‹ Mélanges d'histoire et de litérature religieuseChapitre 62 sur 115 · Act. XV, 29 cfr · texte numérisé non relu

Act. XV, 29 cfr

criptions analogues à celles que l'on imposait aux prosélytes de la porte et que les docteurs juifs appelaient aussi préceptes noachides *. Il ne faut pas chercher ailleurs les motifs pour lesquels on choisit ces quatre prescriptions plutôt que toute autre ; c'était un ensemble de préceptes que Ton trouvait tout fait et que l'on appliquait. Les prosélytes qui, sans entrer complètement dans le judaïsme par la circoncision, acceptaient Tinfluence d'Israël, se conformaient à ces préceptes pour écarter de leur vie ce qui était regardé comme une trop criante abomination. Si l'on prend ici le mot fornication dans un sens que lui donnent parfois les auteurs juifs pour désigner les mariages mixtes ou les mariages à des degrés prohibés, la prescription qui lui est relative sera comme les précédentes de droit positif. Si, au contraire, il faut l'entendre dans le sens ordinaire — ce qui nous parait plus probable, la lettre s'adressant à des Gentils non initiés au langage des écoles juives — il est facile de comprendre pourquoi on désignait plus spécialement ce genre de fautes. Dans le monde païen la simple fornication passait pour chose indifférente, et les moralistes ce contentaient de blâmer les ex-

1. Ainsi nommés parce qu'ils prétendaient les trouver dans le petit code donné à Noé (Oen* IX, 4-5); cfr. les passages de la Loi renfermant ces interdictions : pour les idolotliytes, Exod. XXXIV, 15; pour le sang et les viandes étouffées, Lev, HI, 17; VU, 26; XVU, 10-14 ; pour la fornication, Deut, XXIU, 17.

ces ; la formule de Micion dans les Adelphes de Térence ^ donne assez exactement la note de la conscience gréco-romaine à ce sujet : « Non est flagîtium, mihi crede, adolescentulum scortari. » En Orient c'était bien pis, et les temples de certaines divinités abritaient ce désordre moral. C'est un honneur pour le judaïsme d'avoir réagi contre pareille licence chez les Gentils qui se soumettaient à son influence religieuse, et les Apôtres s'empressaient de donner sur ce point satisfaction à la conscience juive. Plus tard à Corinthe 2, saint Paul devra lutter contre la tendance de certains chrétiens à regarder la fornication comme chose indifférente ; il s'applique à réfuter le sophisme par lequel on cherchait à assimiler aux préceptes sur les aliments le précepte relatif à la fornication ; celle-ci est essentiellement contraire au principe de la vie chrétienne, et non chose en soi indifférente ^.

Ces explications suffisent pour montrer queh» étaient l'objet et le but de ces prescriptions positives. On espérait que grâce à elles tomberait le mur de séparation qui, dans la vie sociale et domestique, empêchait les rapports entre Juifs et

2. De même, saint Jean, en Asie, dans les lettres à l'Église de Thyatire et à l'Église de Pergame. (Âpoc, II, 20, 14.)

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