‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 4 sur 109 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

Quelques mois plus tard (26 mai 1877), Jacques Thomas écrivait à ce même ami au moment de son ordination de sous-diacre :

« Vous sentez quelle part je prends à votre joie. Qued’obstaclesentre ce jour heureux et vos désirs! Mais Dieu les à peu à peu aplanis, et vous voilà à lui sans partage. Ah! que je voudrais être auprès de vous pour jouir des premières paroles d’un cœur qui vient de se donner à Dieu , etquelle fête, si nous avions pu nous trouver réunis avec le Père que nous aimons ‘! Mais c’est bien loin de nous tous, loin des vôtres, seul, que vous avez formé ces liens indissolubles qui vous attachent désormais à Dieu, à Jésus-Christ et à son Église. Et cependant quelle consolation de fixer à jamais son avenir sur ce sol arrosé du sang de saint Paul votre patron, près du vicaire de Jésus-Christ, près de Pie IX... Quelle page de l’histoire s’écrit chaque jour sous nos yeux dans l’Église! Nous y aurons notre part, nous y tracerons notre trait, notre sillon, obscur, caché, comme tout ce qui doit vivre en Dieu par Jésus- Christ, mais non moins réel pour cela... »

(1) Le révérend Père $S., dominicain.

xIV ___ INTRODUCTION,

Nous avons cité ces lignes, entre tant d’autres aussi jeunes, sans craindre que les amis de Jacques Thomas nous adressent le reproche de trahir de ces sentiments éphémères dont on sourit quelquefois comme de juvénilités. Cette élévation , cette générosité, cette fougue, cette piété, cette délicate sensibilité, ces scrupules et ces désirs , c’était tout son cœur en son inaltérable essence. Il eûtsuffi de voir son beau regard modeste mais ardent et profond pour deviner la flamme intérieure qui animait cette frêle vie.

Il revint de Rome à Paris pour un dernier stade d’études, de 1879 à 1881. Il entendait se préparer enfin directement à la science scripturaire, en suivant les cours de l’École des Hautes Études de la Sorbonne. Saint-Sulpice lui avait appris l’hébreu; il fut pour l’assyrien lPélève de M. Pognon, pour l’arabe, de Stanislas Guyard, pour l’égyptien, de Grébaut, pour le copte, de M. Maspéro, et il s’essaya même au sanscrit avec Bergaigne. Il suivait aussi à l’Institut catholique de Paris les cours de l’abbé Paulin Martin, mais surtout les cours de notre commun maître, M. l’abbé Duchesne. Chez M. Duchesne j’eus l’occasion de

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