‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 36 sur 117 · Lettres de Gerbert, 98 (Havet, p · texte numérisé non relu

Lettres de Gerbert, 98 (Havet, p

MÉLANGES D'lIISTOIRE DU MOYEN-AGE

Dès lors, il est, s'il ne l’était déjà auparàvant, un Robertinien convaincu, qui met au service de la cause de Hugues Capet son esprit d'intrigues, de trahison et de révolte. Charles de Lorraine, son mortel ennemi, le connaît bien ; aussi sait-il à qui il s’attaque, quand il vient après la révolution de 987 mettre le siège devant Laon, défendue par Adalbéron au nom de Hugues Capet 5à . Quand il a fait prisonniers, à la fois, Adalbéron et Emma, qui était à ses côtés, Gerbert peut lui écrire de traiter avec ménagements l’un et l’autre : Emma et Adalbéron sont soigneusement surveillés et sous bonne garde 50 . Rien de plus équivoque d’ailleurs que la conduite de l'évêque prisonnier; le coup de main tenté sur Laon par Hugues et Robert ne réussit pas à le délivrer 57 : A la cour des rois de France on soupçonne Adalbéron d’avoir des intelligences avec Charles de Lorraine 58 ; et l’on sait du moins de source positive qu’il est plus ou moins forcé de prêter serment de lîdélité au prétendant carolingien 59 . Une lettre de l’archevêque de Reims, son homonyme, qui l’exhorte à la patience et lui promet son appui, nous le montre dans ses angoisses, méditant quelque parti désespéré, un suicide ou une alliance avec Charles de Lorraine 60 . Il subit jusqu’en septembre 988 six mois de captivité, et Y on peut supposer que c’est à l’appui d’Adalbéron de Reims qu’il dut de pouvoir tenter heureusement une évasion, si on consent à lui attribuer, comme il est vraisemblable, une lettre obscure où il semble témoigner sa reconnaissance à son métropolitain 61 . En s’enfuyant de Laon 62 , il lança l’interdit sur son diocèse, privant ainsi ses fidèles de tous les sacrements, et refusant même à leurs enfants le baptême et la sépulture à leurs morts 63 .

Une fois auprès de Hugues et de Robert, Adalbéron retrouva

55. Pour le récit du siège de Laon (avril 988), voir Richer, IV, 15-18. Lot, Derniers Carolingiens , pp. 222-225.

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