Carmen , vv
Gonscendunt voces, fremltum dant Cluniacenses :
Clamant atque monent subito : « Dispone, magister.
Arma subire tuis, et quae praeponere debent. »
LES POÈMES SATIRIQUES d’aDALBÉRON
tique consommé : et que nous voilà loin du bienheureux héros de la Vita Odilonis! Point de doute que dans l’esprit d’Adalbéron de Laon, Cluny soit l’école où se forment les gens de l’entourage du roi Robert*: tel son héros qui, à peine de retour au palais épiscopal, est déjà en route pour la cour 272 .
Adalbéron critique donc le passage des moines à la vie de société : il a voulu montrer à Robert la réalité des choses et l’éclairer sur la confiance qu’il doit accorder à Odilon et consorts. Il n’est que trop vrai que le saint ordre monastique a dérogé à sa dignité 273 , que l’ordre ecclésiastique s’est transformé. Si les réformes actuellement acceptées se réclament d’une tradition, ce ne peut être que d’une règle païenne, contraire à la loi de l’Église. De tradition ecclésiastique, Adalbéron n’en connaît qu’une, établie par la divinité même, et qui éclaire sur leurs devoirs les ministres de Dieu.
D. — La théorie traditionnelle de Vorganisation de VÉglise et de la société .
Instruit par l’expérience, Adalbéron s’est résolu à interpréter les textes sacrés, et à communiquer sa science à autrui 274 . Au reste, le roi Robert, doué par la Providence de l’intelligerçce des choses divines, sait ce qu’il en est de la Jérusalem céleste et delà cité de Dieu 275 : il la décrit lui-même 276 ; mais il est des choses qu’il ignore et voudrait bien apprendre. Le poème théologique De Summa Fidei nous montre ailleurs ce curieux de science divine, mettant Adalbéron sur la question du mystère de la foi. Dans le Carmen ad Rotbertum regem , c’est la question du mystère de la hiérarchie céleste qui l’intéresse : super his maiora requiro 277 ;