AcL XV
Les nouvelles des nombreuses conversions opérées parmi les Gentils à Antioche et dans la première tournée apostolique de saint Paul en Chypre et en Asie-Mineure, excitèrent, nous l'avons vu, les alarmes des judaïsants. On ne pouvait plus se refuser à Tadmîssion en masse des Gentils — c'était un fait accompli, — mais on prétendait les soumettre à la circoncision et aux observances légales. Rien ne montre que les Apôtres aient partagé pareilles alarmes ; ce furent quelques-uns de ces fidèles, animés du zèle * de la Loi plus que de l'esprit de l'Évangile, et blâmant peut-être intérieurement la complaisance des Apôtres, qui résolurent de descendre à Antioche. Ils purent s'y présenter avec des lettres de recommandation 2, mais ils n'avaient aucune mission officielle ^.
Cependant ces hommes venus de l'Église-mère devaient faire impression, et on comprend quel
1. Gfr. Àct. XXI, 20 : C^iXeoTai xoO vd(Aou, comme les représentent plus tard Jacques et les anciens de Jérusalem.
2. Comme plus tard ceux qui troublèrent la communauté de Corinthe. // Cor. III, 1 : ^uvaraTixal èicioroXai.
3. La façon dont nous les présentent les AcUs^ XV, 1 : Tivèc xaTe).6dvTeç àitb ty); 'louSaCoç... et surtout 24 : ^xouaaqiev {nous avons appris : la chose s'était donc faite à leur insu) 6ti tivI; il i^t&ûv è^éXSovTs;... ol; oO 6ie(rrei>à(ie6a... cadre exactement avec les termes dont saint Paul lui-même peint leur manière d'agir. Gai. II, 4 : icofeiaaXTOt... oÏTive; 7tapet(7fjX0ov xarao'xoTrfiaai...
trouble, quelles angoisses ils jetèrent dans les âmes quand ils se mirent à enseigner ou du moins à répandre cette insinuation perfide : « A moins d*ètre circoncis, vous ne pouvez être sauvés ^ » Les Gentils qui s'étaient attachés au Christ simplement, sans entrave, allaient-ils se soumettre à des obligations onéreuses dont on ne leur avait pas parlé? C'était arrêter le mouvement des conversions , c'était mettre en péril l'œuvre déjà accomplie. Paul et Barnabe s'opposèrent à ces menées, et il s'éleva de vives discussions entre eux et les judaïsants 2. Il en résulta une perturbation profonde parmi les chrétiens de Syrie ^,
Saint Paul pensa dès lors que pour lever les doutes et vider le différend, il fallait aller à Jérusalem en conférer avec les Apôtres. Une révélation* particulière lui inspira ou au moins confirma cette pensée qu'il manifesta à l'Église d'Antioche, et on décida^ de l'envoyer avec Barnabe et quel-