AcU XV
trée, on part de ce principe : que saint Paul est l'antagoniste des autres Apôtres et qu'il dirige contre eux ses traits dans l'Épltre aux Galates , il est clair que les deux récits prennent une couleur toute opposée : dans l'un on ne voit que division profonde, dans l'autre entente parfaite^; et les circonstances accessoires sur lesquelles ils divergent forment chacune large saillie où la critique trouve un appui commode pour battre en brèche l'un des récits. Mais cet antagonisme présupposé entre saint Paul et les Apôtres, comment le démontre-t-on? Par l'Épltre aux Galates. Il y a donc pétition de principe, si on examine le récit de l'Épltre, comme s'il y était déjà sûrement contenu.
Or, si l'on prend ce récit sans rien préjuger sur l'esprit qui l'anime, si l'on consent à le rapprocher de celui des Actes pour les comparer simplement et non pour les heurter l'un contre l'autre, on voit qu'ils coïncident dans les grandes lignes, qu'ils différent non d'esprit, mais de ton, suivant le but de chaque auteur et les circonstances particulières dans lesquelles il écrit; que les divergences sur les accessoires, ne sont pas irréductibles, mais peuvent être complémentaires.
Saint Paul ne raconte pas l'événement en historien qui donne surtout les faits publics et les