‹ Mélanges d'histoire et de litérature religieuseChapitre 3 sur 115 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

de respect et de zèle , si caractéristique de Saint- Sulpice, et sans lequel les dons les plus heureux ne feraient d'un prêtre qu'un déraciné, ce Savezvous combien vous avez marqué en moi? lui écrivait, dix ans après, im de ses condisciples de Saint- Sulpice. Savez- vous que vous m'avez poussé à des lectures que je n'aurais jamais faites sans vous? Je pense à ces conversations em6a//ees que nous avions parfois au retour d'issy : je ne savais rien et je devinais moins encore , mais j'avais une envie d'apprendre que je n'ai pas retrouvée depuis, et je vous la devais. » S'il était pour les autres cet excitateur, on devine qu'il apportait à l'étude une ferveur passionnée; mais le rare mérite de Jacques Thomas était que sa passion était ensemble ardente et ordonnée. Sa culture se développa avec une égale intensité dans le champ de l'Écriture Sainte, de la philosophie, de la théologie, de l'histoire. Attiré dès lors vers les études scripturaires comme vers sa spécialité d'élection, il «lurait cru sacrifier Tindispensable en négligeant les autres études ecclésiasîques.

Il quitta Saint-Sulpice , son temps de séminaire révolu, pour aller à Rome. Il fut l'hôte de cette

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chère procure de Saint-Sulpice, dont M. Captier était le supérieur, et il suivit deux années les cours de la Minerve. Nous avons sous les yeux ses cahiers de notes , qui témoigneraient de l'attrait qu'avait pour lui l'enseignement dogmatique, si TattachementqueleP. Zigliara, devenu cardinal, lui gardait longtemps encore après n'était pour attester que l'illustre théologien dominicain avait trouvé en Jacques Thomas un disciple d'élite.

Ces années furent le temps de sa formation sacerdotale , mais on n'en aurait que Tesquisse la plus banale , si quelques lettres intimes n'étaient là pour nous faire pénétrer l'âme même de cette formation et comprendre à de telles confidences ce que ses amis aimèrent si vivement en lui.

A un ami d'enfance, qui venait de quitter Issy pourle Séminaire Français, il écrivait (22 oct. 1 876) :

« Je tiens à vous saluer à votre arrivée à Rome, et même à vous devancer là oii, selon nos prévisions, j'aurais dû arriver avec vous. La Providence ne l'a pas permis ; qu'elle en soit bénie ! Mais je vous félicite qu'elle vous ait conduit , au début de vos études théologiques, au foyer de la doctrine catholique. Pendant que je vous écris, vous êtes sans

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