‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientales (volume 2)Chapitre 11 sur 65 · JOURNAL DU VOYAGE DE CONSTANTINOPLE A TRÉBISONDE · texte numérisé non relu

JOURNAL DU VOYAGE DE CONSTANTINOPLE A TRÉBISONDE

de Pierre Dupré, Sous-Commissaire.

Nous mîmes à la voile du premier château de la Mer Xoire du côté d'Europe où nous étions mouillés le sixième jour complémentaire de l'an onze de la République avec un vent de Sud joli frais ; nous sortîmes heureusement du Bosphore, où nous trouvâmes le vent d'Est, qui nous obligea à louvoyer tout le jour et toute la nuit. C'est avec cet air de vent que nous découvrîmes une montagne qui a deux pointes en forme de mamelles, qui nous restoit au S. 1 /4 S. E. et qui sert de reconnoissance aux bâtiments qui viennent de la Mer Noire à Constantinople.

Le deux vendémiaire nous étions vis-à-vis Héraclée, et le 4, forcés par les vents contraires, nous allâmes mouiller à deux heures après midi dans le port ou plutôt la rade d'Amassero1 ou Amastra, qui est à 57 lieues de Fencraki, à l'entrée du Bosphore. Ce pays a au Nord une petite île ; à l'E. N. E. se trouve une petite rade où viennent se recouvrer les bâtiments qui passent dans la côte d'Asie et où nous étions. La nier y est presque aussi houleuse qu'en pleine mer ; il y a une digue de cent toises environ qui n'est autre chose qu'un amas de ruines, contre lesquelles viennent se briser les vagues. A l'O. N. 0. il en existe une autre pour ceux qui vont à Constantinople. La distance approximative de l'une à l'autre est de cent toises. La ville ou ses anciennes fortifications sont dans une presquîsle qui s'étend de l'E. 1/4 N. à l'O. 1 /4 S.

Nous descendîmes à terre le même jour de notre arrivée : excités par la curiosité et accompagnés d'un Turc de Junié qui étoit embarqué avec nous, nous allâmes visiter l'ancien port des Génois situé à l'O. N. 0. dont je vient de parler et qui a 1 /2 mille de profondeur et de largeur. Nous y vîmes les restes d'une chaussée située à l'O. et 7 colonnes renversées toujours battues par les vagues. Près de ce quai ou chaussée se trouve un aqueduc aujourd'hui entièrement ruiné où coule une eau délicieuse et où les Turcs vont faire leurs ablutions.

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