Page
2. — Extrait d'une lettre de M. le Dr Eusèbe de Salle, Membre de la Société asiatique, etc. à M. Garcin de Tassy, Membre de l'Institut, etc. (Journ. asiat., 3e Sér., X, 1840, pp. 468-474). — Tirage à part, pièce in-8, pp. 7.
-et ces hommes parlent une langue que personne n'a encore débrouillée : vous jugez que ce mystère a plus d'attraits pour
moi
Pendant le séjour que j'ai fait en Nubie, j'ai recueilli un fort mince vocabulaire de mots utiles et de phrases usuelles : j'ai profité de la conversation des plus intelligents de mes mariniers pour faire un essai de traduction interlinéaire. La peine, l'impossibilité d'arriver de prime-abord à quelque chose de précis, a laissé tous ces essais dans un état informe. Quinze jours passés entre Siène et Wadyhalfa ne peuvent suffire pour
faire une œuvre complète Mais des yeux plus exercés que
les miens y trouveront sans doute davantage, et voici d'abord le texte arabe avec la contre-épreuve dans les deux idiomes barberins. J'avais dans ma barque un exemplaire du Robinson, traduit par un Chaldéen de Diarbekr et publié par les missionnaires de Malte. Ce travail, quoique fort grossier, est encore ce que j'ai trouvé de plus avancé en fait de véritable arabe vulgaire ; les livres soi disant vulgaires sont à cent lieues de l'arabe parlé
Eusèbe de Salle lermine ainsi sa lettre :
Quelque informes et incomplets que soient ces matériaux, ils sont plus amples que ce qu'a donné M. Costaz dans le travail de la Commission d'Egypte. Le berber que M. Marcel a donné dans son nouveau vocabulaire est la langue cabile de l'Atlas, et ne ressemble en rien au barberin. — M. de Laporte fils a envoyé une collection de dialogues cabyles qui peuvent encore mieux établir cette différence
P. S. A. Palerme, j'ai trouvé quantité de matériaux arabes et quelques arabisants. A Rome, j'ai vu plusieurs Orientalistes, et notamment M%T Molsa, le cardinal Mezzofanti ■ et l'abbé Lanci*. Ce dernier va publier une nouvelle édition de ses inscriptions arabes. Il m'a remis plusieurs de ses ouvrages, et
1. Le Cardinal Giuseppe Mezzofanti, né à Bologne, le 17 septembre 177 4 ; t à Home, 15 mars 1849.
2. Auteur de : Trattato délie Simboliche rappresentanze arabiclie e délia varia generazione de' Musulmani caratteri sopra différent] materie operati di Michelangelo Lanci. Parigi, Dondey-Dupré, L845, 2 vol. in-4 et atlas.
entre autres une Histoire des rois himyarites que ni M. Perron, ni M. Fresnel ne paraissent connaître
Un nouveau cours d'arabe vulgaire a été ouvert (à Marseille) à l'usage spécial des militaires ; une centaine d'officiers et sous-officiers l'a suivi avec attention depuis son ouverture.. .•
Eusèbe de Salle eut pendant plusieurs années comme correspondant son compatriote Auguste Fabreguettes qui occupa successivement divers postes consulaires : Consul à la Canée (12 mai 1831), à Bahia où il n'alla sans doute pas (23 août 1837); à Malte (30 décembre 1837); il mourut dans cette île le 28 janvier 1842.
Mon cher compatriote,
J'ignore si vous avez reçu un billet que je laissai pour vous au bureau du Courrier, avec une petite annonce que je vous priais de faire insérer. Comme elle parlait seulement de mon traité des maladies des enfans comme devant paraître et que ce livre a déjà paru depuis une semaine, je vous serai infiniment obligé de substituer la nouvelle annonce jointe à ces lignes à celle que j'avais déjà pris la liberté de vous envoyer. Elle vous dispensera et de l'insertion de la première et d'un article de fonds.
Comptant sur votre obligeance, j'ai l'honneur de vous assurer des sentimens distingués avec lesquels je suis votre dévoué serviteur et compatriote
Eusèbe de Salle
Monsieur Auguste Fabreguettes
Rue du Faubourg Poissonnière N° 31 \ 1. L. a. s., une page in-8.
Monsieur et cher Compatriote
La paresse de Mr Keratry * est cause que je n'ai pas encore pu profiter de vos dispositions bienveillantes à faire placer dans le Courrier un article sur le Diorama de Londres'2. Comme je vais vite en besogne un autre gros ouvrage est sur le point de paraître avant que le Diorama ait pu être annoncé ; si l'occasion de rendre un service était un motif suffisant pour vous faire employer votre crédit auprès du semainier de votre journal, je vous serais infiniment obligé d'y faire inbérer le plutôt possible le petit article que j'écris sur l'autre feuillet de ma lettre.
Si je n'avais craint de vous importuner en vous faisant une visite à cet effet, je vous aurais épargné l'ennui de déchiffrer ces lignes j'espère que vous excuserez cette liberté en faveur de l'amitié que vous avez témoignée souvent à votre tout dévoué serviteur
Eusèbe de Salle
Monsieur Auguste Fabreguettes 3.
Puisque les actes de l'ucole de Médecine vont enfin recommencer, nous croyons devoir recommander aux élèves qui se préparent à leurs examens la table synoptique des poisons, du Dr Eusèbe de Salle. A Paris chez Crevot libraire près l'Ecole de Méd.
On annonce comme devant paraître incessamment un autre ouvrage du même auteur qui est fait pour intéresser vivement et les médecins et les mères de famille, c'est un traité complet des maladies des en/ans. A Paris chez Gabon près l'Ecole de Médecine*.
1. Auguste Hilarion de Kébatry, né à Rennes le 28 oct. 1769 ; homme politique; •f en novembre 1859.
2. Publié à Paris en 1823, in-8, sous le pseudonyme d'ARCiEU, I plus liaut.