‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 96 sur 117 · Ibid.y vv · texte numérisé non relu

Ibid.y vv

la conscience d’avoir fait un tableau fidèle : En dixiverum^ ; quod pronuncio verum 323 ; est non fabula sed res 324 . Que Robert ne s’y trompe point : la farce de Cluny peut lui paraître invraisemblable, mais

Non sic gesta scias, sed cuncta geri potuisse 333 .

Et l’évêque de Laon a la conscience tranquille ; il a marché pas à pas, et suivi la droite route 326 : il a parlé sincèrement, sous l’influence d’une raison supérieure 327 ; il ne croit pas s’être écarté du bon sens 328 .

En parlant ainsi il a pu blesser la personne du roi : peut-être ses cruelles vérités l’ont irrité ; mais surtout Robert a pu s’indigner d'apprendre que le roi de France est contraint à la servitude 329 . Adalbéron ne lui répétait-il pas tout à l’heure qu’il était le propre serf de ses serfs 33 °? D’autre part Robert n’est-il pas exaspéré d’être inférieur aux clercs?

Omne genus hominum precepto subdidit illis ;

Princeps excipitur nullus, cum dicitur omne 33< .

Mais à quoi bon s’inquiéter des paroles d’un Adalbéron 332 ! Ce ne sont pourtant ni des fictions ni des fadaises que l’évêque de Laon a débitées 333 ; mais un instinct fidèle et supérieur l’a poussé à découvrir la réalité 334 .

Aussi bien, l’intérêt suprême de l’État exige avant toutes choses le maintien de la paix, et c’est au roi, gardien de l'ordre public, à pacifier son royaume 335 .

Que le roi Robert convoque en assemblée les sages et les

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