Neveu du ministre de la Marine
3. Antoine-Raymond-Joseph de Bruni, chevalier d'Entrecasteaux, né au château d'Entrecasteaux, entre Barjols et Brignoles, non loin d'Aix-en-Provence, en novembre 1737; mort en mer le 20 juillet 1793. — Cf. D'Entrecasteaux, 1737-1793, par le baron Hulot. Paris, Société de Géographie, 1894, in-8
4. D'Entrecasteaux, par suite de retard dans les instructions, n'avait pu partir qu'au mois d'octobre 1786 de Pondichéry avec la mousson contraire. « Il a d'abord relâché à Batavia, ensuite il a passé par l'Est de l'Isle de Bornéo et, en faisant le tour des Isles Carolines et Philippines, il est parvenu à Canton. On est informé qu'il étoit de retour à Pondichéry au commencement du mois de Juin d'où il aura pu se rendre au mois d'Aoust à l'Isle de France, s'il a été informé à teins de sa nomination au Gouvernement de cette colonie. »
i de Macao l<
pou llanillt douter que, deux
jours plai )ii collègue, chargé d'une mission
du Roi, mouillerait «Jai. mêmes eaux que lui.
ie tut qo9en avril, a Manille, que M. oV La apprit tonnement l'arrivée de M. d'En-
Canton et qu'il reçut une lettre de lui l'informant des moiil - • Peu de temps
après, M. <1<- la Crois de Castries, a bord de la Subtile, apportait i grand navigateur.
Deux ans auparavant, d'Entrecasteauz avait reçu du Roi le commandement des forces navales en station dans les Indea orientales e1 l'instruction particulière sur le - qu'il avait a remplir1 :
Le 5« Ch . d Entbbcasteaux mettra à la voile du Port de
France. En passant au cap de Bonne-Espérance, il y mouillera le teins nécessaire : J poui jugej i de la force des troupes qui en ont
i.i garde. 2 Pour examiner si l'on lait travailler aux fortifications, al li i on j <• des munitions et des approvisionnements suffisants pour une bonne défen
L<- >. Ch#r. d'Entrecasleaux esl prévenu que les deux Cours de Versailles et <i<- Londres Bont convenues que leurs slatio lans les mers d'Asie ne seront couip«
que de fa ou autres Bâtiments inférieurs. En consé-
quence, il surveillera I ai taux an^lois qui vien-
dronl «i Europe, pour connoitre si leur station se renforce par tâtimen* plus considérables, ou si elle reste telle qu'il a -i' i onvenu : El dans le cas où il arriveroit des vaisseaux de guerre, il l'informeroit des commandants anglois des motifs qui <»iit détermim irler de la convention qui a été faite
antre les deu el il en rendra compte au Secrétaire
un le déparlemenl de la Mann.', il sera nécessaire d'apprécier en même tems la force que les vaisseaux <le la
Compagnie des Indes angloises peuvent acquérir, si de demi armés qu'ils sont pendant la paix on voulait les porter à l'état de guerre, et augmenter par ce moïen les forces angloises dans les mers d'Asie, au cômencement des hostilités.
Les circonstances ne permettant pas encore aux deux nations françoise et hollandoise, d'arrêter un plan pour leur surelé dans les mers des Indes, le Sr. Cher. d'Entrecasteaux cherchera provisoirement à se lier avec le commandant de l'escadre hollandoise, afin qu'en attendant des ordres pour combiner ses mouvements avec le vaisseau françois, ils puissent se concerter sur les meilleurs moïens à emploier, pour assurer les établissements respectifs des deux nations, lorsqu'ils en recevront l'ordre.
A son arrivée à l'Isle de France, le S. Cher. d'Entrecasteaux se fera rendre compte des dispositions qui auront été faites par le S. de Rosily1, relativement à la mission dont il a été chargé, et il en adressera le résultat au Secrétaire ayant le département de la Marine. Il trouvera joint à la présente instruction une copie de celle qui a été expédiée à cet oûer. qui lui fera connoitre les objets qu'il doit remplir; Et si des circonstances imprévues mettoient le S. de Rosily dans l'impossibilité d'exécuter les ordres qu'il a reçus, le S. Ch0r. d'Entrecasteaux le ferait remplacer par un des bâtimens à ses ordres.
Le Sr. ChCI. d'Entrecasteaux est prévenu qu'il trouvera dans cette Isle le S. de Conway2, commandant en l'absence du Gouverneur Général, et qu'en cette qualité, il ne doit lui être rendu que les honneurs attachés à son grade militaire.
Avant de partir de l'Isle de France, il examinera l'état du Port, et le travail qu'il y aura à faire, pour le rendre utile
1. François-Etienne, comte de Rosily-Mesros, né à Brest, 13 janvier 1748; f à Paris, 12 janvier 1832; il était alors capitaine de vaisseau. — Voir Henri Cordier, Correspondance générale de la Cochinchinc (1785- 1791). Leide, 1(J06-1(J07, p. 24.
2. Thomas, comte de Convvay, né en Irlande en 1735, entre le l«i décembre 1747 au service de la France; il fut colonel du régiment «le Pondichéry (1781), maréchal de camp (1784), et enfin gouverneur général des Établissements français dans l'Inde (1787 . — Cf. Henri Cordier, Correspondance générale de la Cochlnchine (Î785-Î791), Leide, 1906-W07, in S, p. 53.
aux escadres de Sa M,u\ en tems de Guerre. Il sera également important qu'il puisse se procurer des renseignements surs, relatifs aux ressources en bois qu'on peut trouver dans cette taie, ainsi que sur l'emploi et sur le nombre indispensable le aègres, pour y préparer les choses nécessaires aux radoubs des bâtiments de Sa Majesté. Le S. Cher. d'Entrecasteauz sentira combien il importe qu'il fasse connoitre la mesure des ressources de cet établissement principal.
Après avoir pris ces renseignements, et toutes les connoissances que le S. Gh,r. d'Entrecasteaux jugera utiles, il mettra à la voile de l'Isle de France, pour se rendre à Geylan, en passant par les isles Séchelles, pour connoitre leur situation et le degré de leur utilité; mais si l'époque de son départ ne lui permettoit pas de les reconnoilre par lui-même, et de se procurer ces renseignements, il en chargeroit un bâtiment à ses ordre
Arrivé à Geylan, il s'informera des dispositions qui auront été faites par la station hollandoise, et il préviendra le Gouverneur que l'escadre du Roi sera toujours prête à concourir avec celle du commandant hollandois, pour la sûreté des deux nations.
De Galle ou de Columbo, où il aura vraisemblablement mouillé, en arrivant sur Geylan, il passera à Trinquemalé, pour en reconnoitre la situation sous tous les rapports. Il se rendra ensuite à Goudelour ou à Pondichéry, selon le lieu où se trouvera le commandant des troupes de Sa Majesté.
Si l'époque de son départ de Brest ou le séjour qu'il fera dans sa roule le forcent de n'arriver à la Gôte de Coromandel qu'à la fin de Septembre, il se dirigera d'abord sur la côte de Malabar, où il visitera les ports dont la connoissance est la plus importante. 11 pourra combiner ces observations à faire dans ««•tir partie d'après les instructions du S. de Rosily, pour ne pas faire de doubles emplois, et ce que le S. Ghcr. • I Entrecasteaux pourra faire sera combiné avec l'époque du mois d'avril, a laquelle il devra parottre sur la côte de Goromandel.
Eu parlant de Goudelour OU de Pondichérv, il entrera dans
le Gange, il remontera ce fleuve jusqu'à Chandernagor, et le
iprès 3 avoir rempli l'objet de protection que le
rimerce peut attendre du séjour que le pavillon du Roy j
fera. II tâchera, sous quelque prétexte, de reconnoitre Calcutta et les batteries placées sur les deux rives, aux points les plus rapprochés de l'embouchure du Gange. Mais pour rendre la navigation dans le Bengale et sur les côtes de l'Est plus utile, il demandera au commandant des troupes à Pondichéry, un offor. de génie intelligent, pour lever des plans et reconnoitre militairement les points importants qu'il parcourra.
Dans le nombre des isles ou des côtes que le S. Cher. d'Entrecasteaux devra reconnoitre ou faire reconnoitre par les bâtiments à ses ordres, il s'occupera principallement des isles Andamans, pour s'assurer s'il y a des ports, des bois, et des subsistances. Il reconnoitra soigneusement Mergui, Malaca, et tous les détroits. Si, en disposant des bâtiments à ses ordres, il peut envoïer jusqu'à Manille, il fera reconnoitre l'état de Luçon, de ses formes de terre, de ses bâtiments, &c. afin de pouvoir juger, si en cas de guerre, et dans l'hypothèse d'une combinaison de forces contre l'Angleterre, on pourroit tirer des secours de cet établissement espagnol.
Il ne négligera aucun moïen d'acquérir toutes les connoissances possibles sur le commerce de la Mer Rouge, et il ne perdra pas de vue que l'objet principal de la station de l'Inde est de protéger le commerce de la Compagnie des Indes dans ces mers, et de conserver au pavillon françois toute la considération qu'il s'y est acquise.
Dans l'étendue qu'embrasse la station du S. Cher. d'Entrecasteaux on peut avoir laissé échapper quelques points de renseignements importants à prendre. Sa Majesté lui recommande donc dans ce cas de suppléer à ce qui aura été omis dans cette instruction et de donner l'extension qu'il estimera avantageuse aux objets sur lesquels il lui est prescrit de se procurer les connoissances qu'il importe d'acquérir.
Il s'occupera des inoïens de retirer de l'Inde les François épars qui voudront revenir en Europe ou dans les établissements françois de l'Asie, et il fera observer une discipline exacte et rigoureuse, pour éviter le libertinage qui conduit à la désertion ou aux maladies qui les détruisent.
Il s'occupera pareillement des moïens de faire réparer et ravitailler ses vaisseaux dans les mers ou il doit stationner, sans avoir besoin de revenir à l'Isle de France, pour cet objet. La défense de venir y relâcher fera découvrir des ressources
dans les lieux ou les bâtiments se trouveront, qu'on n'y chercheroit pas avec la facilité de se les procurer sans peine dans les isles. Le Bengale peut fournir du biscuit et des salaisons, la côte de Coromandel, du bois et les établissements hollandois de l'arrack qui remplace les eaux de vie. Les liaisons qui existent entre la France et la Hollande, autorisent le S. Cher. d'Entrecasteaux à aller avec confiance dans ces établissements pour y demander, en payant, les objets nécessaires aux réparations des batimens qui composent la station à ses ordres.
Sa Majesté est persuadée que le S. Cher. d'Entrecasteaux concourra avec le zèle et les lumières qu'il a développés dans plusieurs occasions, à tout ce qui est relatif au bien de son service. Il n'ignore pas qu'il est absolument sous les ordres du Gouverneur général, pour tout ce qui a rapport à la disposition des forces navales en station aux Indes orientales. Bile lui recommande d'user de prudence et de circonspection dans les occasions où il pourroit se trouver vis-à-vis des Anglois, et de concilier néanmoins la modération et la fermeté, son intention étant de ne céder à aucune nation et que son pavillon soit respecté dans tous les cas, et particulièrement dans celui où le commerce de ses sujets éprouveroit des entraves au mépris des traités, il soutiendrait alors ses droits avec force et énergie. Elle lui recommande pareillement de tenir exactement la main à ce que le service soit fait à bord des bâtiments sous ses ordres avec la plus grande régularité, « t <jue chacun se conforme aux ordonnances et règlements. Il rendra compte au Secrétaire d'Etat, ayant le département de la .Marine, des commandants et officiers qui manqueraient à ce qu'il leur aurait prescrit, pour le maintien de la discipline. Sa Majesté lui ordonne de démonter, et de renvoïer en France, ceux qui par leur conduite se seraient rendus coupables de désobéissance, et qui auraient rempli les missions dont ils auroienl été chargés.
IfAJBsrti attend que, dans toutes les circonstances, le Ch*r. d'Entrecasteaux justifiera l'opinion avantageuse qu'elle a de ses lumières, de sa prudence et de sa fermeté.
Plus tard, il reçoit de nouvelles instructions relatives à la Chine :
M. d'Entrecasteaux, à Pondichéry.
A Versailles le 17 f" 1786.
Vous recevrés, M., par une autre de mes despeches les instructions du Roi pour la mission que vous êtes chargé d'exécuter à Canton relativement aux sommes considérables que les Chinois doivent à nos négocians. L'intention de Sa Majesté est encore que vous preniés connoissance de la situation de ce comptoir pour y faire les arrangements provisoires qui vous paroitront convenables d'après les détails dans lesquels je vais entrer.
Au moïen de l'établissement de la Compagnie des Indes1, il suffit de conserver à Canton un agent et un interprette qui n'auront, rien de commun avec la Compagnie, sur les emploies de laquelle l'agent n'aura aucun pouvoir. Son service se bornera à me rendre compte de ce qui se passera en Chine tant pour les affaires politiques que pour celles du commerce, et à exécuter les ordres qui lui seront adressés.
M. Vieillard, vice-consul, aïant demandé à faire son retour en France, vous choisirés entre les Français qui resteront à Canton celui qui vous paroitra mériter le plus de confiance pour la place d'agent et vous conserverés le Sr. de Guignes, en qualité d'interprette si vous n'y trouvés pas d'inconvénient. Quant à leur traitement, Sa Majesté a décidé qu'ils jouiront d'une somme qui leur tiendra lieu de tout, même de logement et de frais de voiage. Cette somme ne sera pas portée au-dessus de 4000 u par an pour l'agent et de 2000 " pour l'interprette. Vous donnerés pour le retour des emploies du Roi les ordres que vous jugerés convenables et vous leur annoncerés que je mettrai avec plaisir leurs services sous les yeux du Roi pour leur procurer les grâces dont ils se trouveront susceptibles.
J'avois définitivement fixé par unedespeche du 19Xbre 1783 2 les dépenses du Consulat à 20,500" par an suivant un état que vous trouvères joint au duplicata de cette despeche. Je vous