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révangile des incirconcis, to eharfyikio^ tîJç ixpo- 6u(rc(aç. Dans les Actes, les discours de Pierre et de Jacques, la décision finale mettent en scène la même attitude.
Il reste encore un doute : saint Paul, dans TÉpître, ne parle-t-il pas avec une certaine ironie des Apôtres quand il les désigne quatre fois en quelques lignes sous ce titre : Ceux qui sont réputés quelque chose '^1 au moins indirectement, par là ne les présente-t-il pas comme adversaires? — Cette ironie, si ironie il y a 2, viserait-elle les Apô-
1. Totç S0XOÛ91V... tcôv 8oxoûvT(i)v eivaî Tt... ol Soxovvtc... ol $0*xovvTEç 9TV>oi eivtti... Il, 2, 6, 9.
2. En effet, la plupart des commentateurs anciens entendent Teipression bond fide sans ironie et plutôt comme un hommage rendu à la réputation dont jouissaient les Apôtres; c'est nn iyyuâ' VLiov pour saint Chrysostome {in h. l. : xal tcoXiv oO tô elvai àvaip&v ToO; SoxoOvTaç çriaiv, àXXàxal Tfjv tcov £XX(ov icotpaXa|i.êàvfi>v yv(«>(i,7^v... — Ce que B. de Péquigny (in h. l,) rend heureusement : a Hoc Terbum videbantur non tollit rei veritatem sed famam addit verltati. » — Ces paroles de saint Chrysostome résument bien l'impression de la plupart des anciens, et beaucoup d'interprètes modernes la partagent; cfr. Ellicott, Alford, éd. 1884, B. "Weiss. Handb, d. N. J... § 14, n. 7, 1886. En elle-même l'expression ol SoxoûvTe; prise seule ne comporterait 'pas ironie, comme en plusieurs passages d'auteurs profanes ; elle équivaudrait à of InioTipioi cfr. Tbeodorett in h, L, ou k ol ëvSolot cfr. Theophylacte,inh, L, J7é<|/c/^itcs; mais ce qui lui donne ici une portée singulière, c'est la répétition à si peu d'intervalle d'un terme qui n'est pas ailleurs employé pour désigner les Apôtres ; ce sont, plus encore, les additions aux TV. 6, 9 ; 5ox. sivaiTi, orOXoi sTvai... la première surtout a quelque chose qui sonne mal, par ex. Gai, VI, 3 ; cfr. I Cor, III, l\Act. V, 35... Il est bon de constater que quelques interprètes grecs, malgré l'explication courante, ont ici senti, dans l'ex»
très, que saint Paul n'aurait pas moins constaté leur accord avec lui, et ceci nous suffit pour faire coïncider son récit avec celui des Actes dans les grandes lignes. Mais, disons-le bieji haut, Tironie ne peut viser les Apôtres. Le supposer, ce serait porter atteinte à la sincérité de saint Paul ; à moins qull n'y ait en lui le oui et le non — ce dont il se
pression, un ton de blâme et, l'appliquant aux Apôtres mêmes, s'en tirent par leur théorie de roixovo(i.ca, cfr. Oecumenius in h, l. et Pbotius cité ap. Oecumen. ; quelques latins aussi, saint Augustin, Pelage, dans leur Comment, in h. L au t. 6 prennent l'expression en mauvaise part, mais ils ne l'appliquent pas aux Apôtres; ce qui est une faute manifeste. — L'expression s'explique plutôt comme le ol OTuepXîav àTcôfjroXoi de 77 Cor. XI, 5; XII, 11, dirigée non contre les Apôtres, leur titre et leur mission^que saint Paul reconnaît si expressément aux vv. suivants 7-9, mais contre la manière dont lesjudaïsants les exaltent et se prévalent d'eux. — Notons que dans la Vulg. la pointe d'ironie est beaucoup plus accusée et parait atteindre directement les Apôtres, non seulement parce que le texte actuel ajoute partout esse aliquid^ qui dans le grec ne se trouve qu'une fois au v. 6, mais surtout parce qu'il rend le participe Soxoûvxec par l'imparfait qui videbantur; ce qui écarte davantage le sens ol Sox. pris absolument, et nous reporte au moment de la réunion de Jérusalem, tandis que le présent ramène aussitôt l'esprit à la réputation surfaite et exclusive que les judaïsants sont en tra'ui de répandre et que les fidèles Galates n'acceptent que trop. ( VAmiatinTiSy comme le texte du Comment, de saint Jérôme, n'a qu'une fois le esse aliquid; la vieille Vulg., telle que la représente le Claromontanus, traduit par le présent au V. 6 : qui videntur.) — Dès lors avec l'imparfait, l'opposition si accusée entre le ành tc5v Soxouvtuv elvai ti et la parenthèse 6noîoi noie ^(jav se trouve bien amoindrie, et de plus le traducteur latin prend irots pour l'adverbe (aliquando) et c'est plutôt la particule donnant à ônoîoi le sens de qualescumque, comme l'a bien vu le traducteur syriaque. Dans un passage si important, il ne faut négliger aucune nuance.
défend si fort (II Cor. I, 1-19), — il ne peut se prévaloir de Taccord si entier qui a eu lieu entre lui et les Apôtres, déclarer leur mission divine comme la sienne qu'il compare à celle de Pierre*, les regarder par conséquent comme ministres du même Évangile, reconnaître leur autorité au point d'aller conférer avec eux de peur de courir ou d'avoir couru en vain ^ ou même aller les voir par honneur et déférence 3, et en même temps, dans un même récit, vouloir les dénigrer, se moquer d'eux ! Ce n'est pas possible. Il faut donc chercher une autre adresse pour ses pointes ironiques. Or elle n'est pas difficile à trouver. Quels adversaires saint Paul a-t-il en vue dans toute l'Épître? — les judaïsants qui portent le trouble en Galatie et qui, dans leurs attaques personnelles contre saint Paul, le mettent en opposition avec les autres Apôtres; autant ils diminuent son autorité, autant ils relèvent, exaltent celle des autres, ne parlant d'eux qu'avec des titres pompeux. Saint Paul les prend dans leurs propres filets et leur dit : « Oui, ceux qu'on exalte devant vous, Galates, que vous avez en si haute estime, qu'on répute les colonnes, eh bien! ceux-là même ont reconnu mon évangile,
1. nem<iT6Ujji.ai to cûayYéXiov... xaOâ); néxpo;... ô jàp èvspYiQaa; fUxpcfi... êvr)pYT|<iev xal2(i.oi... GaL II, 7,8.
2. 'AveÔéiiTiv... %ax* I8(av $è toÎç Soxoùaiv |w^ ww; elçxevov... Gai, tl, 2.