-Florent de Saumur, lot. '76 v°, dans dom IIousseau, II 4 , n° 381, et IV, n° 1508.

81. Cartulaire de Saint-Nicolas d'Angers , loi. 86 v°, dans dom Rousseau, XIII 4 , n° 9567.

82. Cartulaire blanc de Saint-Florent de Sau/nur T fol. 22 r°, dans dom Rousseau. XIII 2 , n° Ü65. — Même Cartulaire, ibid., I, n° 426.

83. Cartulaire blanc de Saint-Florent de Saumur r fol. 21 r°, dans dom Rousseau, XIII 2 , n° 1164 (du temps de l'abbé Guillermus, c’est-à-dire entre 1070 et 1108); et même Cartulaire,. fol. 36 r° et v°, ibid., n° 1166 (ad. ann. 1099).

84. Même Cartulaire, fol. 53 r°, ibid., n° 1160 (ad. ann. 1092) ; et même Cartulaire, fol. 21 r°, ibid., n° 1164- (Voir la note précédente).

85. Dom Fonteneau, VI, pp. 623 et 629 : charte par laquelle Geoffroy II, vicomte de Thouars, donne à l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers l’église Saint-Hilaire de Rié, le bourg et l’église de Saint-Cyprien, qu’il avait fait construire auprès du château de Bressuire. (Charte citée par Imbert, Histoire de Tlwuars, p. 41). — En 1062, le seigneur de Maulévrier se nomme Itainaud; il signe une charte de Geoffroy Martel : Cartulaire de la Trinité de Vendôme, édition M étais, charte n° 157.

86. Cartulaire de Saint-Aubin d'Angers, édition Bertrand de Broussillon, I, charte n° 241 ( Prieuré de Chartrené).

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Giroire. Le premier lui succéda sans doute ; en tous cas, en 1077, le seigneur était le petit-fils de Gauslin de Rennes, Giroire de Beaupréau 87 . Nous savons, en outre, par la charte citée plus haut, que Gauslin de Rennes était vassal de Foulque Nerra, auquel nous pouvons, par suite, attribuer la construction du château de Baugé 88 .

Pour Château-Gonlier nous avons une charte relatant la fondation du château par Foulque Nerra, et l'accord qu’il conclut à ce sujet avec les religieux de Saint-Aubin 89 . Nous en connaissons le premier seigneur, Rainaud, dont il est question dans les chartes dès 1026 ».

Il ne reste donc plus que Durtal. Voici sur la question les renseignements les plus exacts. Le premier seigneur de Durtal que nous rencontrions est Hubert de Champagne dit le Rasoir ; il reçoit la seigneurie des mains de Geoffroy Martel 91 . A sa mort, sa femme Agnès reste châtelaine de Durtal 92 , et vers 1060 leur

87. Cartulaire de Saint-Aubin, édition Bertrand de Broussillon, I, charte n° 242 (Prieuré de Charlrenè ), charte par laquelle Giroire, de concert avec sa femme Briscie, Hamelin, son fils, et ses autres enfants, confirme les donations faites au prieuré de Chartrené. — Cf. Cartulaire de Saint- Serge, ch. 65, archives départementales d’Angers, charte mentionnée par Marchegay , Recherches sur le Vieil-Baugé , dans la Revue de VAnjou et de Maine-et-Loire, série I, 2° partie, p. 277 (1852).

88. Marchegay, op. citât., allant plus loin, croit pouvoir fixer la construction du château de Baugé entre les années 1015 et 1025 au plus tard, ce château ayant été visiblement bâti, suivant lui, pour tenir tête à Eude, comte de Blois et Tours, encore maître du Saumurois. C. Port (Dictionnaire de Maine-et-Loire, I, article Baugé) place de même, mais sans en donner de raisons, cette construction entre 1015 et 1025.

89. Cartulaire de Saint-Aubin, édition Bertrand de Broussillon, I, charte n° 1.

90. Cartulaire de Saint-Florent de Saumur, Montilliers, vol. /, dans Marchegay, Chartes angevines des XI e et XII e siècles (Bibliothèque de l'Ecole des chartes, année 1875, p. 384), charte de 1026. — Cartulaire noir de Saint- Florent de Saumur, fol. 28 v° dans dom Housseau, XIII 1 , n° 10315. Cf. Gesla consulum Andegavorum dans les Chroniques des comtes d'Anjou, p. 124.

91. Cartulaire de Saint-Aubin, édition Bertrand de Broussillon, I, charte ü° 306 (Prieuré de Gouis).

92. Même Cartulaire, ibid., I, charte n° 289 : « Quomodoerit modode rebus nostris quas hic per comitem Gaufridum, avunculum vestrum, et cpiscopum Andegavensem et uxorem Hucberti de Campania, Agnetem, hujus castri tune dominant... ». — ibid., I, charte n° 312: charte où il est question d’un don fait par Agnès après la mort de son mari, et avant que son fils Hubert prenne le pouvoir. — Ibid., 1, charte n° 288: charte où il est question dû même don.

fils Hubert le Jeune prend la succession 93 . Ainsi, pas de seigneur de Durtal mentionné dans les chartes avant l’époque de Geoffroy Martel 9 *. D’autre part, une de ces chartes attribue formellement la construction du château à Geoffroy Martel : « Temporibus Gaufridi Martelli nobilissimi, Andecavensium comitis, cum idem fortissimus prirtceps castellum, quod dicitur Duristallus , cons truxisset illudque Hucberto de Campania, cognomento Rasorio, dedisset, facta est contentio inter adjacentes parroechias, quae partes illius castelli ad jus suum pertinere dicebant. Quam contentionem difïinire cupiens Eusebius, Andecavorum episcopus, et praedictus cornes Gaufridus, cum multis baronibus, apud Bellum- Videre pariter de partibus judicaturi conveniunt. Ibi igitur, expositiset auditis contentionum causis, cornes Gaufridus, coram supradicto episcopo vel omnibus qui aderant, ratiocinatus est et affirmavit ex antiquo esse consuetudinem in Andecavensi regione ut, si cornes Andecavensis fecerit castellum in medio quarumlibet parroechiarum terrae suae, ecclesia ipsius castelli tantum de circumjacentibus parroechiis obtineat quantum palus vel fossatum aut alia fîrmitas illius castelli in circuitu occupaverit, etc » 95 . — Mais de tout cela, que reste-t-il? — Il reste simplement ces deux assertions en présence : Geoffroy Martel a construit le château de Durtal, et l’a donné à l’un des siens; — Foulque Nerraa construit le château de Durtal. Ces deux assertions sont-elles donc forcément contradictoires? Ne pouvons-nous pas admettre que Foulque Nerra a commencé la construction, et que Geoffroy Martel l’a achevée ? Ce ne serait pas le seul exemple que nous aurions de faits de ce genre ; et les expressions mêmes que nous trouvons dans la charte précédente ne sont pas de nature à nous étonner, car, à propos du château de Saint-Florent-le-Vieil, Geof-

93. Même Cartulaire, ibid., I, charte n° 288 : Hubert le Jeune, évidemment au moment où il prend le pouvoir, confirme les donations faites par son père, puis par sa mère.

94. Il ne faut pas se laisser tromper par les dates tout à fait erronées qu'on lit dans le manuscrit de dom Housseau en marge de deux chartes ayant trait à Hubert de Durtal : l’une d’elles (dom Housseau, I, n° 255) est datée « de 992 à 1001 », la seconde (dom Housseau, IF, n° 371) est datée : « vers l’an 1020 ». Cés deux chartes sont en réalité tout à fait de la fin du xi e siècle. Du reste, M. Bertrand de Broussillon (Cartulaire de Saint-Aubin, I, chartes n° 314 et n° 312) les date correctement, l’une « 1082-1106 », l’autre « vers 1090 ».

95. Cartulaire de Saint-Aubin, édition Bertrand de Broussillon, I, n° 306. (Prieuré de Gouis).

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