Cf. Renan, Les Apôtres, p. xxxIx
2. La coïncidence admise, on arrive à combiner de la facon la plus naturelle les données chronologiques fournies directement ou indirectement soit par les Actes et les ch. I-II de l'Ep. aux Gal., soit par certains points de contact de l’histoire apostolique avec l’histoire générale (fuite de Damas avec la domination du roi nabathéen Arétas en cette ville; second voyage de saint Paul à Jérusalem (Act. XI, 29 XII, 25), avec la famine dans l'année de la mort d'Hérode Agrippa ; fin du séjour de saint Paul à Césarée avec l'arrivée du procureur Festus). Nous indiquons seulement cette
considération qui touche à toute la chronologie des temps aposto-
liques et qui demanderait de trop longs développements. — Saint 5}
marquer que la situation de saint Paul, telle que la suppose le récit de l’Épitre, est précisément celle qu'il avait eé qu'il a eue seulement lors du voyage raconté au chapitre XV des Actes, entre sa première et sa deuxième mission apostoliques. En effet, l'Épitre suppose d’une part qu'à ce moment Paul a déjà exercé avec Barnabé un ministère étendu auprès des Gentils, qu'il a joué même dans ce ministère le principal rôle; d'autre part elle suppose qu'il travaille encore avec Barnabé, qu'ils ne se sont pas séparés. Le premier point nous reporte au moins après la première mission apostolique et le second avant la deuxième, puisque c’est au début de celle-ci que Paul et Barnabé se séparèrent; nous sommes donc nécessairement ramenés au moment précis où se place le voyage du chapitre XV des Actes, entre la première et la
deuxième des tournées apostoliques de saint Paul.
Une autre considération ne tend pas moins à montrer que le voyage de l’Épître n’a eu lieu nt avant n1 après celui des Actes dont nous nous oc-
Paul parle donc dans l'Ep. aux Galates de son premier voyage à |
Jérusalem : Act. IX, 26-30—Gal. I, 18-19 et du 3° : Act. XV—Gal. IT, 1 sq.; mais il ne dit rien du 2°: Act. XI, 29-30, dans lequel, d'après le langage même des Actes, il ne dut voir que « les anciens », les Apôtres ayant été dispersés par la persécution d'Hérode Agrippa. Or, dans l’Epiître, il ne veut mentionner que les occasions dans lesquelles il eut des rapports avec les Apôtres. — Le nav àavé6nv de Gal. 11. 1, n'exclut pas nécessairement un voyage intermédiaire.
cupons, et par conséquent qu'ils coïncident. Ni avant, car si déjà les Apôtres de Jérusalem avaient approuvé et reconnu l’apostolat de saint Paul et l'Évangile des incirconcis, comme il arriva dans le voyage que mentionne l'Épitre, on n'aurait pas eu besoin ensuite d'aller porter à Jérusalem le débat soulevé à Antioche, comme le racontent les Actes. Ni après, car saint Paul, dans l’Épitre aux Galates, s'efforce, pour répondre aux calomnies répandues contre lui, de rappeler les circonstances dans lesquelles il a conféré de son Évangile avec les Apôtres de Jérusalem et s’est trouvé d'accord avec eux; aurait-1l omis d'indiquer d’abord la circonstance où son apostolat recoit un éclatant hommage !, et la liberté des Gentils vis-à-vis de la Loi une solennelle consécration? S'il ne la mentionne pas, c'est qu’elle n’est pas distincte de celle dont il parle. L’argument e silentio a ici toute sa valeur.
La coïncidence des deux témoignages par rapport au même événement constatée, que deviennent les divergences? rendent-elles les deux récits inconciliables de telle sorte qu'admettre l’un oblige à rejeter l’autre, ou du moins à le tenir en suspicion ?
Si a priori ou comme d’une chose déjà démon-
MAC IAXV,.25, 26,28.
itrée, on part de ce principe : que saint Paul est l’antagoniste des autres Apôtres et qu'il dirige contre eux ses traits dans l’Épitre aux Galates, il
est clair que les deux récits prennent une couleur
toute opposée : dans l’un on ne voit que division profonde, dans l’autre entente parfaite!; et les circonstances accessoires sur lesquelles ils divergent forment chacune large saillie où la critique trouve un appui commode pour battre en brèche l’un des récits. Mais cet antagonisme présupposé entre saint Paul et les Apôtres, comment le démontre-t-on? Par l’Épitre aux Galates. Il y a donc pétition de principe, si on examine le récit de l’'Épitre, comme s’il y était déjà sûrement contenu. Or, si l’on prend ce récit sans rien préjuger sur l'esprit qui l’anime, si l’on consent à le rapprocher de celui des Actes pour les comparer simplement et non pour les heurter l’un contre l’autre, on voit qu'ils coïncident dans les grandes hgnes, qu'ils diffèrent non d'esprit, mais de ton, suivant le but de chaque auteur et les circonstances particulières dans lesquelles il écrit; que les divergences sur les accessoires, ne sont pas irréductibles, mais peuvent être complémentaires. Saint Paul ne raconte pas l'événement en historien qui donne surtout les faits publics et les