Archives de la Chambre de Commerce de Marseille A
2. L'abbé Jean Joseph Léandre Barges, né a Auriol (Bouches-du- Rhône) le 27 février 1810 ; en 1837, il fut nommé professeur .suppléant ù la chaire d'arabe de Marseille ; appelé à Paris pour enseigner les langues orientales à la Faculté de Théologie ; f en 189G. — Voir plus loin la lettre d'Eusèbe de Salle à Fabreguettes, Qaire, 25 mais 18
fesseur définitif et désignent nommément M. Georges Sakakini « comme la seule personne capable de professer convenablement et de remplir le but que le Gouvernement lui-même s'est proposé en maintenant cette chaire ».
Après une longue étude de la question, la Chambre de Commerce considérant que cette pétition était signée par des négociants entretenant presque tous des relations continuelles d'affaires avec le Levant, alors (jue la pétition en faveur de M. de Salle, transmise par sa lettre du 28 septembre 1837, ne comprend que fort peu de commerçants intéressés aux affaires d'Orient, décida d'écrire au Ministre du Commerce pour lui faire sentir combien il importait de pourvoir à la vacance de la Chaire d'arabe et surtout de la faire remplir par un professeur connaissant parfaitement l'arabe vulgaire. Pour des raisons de convenance, la Chambre s'abstint de désigner M. Sakakini au choix du Ministre, bien que le dit professeur fût reconnu par elle le seul en état de remplir la dite chaire.
En fait, M. Eusèbe de Salle demeura titulaire de la chaire jusqu'en 1844. Jusqu'en 1848, elle ne paraît pas avoir été occupée; cette année-là, M. Sakakini en est titulaire, et remplacé en 1872, par M. Abdou- Moussa, remplacé lui-même par son fils J. Abdou- Moussa au cours de ces dernières années, mais ce n'est plus maintenant qu'un cours aux élèves du Lycée. »
Pendant les années qui s'étendent de son séjour en Algérie jusqu'à son départ pour son grand voyage en Orient, Eusèbe de Salle témoigne beaucoup d'ac-
t.ivilé; en 1835 comme nous l'avons vu, il est nommé à Marseille à la chaire d'arabe (1835); il collabore à r Encyclopédie des Sciences médicales publiée de 1834 à 1845 par A. L. J. Bayle en 34 vol murs avec l'aide cPAlibkkt, Barbier, Baudeloque, etc.; il n'abandonne pas ses recherches sur la médecine chez 1rs Arabes1.
En 1837 Eusèbe de Salle entreprenait un longvoyage en Orient2; le 2 décembre 1837 il arrivait de Marseille à Alexandrie et en janvier 1838 au Caire; il s'embarque pour la Syrie et au mois d'août il retrouve à Beyrouth « un aimable et bon camarade de l'armée d'Afrique, M. Deval, consul de France 3 ». Il visite les ruines de Baalbeck, Antîoche, Alep, Latakié, Jaffa. A Jérusalem, il se précipite à bas de de son cheval pour baiser la terre; son enthousiasme est débordant : « Et maintenant, écrit-il le 25 octobre, je peux mourir! j'ai vu ce saint tombeau conquis et reperdu au prix de tant de sang- et de larmes; j'ai médité longtemps agenouillé près de sa pierre, les yeux éblouis par son auréole de lampes, le cœur attendri par la prière, contrit au souvenir d'une vie qui n'avait encore eu qu'un instant bien employé! »
1. Eusèbe de Salle, Ancien premier interprète de l'année d'Afrique. — Conjecture sur la médecine légale parmi les Arabes du temps des Khalifes (Nouveau Journ, Asiatique, XV, 1835, pp. 202-6).
Extrait des Recherches sur les travaux originaux des Médecins arabes.
2. — Pérégrinations en Orient ou Voyage pittoresque, historique et politique en Egypte, Nubie, Syrie, Turquie, Grèce pendant les années 1837-38-39 par Eusèbe de Salle Ancien premier interprète de l'Armée d'Afrique, Professeur de l'école royale et spéciale des langues orientales vivantes, membre de la Société asiatique, etc., etc. Paris, Pagnerre, rue de Seine, 14 bis — L. Curmer, rue Richelieu, 49, 1840, 2 vol. in-8, pp. iv-464, 459.
3. Alexandre Deval, Attaché à Constantinople, 1812 : élève vae-eonsul, 1816 ; vice-consul à Constantinople, 10 sept. 1819 ; a Bône, 20 avril 1825 ; gérant du Consulat de Malte, 1829 ; de Tunis, sept. onsul à Alep, 15 mai 1833 : à Beyrouth, 1838 ; f dans cette ville, 21 août 1839.
Dans son récit, dans une longue digression, il nous donne un Résumé de l'Histoire de Jérusalem et nous raconte la bataille du Mont-Thabor ; de Jérusalem, il se rend à Gaza, traverse le désert, et il passe les mois de novembre et de décembre à Suez ». J'ai trouvé ici, dit-il le 3 décembre, des lettres de l'Inde où j'étais appelé par des affaires de famille ; je devais me rendre à Calcutta, puis remonter le Gang*e jusqu'à Delhi d'où j'aurais atteint, à travers des terres encore inexplorées parla science, la vallée de Nourboudlia et les monuments de l'architecture indoue; de Bombay, un vaisseau m'aurait porté à Bassorah, d'où j'aurais étudié les vallées du Tigre et de l'Euphrate1 ».
Ce beau projet ne fut pas mis à exécution et nous voyons le 3 décembre 1838 notre voyageur franchir le désert de Suez au Caire. De là il remonte dans la Moyenne et la Haute Egypte et en Nubie, et après son retour de Wady Halfa, il reprend la route d'Europe par Rosette, Syra, le Pirée, Constantinople, Malte, Syracuse, Catane et Naples. 11 termine le récit de ses Pérégrinations par un Essai sur /' Architecture sarrasine.
Il adressa une lettre- à Garcin de Tassy dont j'extrais quelques passages :
Marseille, 4 juin 1840.
Vous savez que les monuments égyptiens ressemblent
par plusieurs points à ceux de l'Inde antique La Nubie est
occupée par des hommes dont le profil ressemble, à s'y méprendre, à celui des races royales de la dix-huitième dynastie ;