Expédié par la frégate la T/iétis. — Minute
MELANGES ORIENTAIS
de vous les instructions les plus circonstanciées sur les opérations de l'ambassade anglaise qui paraît
s'être présentée dans les royaumes de Siam et de CochJnchine. L'intérêt qu'offre votre mission, Monsieur, doit naturellement exciter votre zèle et votre dévouement pour le service du roi, et vous porter à ne rien négliger pour établir avec mon ministère des relations aussi suivies qu'il est possible.
Dans tous les consulats les chanceliers ne sont rétribués que sur le produit des chancelleries. Ainsi en vous autorisant à allouer à monsieur votre neveu un traitement de 1,500 fr. il lui a été accordé une faveur toute spéciale et il ne m'est pas possible de lui accorder l'augmentation qu'il sollicite.
La guerre que la France avait entreprise en Espagne, dans l'intérêt du repos de l'Europe et que la puissance de nos armes a terminée d'une manière si prompte et si heureuse, a pu causer une interruption momentanée dans nos expéditions commerciales. Le rétablissement de la paix permet aujourd'hui à nos négociants de poursuivre le cours de leurs opérations et il est probable que l'attention du commerce se tournera de nouveau vers la Cochinchine. 11 serait superflu de les recommander à vos soins et à votre protection.
Cette dépêche doit vous être poêlée par un des bâtiments de S. M. qui vont être expédiés pour les Indes Orientales, les mers de la Chine el la Cochinchine. Je ne doule pas que, depuis l'apparition de la frégate la Clèopâtre à Touranne, vous ne soyez parvenu à dissiper les Inquiétudes déplacées que sa présence avait inspirées au gouvernement cocbinchinois. La vue d'un nouvel arménien!, après un aussi long intervalle, conduit en ce pays dans des vues pure-
ment de paix et de protection pour notre commerce, ne saurait d'ailleurs faire concevoir d'ombrage et peut au contraire servir à votre considération personnelle.
Agréez, etc.
Paris, le 9 février 1824.
M. Chaigneau, en Cochinchine K.
Monsieur, au moment où une division de bâtiments de S. M., chargée de pourvoir à la protection du commerce dans les mers de l'Inde et de la Chine va se présenter sur les côtes de la Cochinchine, il peut être utile au service que M. le baron de Bougainville qui la commande, remette au souverain de ce pays une lettre du roi par laquelle S. M. lui renouvelle l'assurance de ses dispositions amicales et recommande de nouveau à sa bienveillance les sujets français que le commerce a pu attirer dans ses Etats.
Cet officier doit d'ailleurs concerter toutes ses démarches dans ce pays avec vous; vous aurez particulièrement à l'éclairer sur le mode de présentation de la lettre dont il est porteur et à lui procurer à cet effet une audience à laquelle il convient que vous assistiez vous-même. Vous voudrez bien également pourvoir à ce que cette lettre soit revêtue des enveloppes d'usage et vous verrez s'il est utile d'y joindre une traduction en langue du pays ou s'il est plus à propos que vous attendiez qu'on vous en
J. Miaule.
MKLANGES ORIENT.UW
demande l'explication. Elle n'a point été close pour que vous ayez le moyen d'y joindre cette traduction s'il est nécessaire.
M. de Bougainville est également chargé d'offrir, au nom de S. M., des présents au roi de Gochinchine. Vous trouverez ci-joint la note des objets <|iii les composent. Vous jugerez si, d'après l'intérêt que nous avons à nous concilier les bonnes dispositions du Mandarin des Etrangers, il ne serait pas convenable, dans cette occasion, de lui faire quelque cadeau. Vous pourriez dans ce cas vous entendre avec M. de Bougainville pour qu'il soit prélevé pour cet usage quelques-uns des objets destinés pour le roi.
Ce prince ne saurait manquer d'apprécier cette nouvelle marque de souvenir de S. M. 11 y verra un gage de la bienveillance qu'elle lui porte et de son désir d'entretenir avec lui des relations personnelles favorables aux rapports d'intérêts qu'il est à désirer de voir s'établir entre les deux nations. L'envoi de vaisseaux de guerre pour lui porter ce témoignage d'amitié ne peut d'ailleurs que lui paraître extrêmement flatteur, et vous voudrez bien vous appliquera faire valoir ces diverses considérations auprès de lui.
D'un autre coté cependant, j'ai remarqué que, dans le temps ce prince n'a pas répondu lui-même à la première lettre de S. M.; mais y a lait repondre par le commandant des éléphants de guerre. Vous pouvez seul bien juger, monsieur, d'après les usages de Cochinchine, m cette circonstance a quelque chose d'inconvenant. Dans ce cas, et si vous prévoyez <|ifelle doive se renouveler, Al. de Bougainville a pour instruction de ne pas remettre la lettre du roi
mais seulement les présents qui raccompagnent en en faisant remarquer verbalement les motifs et le prix.
Recevez, etc.
P. S. Ne connaissant pas le nom du souverain actuel de la Cochinchine, on l'a laissé en blanc dans la souscription de la lettre du roi; vous voudrez bien, monsieur, avoir le soin de remplir cette formalité.