‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientales (volume 2)Chapitre 21 sur 65 · Cf. Nouv. Met. As., II, pp · texte numérisé non relu

Cf. Nouv. Met. As., II, pp

2. Cf. Bibliotheca Sinica, col. 1664-9. — Fragments d'une histoire des études chinoises au XVIIIe siècle, 1895.

Enfin, pour achever de peindre le personnage, disons que plus tard il a été accusé d'avoir fabriqué de fausses cartes de l'Asie centrale. II partage avec Etienne Quatremère la peu enviable gloire d'avoir été un des détracteurs de Ciiampolliox le Jeune. « On ne peut être qu'extrêmement surpris de la hardiesse avec laquelle, écrit-il, M. Champollion veut faire accroire qu'il lit, qu'il comprend et qu'il peut traduire les papyrus et la partie démotique de l'inscription de Rosette1. »

Ce que ni la Russie, ni Napoléon n'avaient fait pour lui, Klaproth l'obtint du gouvernement prussien dès 1816 : « Dès cette époque, la protection du gouvernement prussien vint le soutenir dans ses travaux. M. Guillaume de Humboldt, signataire de la paix de Paris, l'un des hommes d'état comme l'un des savants les plus distingués de son époque, proposa à son gouvernement d'attacher M. Klaproth à la légation prussienne de Constantinople, avec mission d'explorer l'Asie mineure et de faire quelques excursions dans le pays des Kourdes. M. Klaproth préféra le séjour de Paris au sol classique de l'Asie mineure, et le voisinage de la Bibliothèque royale aux pays des Kourdes. Ce refus n'arrêta pas la bienveillance de M. Guillaume de Humboldt pour M. Klaproth; il lui obtint une pension du roi de Prusse et 80.000 francs destinés à la publication d'ouvrages relatifs à l'histoire et à la géographie de l'Asie*. »

Je laisse le lecteur juger si les soupçons de Si 1— vestre de Sacy n'avaient pas une base assez solide.

1. P. 39 de la Collection cl' Antiquités égyptiennes recueillies par M. le Chevalier de Palin. Paris, 1829, in-fol.

2. Larenaudiôre, Nouvelles Annales des Voyages, 1835, IV, p. 12, note.

DANS UEXTKÊME-ORIENT

En Chine régnait, depuis la mort de Kia K'ing le 2 septembre 1820, son fils l'empereur Tao Kouang. A la suite de nombreuses vexations subies à Canton par ses nationaux et de la destruction dans cette ville, en 1839, de 20.243 caisses d'opium par le Commissaire impérial Lin, l'Angleterre avait déclaré la guerre à la Chine. Après le débarquement à Canton des troupes de Sir John Gordon Bremer le 7 janvier 1841, des négociations avaient eu lieu et des arrangements avaient été signés le 20 janvier par le représentant anglais, le Capitaine Elliot, par lesquels l'île et le port de Hong-kong étaient cédés à la Couronne britannique; la Cour de Pe King disgracia Ki chen chargé des négociations, les hostilités reprirent et le 25 mai 1841 le général Sir Hugh Gough s'emparait de la ville et des hauteurs de Canton. La guerre fut transportée au cœur de la Chine et successivement tombaient entre les mains des Anglais, Amoy (26 août), Ting Haï, dans la grande Chou san (2 octobre), la citadelle de Tchin Haï, à l'entrée de

1. Extrait de la Revue de l'Histoire des Colonies françaises, 1er trimestre

la rivière de Ning Po (10 octobre), Ning Po même (9 mars 1842).

En Ànnam, l'empereur Minii Mang, fils deGiA long, était mort le 21 janvier 1841 d'une chute de cheval, au moment où la France allail sans doute intervenir pour châtier les bourreaux de ses nombreux missionnaires martyrs; il avail été remplacé sur le trône par son fils Nguyen phu'o'c, qui allait sous le nom de Thieu tri poursuivre une politique antichrétienne devant forcément amener une action énergique de la France.

Les Indes anglaises, sous le gouvernement de Lord Auckland (1836-42), de Lord Ellenborougu (1842-4), de Lord Hardinge (1844-8), passaient par une période difficile marquée au début par l'assassinat, en novembre 1841, de Sir Alexander Burnes à Caboul qui fut occupée par le général Elphinstone dont les troupes furent anéanties lorsqu'elles retournaient aux Indes (1842).

Pendant cette période, les Indes néerlandaises sorties de la terrible guerre de Java (1825-1830) étaient administrées par les Gouverneurs généraux, M. Pieter Merkus (1841-1844) et Jan Jacob Rochussen (1845- 1851).

La France, qui avait porté son plus grand effort en Algérie, ne restait pas cependant indifférente aux événements qui se déroulaient dans l'Extrême- Orient, et des esprits avertis s'inquiétaient des débouchés nouveaux que pourrait offrir à notre commerce l'ouverture de la Chine. Le 19 mars et le 16 avril 1840, un avocat à la (Jour royale de Paris, A. S. Bellée, adressait au Président du Conseil des

Ministres, M. Thiers, alors Ministre des Affaires étrangères, le programme d'une Mission en Chine i. Mais les renseignements directs et exacts nous faisaient défaut; nous ne les recevions que par l'intermédiaire de nos trop rares navires de g'uerre qui visitaient hâtivement les ports d'Extrême-Orient au cours d'une mission dans les mers lointaines. Justement à cette époque le capitaine de corvette, Joseph Ducampe de Rosamel, commandant la Danaïde, en mission dans les mers du Sud, de l'Inde et de Chine, envoyait quelques renseignements sur Hong--konget sur l'expédition anglaise; il écrivait au Ministre, le 8 octobre 1841 :

En quittant Macao, le 30 Août, pour m'élever vers les côtes N. de la Chine, j'ai jeté l'ancre trois jours dans le port de Hongkong, aujourd'hui entièrement possession anglaise.

Il est impossible de rencontrer un plus beau havre sous le rapport maritime. Toutes les escadres du monde y seraient en sûreté. Deux entrées également faciles, ouvertes l'une à l'E., l'autre à l'O., le rendent de l'accès le plus commode dans les deux moussons. Malheureusement il est situé trop en dehors de la route directe de Canton. Malgré cet inconvénient, déjà Hong-kong est couvert de navires. La différence du système colonial anglais, tout de liberté, d'avec celui des Portugais, tout de restrictions, a déjà fait affluer une nombreuse population chinoise dans la nouvelle colonie.

Là, pour elle, point de mandarin qui, comme à Macao, fasse sentir au peuple le poids de son autorité. A Hong-kong, le peuple chinois, naturellement vicieux et à la recherche de toutes les jouissances, peut se livrer à ses passions ; aussi les cafés, les boutiques de comestibles, les maisons de jeu, les fumeries d'opium, etc., ont-elles envahi le peu de cases que les autorités ont permis de construire. On s'étonne, en voyant la rapidité avec laquelle s'élèvent les habitations de bambous, et surtout la persévérance que mettent ces hommes à réparer

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