Ali le Renard
2. J'avais toujours ouï dire qu'à Paris les libraires étaient de Norjnandie comme les maçons du Limousin.
tous les trois. Vous voyez qu'on n'avait pas tardé à tarifer cette générosité sur la carte. Et maintenant pendant que la belle mère en fera ses profits, le gendre pourra convertir ses obligations en dédains et mépris ? Les intérêts de famille empêcheront-ils d'aller jusqu'aux scandales publics ? J'ai mesuré ce futur contingent en prononçant un jour le nom de Lanfrey dont j'admirais tout haut V Eglise et les Philosophes1. On le traita devant moi de mauvais coucheur et de hargneux. Je ne me rappelle pas qu'il y eut chien dans la phrase que le littérateur semblait déjà mâchonner pour moi. Je suppose que Lanfrey avait trouvé les comptes écourtés et tardifs, les épreuves trop corrigées ou les titres trop changés. Moi je n'ai jusqu'ici que la moitié de ces torts, aussi trouvé-je que si les rimes sont suffisantes la fable pêche gravement par le manque de mesure. Voici peut-être une observation à l'excuse du satyrique : entre tous les syptomes d'orgueil, la gentilhommerie paraît l'avoir cruellement agacé. Comte figure dans le sonnet comme une emphase bouffonne. Château a figuré dans la prose pour un procès qui m'appelle à Toulouse. La folie orgueilleuse serait de manipuler ces mots là fréquemment et sans la permission du fait et du droit ! Quelle morale de supposer le mensonge pour excuser l'insulte vicieuse ! Bourgeois que me veux tu ? mon argent ; prends le comme éditeur, mais édite et ne corrige pas mes livres !-
Busquet la fleur des libraires normands a les plus charmantes lubies, Quand il édite mes romans mes sonnets ou mes comédies.
Il sera quelque jour de nos académies ; il repolit le style, il retouche les plans ; il connaît du public toutes les sympathies il invente des noms et des ronflans.
1. Pierre Lanfrey, né à Chambéry, le 26 oct. 1828 ; f à Pau le 15 novembre 1877 ; son ouvrage l'Eglise et les Philosophes du XVIII* sièclet parut en 1857.
2. A Mr Asselineau à Paris. — L. a. s. en arabe ; 4 pages in-8.
Ce jour là Pelletan, Lanfrey d'un air timide tiendront ses chevaux par la bride pour les garantir de broncher.
Et le Comte François de Salle, Sur la voiture triomphale tiendra la place du cocher.
30 Juillet 1868 l.
Montpellier Maguelone Square N° 5 4 mars 1869
Cher ami, je n'ai pu revenir à Paris à mon heure accoutumée, un événement domestique m'en a empêché : Mme de Salles a eu une attaque d'apoplexie ; nous l'avons gardée sans connaissance pendant deux jours. Elle est Dieu merci relevée sans paralysie de corps ni d'esprit ; et depuis un mois sa convalescence marche assez franchement vers le mieux. Nous comptons faire une station aux eaux de Balaruc en juin, en sorte que nous ne serons pas prêts à nous diriger vers Paris avant Juillet. Ce sera sans doute le temps de votre visite aux eaux d' Aix ; j'attendrai vos conseils et vos renseignemens nouveaux en m'occupant de me loger. La vie bédouine que nous menons depuis 35 ans explique et excuse ce vagabondage continué si avant dans la vie. Nous n'avons jamais atteint la sixième années d'un bail même en étant logés chez nous : la villa de Marseille avec jardin, ruisselet et fauvettes, était revendue avant la sixième année. Le Square Maguelonneades rossignols, des massifs, des bassins jaillissants, des agaves florissants, nous pouvons cracher dessus de notre balcon. Ma pauvre femme s'est bornée je crois à cet usage du charmant voisin. Elle n'est littéralement sortie depuis cinq ans que pour aller aux eaux ou au château d'Antipas. Moi j'ai gardé et entretenu mes jambes de botaniste. Vous avez déjà vu les produits des <leux hygiènes.
Dans mes courses par les rues et les journaux j'ai vu les