XIII. — Luchaire. — Mélanges d’histoire
rantes ; mais, d’une part, il est question de constituer comme une haute cour de justice, récompensante et punissante, un tribunal d’équité, si l’on veut; d’autre part il s’agit de prendre des décisions générales pour rétablir l'ordre dans la France bouleversée. Donc, quelque chose de tout à fait exceptionnel, qui n’a ni le caractère régulier et périodique des placita généraux de Charlemagne, tels qu’ils sont décrits dans le De ordine Palatii d’Hincmar, ni le caractère exclusivement politique de l’assemblée électorale extraordinaire de 987 ; mais une assemblée judiciaire et un conseil réformateur, ayant pour mission de rétablir par des moyens radicaux le règne de la paix. Nous verrons plus loin ce qui, en réalité, dans la suite des faits, et àous le règne même du roi Robert, a répondu du plus près à la conception de l’évêque de Laon.
Dans une intention satirique 346 , Adalbéron a voulu laisser au roi le soin de tracer le programme de paix et de concorde qui convient à l’état du royaume. Il paraît, le Robert d’Adalbéron, s’être soudain transformé : sans abonder dans le sens de son conseiller, il commence à partager ses idées, il parle de réformer l’état du royaume, et laisse entrevoir son dessein de prendre quelque initiative.
Et d’abord, singulier effort pour se recommander de la vraie tradition : le roi Robert ne se rappelle pas sans gloire la prospérité du royaume sous les anciens rois de France 347 . Or ces rois, sous le règne desquels le royaume de France a soumis 348 les puissances voisines, sous lesquels il n’a subi aucune contrainte étrangère 349 , qui ont gouverné avec justice 35 °, qui ont vaincu l’Empire germanique 351 , ce sont les Carolingiens. Les Carolingiens que Robert nomme ses ancêtres, les rois ses pères, dont il veut suivre l’exemple : il prie le Tout-Puissant, dont il sait tenir, par délégation divine, la royauté :
Ut nobis liceat leges servare paternas 532 .
Il y a là, condensées en quelques vers, non seulement toute la