INTRODUCTION. XV
rencontrer maintes fois Jacques Thomas. Je revois encore le clair salon, très haut d'étage, mais égayé par de beaux arbres et la silhouette italienne du dôme des Carmes, où M. Duchesne aimait à nous réunir. L’abbé Thomas mettait, là comme à la Procure, toute la maison en éveil et en joie. « Jack», comme on l’appelait dans l'intimité, avait le don de provoquer l'entretien par sa curiosité sagace et informée. On imagine avec quelles ressources de science et d'esprit le maître de la maison s’y prêtait, et si la critique appliquée aux sciences sacrées était un thème à infinis renouvellements! Je me rappelle une conversation de ce genre, dont la critique avait fait tous les frais et dont le sujet était loin d’être épuisé, lorsque Jacques Thomas s’excusa de se retirer, et avoua simplement qu'il avait commencé et qu'il était pressé d'achever la lecture des articles De Sacrificio missae de Suarez. Ce trait suffirait à révéler à quelle famille d’esprits 1l appartenait, vif et riche assez pour se multiplier en tant d'efforts philologiques, trop grave pour être capable de se désintéresser du sens profond des choses.
Au printemps de 1880, il visita la Terre Sainte.