XXVI INTRODUCTION
le premier à qui l'on annonça la nouvelle, ce Reste à trouver des collaborateurs et des lecteurs. Vous jugez si je compte sur vous, lui écrivait son ami. Revue sérieuse, elle sera scientifique ou ne sera pas. Les abonnés se désabonneront s'ils le veulent, mais je suis navré quand M. Jaugey me demande des articles d'humour : en serons-nous toujours là? Donc à l'ouvrage , vos cartons déborderont bientôt : donnez-nous le superflu... »
Nul n'était plus que Jacques Thomas d'accord avec le R. P. Lagrange dans l'orientation à donner à la Revue biblique internationale. Si depuis 1892, qu'elle a pris la tête du mouvement des études bibliques en France, elle a dû, à plusieurs reprises, donner quelques coups de barre qui ont surpris les personnes peu au fait des nécessités de l'heure présente, elle n'a cessé de représenter l'exégèse réelle, progressiste, mais théologique et respectueuse, à laquelle Jacques Thomas était acquis. Mais à ce moment, notre ami touchait au terme de ses souffrances!
A son activité dévorante, dont nous venons d'essayer de fixer le souvenir; nos lecteurs auront difficilement supçonné que Jacques Thomas était
INTRODUCTION. xxvii
depuis sa première année de professorat à Touloues, plus précisément depuis la fête de l'Ascension de 1882, mortellement atteint par la tuberculose pulmonaire , et que , en dépit des espoirs fragiles que le dévouement des siens s'ingéniait à renouveler, il savait ses jours avarement comptés. L'énorme travail dont profitèrent ses étudiants de Toulouse, dut être à maintes reprises interrompu par des semaines de repos absolu, des mois d'hiver passés à Nice dans l'inaction, toutes les lamentables épreuves du poitrinaire qui vingt fois se croit guéri et reprend sa tâche toujours trop tôt. « J'espère recevoir des nouvelles toujours meilleures sur votre santé, lui écrivait le cardinal Zigliara (janvier 1885) : ne soyez pas trop pressé de reprendre vos cours, mais pensez bien plutôt à retrouver toutes vos forces, dans un repos suffisanunent prolongé. » Un temps vint, où il dut abandonner ses cours, les uns après les autres. Il voulut cependant à toute force continuer dans sa chambre les leçons d'hébreu, disant que, si ses élèves prenaient goût à l'étude de la langue originale, ils sauraient bien, plus tard, aller chercher les commentaires nécessaires. Lorsque se fonda la Revue biblique inter-