Pièce autographe signée en arabe. — Une page in
annonces et affiches de Y homme qui rit{ accompagné de vingt livres mineurs au moins par le type il n'aurait tenu qu'à moi de figurer en telle compagnie et vous pouvez croire que je n'avais pas attendu cette heure pour regretter les bons offices de Lacroix Verbooken-. C'est encore un an que j'ai gaspillé comme si j'étais jeune et superbe. Je connaissais les indécisions, les parcimonies de la maison Pagnerre ; j'avais espoir dans l'inoculation d'un sang nouveau. J'ai reçu (après demande) la semaine passée un état de situation accusant 34 exemplaires vendus de Y Anéurisme et 3 des Poésies. — Ceci n'est rien en comparaison de l'anecdote du jour de l'an. Vous vous souvenez que les 50 % exigés pour dépôt m'affranchissaient de tous autres frais. Nous avions oublié dans la police le va et vient pour la province. Il me semblait bien simple de mettre quelques exemplaires dans tous les paquets d'almanachs. On jugea à propos de me consulter, vers le 15 Xbre. Je répondis en m'étonnant que ce ne fut pas fait. MmeBusQUET tenant alors la plume à la place de son mari rhumatisé traita le procédé d'inconvenant et la saison de trop avancée. Je m'adressai à la belle-mère en réclamant l'ancien correspondant commercial Gosselin qui a été si commercial en m'envoyant le compte qu'il n'a pas ajouté un mot de la part de ses maîtres sur l'apoplexie de ma femme dont je leur avais fait part. Vous voyez que le plaidoyer pour Lacroix continue rue de Seine.
Avant votre départ veuillez dire quelques mots pour moi à Mr Pingebourde, en cas qu'il s'occupe d'autre chose que de livres tirés à 250 exemplaires. Je lis le National où Mr Théodore de Banville fait le feuilleton et où il a place pour me donner quelque traduction de sa haute admiration qui m'a ouvert la porte facile de la Société des Gens de Lettres. Cuvillier Fleury sollicité par les Pagnerre, a envoyé un refus poli que j'attribue au titre carbonari. Les Orléanistes renient ce passélà. Anéurisme était plus connu et moins épineux. Après les susceptibilités du tyranneau Busquet, ce qu'il y a de plus
1. L'Homme qui rit, de Victor Hugo, parut à Paris, chez Lacroix, en 1869, en 4 volumes in-8.
2. Deux ans plus tard Eusèbe de Salle publiait un autre de ses romans chez Lacroix : — Eusèbe de Salles — > Les Déceptions dans les Deux Mondes — Paris, Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et O, 1871, in-12, pp. 280.
curieux en lui, ce sont ses versatilités. Il s'est fâché tout rouge pour s'attribuer 150 exempl. de l'édition St. Denis ; son compte prend dans l'ancienne édition les 100 exemplaires donnés. Il y a là dessous quelque ficelle d'éditeur, que je me ferai expliquer par quelque confrère charitable. On m'a compté pour la 3e ou 4e fois des frais d'annonce pour les Pérégrinations et j'ai retrouvé dans l'ancienne correspondance une seconde réclamation de 250 ma moitié de 500 payée au début en 1840 avec 1300 fr. ma part d'impression. Il reste 200 ex. sur les 600 primitifs. 400 vendus en 30 ans ; c'est la petite vitesse en perspective pour les romans. Quelle maison ! aussi les Lanfrey, les Pelletan1 la quittent ! Lanfrey, à propos, s'il n'est pas posé candidat a toujours fait un livre remarquable sur Y Église et les Philosophes. Ceux de Pelletan qui est posé lui, ne le valent pas, bien s'en faut. Des anecdotes ou des gronderies journalisantes, ne sont pas des livres et une histoire. Il m'a semblé mon cher ami voir votre nom en tête d'une revue bibliophile où j'ai vainement cherché quelques lignes de vous sur Anévrisme ou Poésie. Il est vrai que je suis souvent loin de la bibliothèque de Montpellier. Depuis que je lui ai donné mes livres orientaux, on vous porte intérêt à vous à cause de celui que vous me portez. '
Adieu très cher ami, encore deux ou trois mois de patience et nous anecdoterons et journaliserons ensemble dans les boues de Lutèce continuées par l'asphalte et le macadam. Je vous embrasse corde animo brachiisque
Je ne crois pas qu'il ait paru plus de deux volumes des Œuvres choisies; évidemment Eusèbe de Salle ne désirait plus la continuation de ses relations avec la Veuve Pag-nerre.
1. Pierre Clément Eugène Pelletan, hé à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Inf™), 29 octobre 1813 ; f à Paris, 13 déc. 1884.