Écrit au frère de M. Chaigneau, le 20 décembre
prierai de lui participer ce que vous pourrez savoir relativement à eux.
Il me reste aussi à vous recommander une autre affaire : Je remets par ce courrier à MM. Gorgerat, Gaccon et Cie, à Paris, un Etat des avances que je me suis vu dans la nécessité de faire à mon chancelier pour le couvrir de ses frais de voyage, d'établissement et autres, outre quatre mois de son traitement. Je vous prie de vouloir bien m'en faire rembourser au trésor, s'il y a lieu, dans ce moment.
Agréez, monsieur, avec mes adieux, l'hommage du profond respect avec lequel, etc.
J.-B. Chaigneau.
A Monsieur de Rayneval, Sous-Secrétaire d'Etat au département des Affaires étrangères, à Paris*.
Monsieur,
J'ai eu l'honneur de solliciter votre bienveillance pour me faire obtenir une décision conforme à l'arrêté du conseil des Ministres par lequel LL. EE. ont bien voulu m'accorder, en juillet dernier, deux places gratuites dans un collège royal. En vous exprimant combien j'ai été personnellement satisfait de la justice qui vient de vous être rendue par S. M. je vous priais d'accueillir mes adieux, me croyant à l'heure de mon départ : mais, depuis lors, des vents contraires nous ayant constamment empêché de prendre la mer, j'ose vous réitérer ma demande et
1. Écrite au frère de M. Chaigneau, le 20 décembre 1820. — L. s.
vous prier de presser, en ce qui vous sera possible, l'exécution de la promesse qui m'a été faite.
Tout est disposé aujourd'hui pour le départ du vaisseau sur lequel je m'embarque; au premier vent favorable, nous devons appareiller.
Permettez-moi donc, Monsieur, de vous exprimer combien je suis peiné de quitter la France sans avoir pu fixer le sort de mes deux fils, et combien il me tardera d'apprendre que mes vœux à leur égard auront enfin été exaucés.
Agréez, je vous prie, avec mes derniers adieux, l'hommage de ma haute considération et du profond respect avec lequel, etc.
J.-B. Chaigneau.
Au bas de la rivière de Bordeaux, le 27 novembre 1820.
xxxi i
Manque la lettre de Chaigneau, Hué, 15 octobre 1821, qui devait porter le n° 1 de la correspondance et qui devait accompagner la pièce suivante.
Traduction des pièces venues de la Cochinchine en mai Î822, par m. abel-rémusat, membre de V Institut, professeur de chinois au (Jollege Royal, etc.1.
Les pièces venues de la Cochinchine en 1822 sont renfermées dans une enveloppe de papier sur laquelle on lit d'un côté :
« Dépêches du Commandant (1rs Êléphans de
1. Note ajoutée en tète : Joint à la lettre du C. en Cochinchine «lu
15 octobre 1821. — P. a. s.
guerre, officier du royaume de Viêt-nam, intendant des haras d'éléphans et aussi de la marine marchande, Commandant de place.
« Au noble Pa-tchouï-kouêï-i, intendant de la marine marchande du royaume de Fou-lang-cha,
Pour être ouvertes par lui. »
Et de l'autre côté :
« Deuxième année de la Brillante Providence (1821), à la neuvième lune, le douzième jour.
« Ici sont renfermées deux pièces. »
Le sceau qui est imprimé trois fois sur cette enveloppe est en caractères antiques ; il porte : « Sceau du Commandant des Eléphans. »
La première des deux pièces renfermées dans l'enveloppe est ainsi conçue :
a Communication officielle (L. S.) »
L'Envoyé du royaume de Viêt-nam, chargé du commandement des Eléphans de guerre, et de l'administration de toutes les affaires de la marine marchande, Prince de Tchouan-kiun, fait la communication suivante :
Feu l'Empereur de ce pays a terminé ses jours la dix-huitième année Kia-loung, Ki-mao du cycle (1819), le jour de la douzième lune1. Conformément à ses ordres suprêmes, renfermés dans son testament, le Prince Impérial, maintenant l'Auguste Empereur, est monté sur le trône. Il a donné à la première année de son règne le nom de Minh-minh (Brillante Providence). Il a pris entre ses mains le
1. Il y a dans l'original : le Dragon s'est élevé dans les régions supérieures.
gouvernement de ses sujets, et l'administration de tous les royaumes qui dépendent de son empire et qui tous, jouissent de la plus profonde tranquillité.
Maintenant Tsi-jou (Ghaigneau), de votre précieux royaume, est venu dans celui-ci il y a trente ans, et comme il y a rendu d'importants services, il a obtenu une place dans l'administration. Dans l'année Ki-mao (1819) il a demandé à retourner dans votre pays, pour visiter son lieu natal et sa famille. Cette année, à la quatrième lune, il est revenu dans ce royaume, et il a apporté une lettre accompagnée de divers objets. Il a représenté que le Roi de votre pays l'avait chargé de faire une communication à FEmpereur.
Or les frontières de notre royaume sont situées aux extrémités du midi, et celles du vôtre sont aux extrémités de l'occident. Les limites des deux Etats sont séparées par plusieurs mers, et par une distance de plusieurs milliers de lieues. Les gens de notre pays peuvent rarement arriver jusqu'au vôtre. C'est ce qui fait que quand il vient des lettres, les interprètes de notre pays ne sont pas très habiles, et nous n'avons pu savoir qu'en un ou deux mots ce qui y était dit du désir que vous aviez d'établir pour les gens de votre pays, des règles et un arrangement relatifs au commerce. La liste des objets envoyés en présent n'était pas non plus relatée dans la lettre.
En réfléchissant à cette affaire, tout ce qui tient au commerce et à la vente (des productions; est soumis chez nous à des règles déterminées. Tous les marchands qui viennent des divers royaumes ont soin de s'y conformer. Si les gens de votre pays désirent
venir commercer dans notre royaume, ils se conformeront à ces règlements, comme cela est raisonnable.
Maintenant, j'ai reçu de l'Empereur l'ordre de disposer des marchandises de ce pays comme échantillons, et de charger Tsi-jou (Ghaigneau) de prendre soin de vous les faire passer, pour que vous les offriez au Roi de votre pays. C'est la communication que j'avais à faire.
La précédente communication est adressée à vous, seigneur Pa-tchouï-koueï-i, intendant de la marine marchande du royaume de Fou-lang-cha.
Deuxième année de la Brillante Providence, neuvième lune, douzième jour. (L. S.) »
La seconde des deux pièces n'offre autre chose que la liste des présents qui doivent être offerts au Roi. On y lit :