Ibid., vv
LES POÈMES SATIRIQUES D* ADALBÉRON iil
Mais Dieu a voulu que les ministres eussent le pas sur les puissants, même dans le royaume des cieux : on voit d’ici les conséquences : prétexte perpétuel d’intervention de l’Eglise dans le gouvernement.
Droit pour tout le corps ecclésiastique de ne relever que de la justice de Dieu. — Il y en effet dans ce passage,
Hos Deus ascivit servos sibi ; judicat ipse 318 ;
une allusion aux témérités de la justice royale empiétant sur les affaires ecclésiastiques. Mais il y a surtout dans ce même vers comme l’affirmation de l’indépendance des libertés de l’Église française vis-à-vis d’une puissance étrangère, du principe, distingué en dernière analyse, de {'affranchissement du haut clergé vis-à-vis de toute autorité spirituelle supérieure. Qu’on le rapproche de celui où Adalbéron rappelle que la loi divine a voulu tous les clercs égaux entre eux :
Format eos omnes aequali conditione 349 ,
et l’on se convaincra sans peine qu’il y a là, à côté du refus de distinguer les réguliers des séculiers, celui de reconnaître la puissance de la curie romaine dominant l’Église de France.
La théorie de la constitution ecclésiastique et sociale d’Adalbéron le mène loin : et le roi Robert, son interlocuteur, s’en aperçoit. Il ne cache pas la vive irritation qu’il en éprouve. « Effet de vieillesse ; Adalbéron ne sait plus trop ce qu’il dit 320 . » Non, conseils de sa raison: et voici les précautions que la sagesse ordonne de prendre.
E. — Le programme de la politique royale.
Une longue discussion sur la nature humaine 321 a pu convaincre ou non l'interlocuteur d’Adalbéron que l’évêque parle de bon sens, et qu’il lui a dit la vérité, Pour Adalbéron lui-même, il a