‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 48 sur 109 · noi éonévüaox aûtd toùto rotñoat. II · texte numérisé non relu

noi éonévüaox aûtd toùto rotñoat. II

. Gal. II, 2 : &véénv d at àGmoxäd)uduv, dit saint Paul. Il n’est monté à Jérusalem que sur un ordre d'en haut.

même temps qu’elle les éclaire sur leur mission respective. C’est un des moments les plus solennels, non seulement dans la vie de saint Paul, mais encore dans l’histoire de l’Église apostolique ; c'est le point culminant de la crise que nous étudions, celui qui intéresse le plus l'avenir du christianisme; et même, en comparaison, la réunion générale qui suivit, malgré ses dehors officiels, n’a qu'un intérêt local et secondaire, uniquement destinée à calmer par des mesures conciliatrices les esprits troublés à Jérusalem et en Syrie. Cf. sur l'importance de ce fait Saint Augustin qui va Jusqu'à dire : « Cum ipse apostolus Paulus post ascensionem Domini de caelo vocatus, si non inveniretin carne apostolos, quibus communicando et cum quibus conferendo euangelium eiusdem esse societatis appareret, ecclesia illi omnino non crederet. » (lib. 28 contra Manich., c. 4); Tertullien (adv. Marc., 1. k, c. 2.) « Propterea Hierosolymam ascendit ad cognoscendos apostolos et consultandos, ne forte in vacuum cucurrisset, id est, ne non secundum illos euangelizaret. Denique cum auctoribus contulit etconvenit deregula fidei, dexras miscuere et exinde officia praedicandi distinxerunt. » L’entente des Apôtres sur le ministère de Paul et l'Évangile des incirconcis, est un fait autrement grave, autrement gros de conséquences. Si nous ne lisions que les Actes, qui voient les cho-

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ses du dehors, nous pourrions commettre une erreur de perspective en donnant à la réunion générale et aux mesures qu'on y prend la première place. Mais à la plume de l’un des témoins et acteurs qui ont vu les choses du dedans, à la plume de l’apôtre des Gentils lui-même, nous devons la scène principale qui projette une si vive lumière sur ce qui suit; il nous l’a laissée dans un récit animé ou pour mieux dire dans un vivant | tableau qui la reporte au premier plan. Quand la vraie perspective est rétablie, on comprend que Paul se soit arrêté, dans l’Épitre aux Galates, au fait capital, d’un intérêt universel : la reconnaissance de son apostolat. De là ressort clairement ce qu'il veut établir contre les judaïsants de Galatie : les Apôtres de Jérusalem ont reconnu qu'il a reçu, comme eux, la mission d’apôtre et qu'il n’est pas en opposition avec eux. Or, c’est dans les entrevues privées qu'ont eu lieu cet accord et cette reconnaissance. Il n’a pas besoin d'en dire davantage; il a jugé que c'était le point principal; et pour la. suite de l'événement, nous regrettons moins son silence, quand nous voyons que son témoignage sur la première scène éclaire le récit des Actes, et contre les attaques de la critique lui donne vie, couleur, réalité. Nous allons le constater.

1. Les expressions pittoresques et autoptiques n'y manquent pas : HAPELTKTOUS.. Tapetsn) do xaTacxonout.…. deblas ÉdWXaAV xotVwVIAG.

Si l’on étudie la réunion générale dans les Actes sans tenir compte de la scène préalable rapportée dans l’Épitre, on est exposé à se méprendre; on n'est pas préparé à comprendre l'attitude et le langage des Apôtres en cette circonstance. Les rôles paraissent intervertis. Ceux qui sont venus d’Antioche pour plaider la cause des Gentils, se contentent de raconter leur mission, et ce sont les Apôtres de la circoncision qui sont les vrais avocats des Gentils. À une critique ombrageuse, 1l n’en faut pas davantage pour tenir en suspicion le récit des Actes. Mais partons du fait raconté dans l'Épitre, comme d’un point ferme, reposant sur l’inébranlable témoignage d’un témoin oculaire, omnt exceptione maor, et tout s'explique.

Les Apôtres viennent de reconnaître l’apostolat de saint Paul, l'Évangile des incirconcis. Paul et Barnabé pouvaient aussitôt retourner à Antioche avec une lettre de recommandation constatant leur accord avec les Apôtres de Jérusalem. Ils auraient calmé les chrétiens de Syrie en disant : « Soyez assurés que vous n'avez pas couru en vain! » Mais, à Jérusalem même, il n’était pas possible de laisser là les choses. Les judaïsants, nous l'avons vu,

n'avaient pas seulement essayé, par leurs intri-

gues secrètes, de faire échec aux rapports des Apôtres; ils s’éfaient levés et avaient crié haut dans l’Église leurs prétentions; ils avaient porté, devant les fidèles le différend soulevé par eux à Antioche. On s'était ému, on avait pris parti pour ou contre Paul; et si on en juge par la facilité avec laquelle bien peu d'années après, dans ce même lieu !, se répandirent contre lui de grosses préventions, il est probable qu'un grand nombre lui était déjà assez défavorable en cette circonstance.

C'est pourquoi, quand les Apôtres de la circoncision et les Apôtres des incirconcis revinrent de ce moment d’effusion où ils s'étaient sentis et reconnus en si étroite union, il fallut songer à l’apaisement des esprits au dehors parmi les fidèles; on devait les éclairer et les amener doucement à

1. Act. XXI, 20-22. Ce sont les Anciens, probablement même saint Jacques, qui sept ou huit ans après la réunion de Jérusalem, avertissent saint Paul des dispositions hostiles entretenues chez un très grand nombre de fidèles (réa puprades Tüv mentoteuxétwv) zélés pour la loi (mavres EnAwtai rod véuou) à qui on a représenté Paul comme prêchant l’aposlasie Chez les Juifs de la dispersion. Saint Jacques et les Anciens conseillent à Paul de ménager ces fidèles et de leur prouver par un acte public de soumission à la Loi que ces préventions ne sont pas fondées. Nous reviendrons sur la conduite de saint Paul en cette circonstance. Saint Chrysostome constate aussi ces préventions contre saint Paul dans l'Église de Jérusalem, et il suppose même que d’abord, avant la réunion de Jérusalem, elles furent partagées par les Apôtres (in Gal. I, 17; 11, 2; hom. ên Gal. II, 11, n. 11, 16; ap. Migne, Patr. Gr., t. LXI, p. 630, 634, t. LI, p. 681, 683.

prendre les mesures qui rendraient aussi la tranquillité aux Églises de Syrie.

Les événements ayant pris unenouvelletournure, la question ne pouvait demeurer résolue sans bruit entre les Apôtres seulement. Une réunion générale était nécessaire, où l’on confondrait publiquement les opposants, et ce fut le troisième et dernier acte du débat. C’est le dénouement, bien que ce ne soit pas, nous l'avons dit, le moment décisif de l'affaire. |

Saint Paul n’a plus à plaider pour l’évangile des incirconcis; sa cause est déjà gagnée auprès des Apôtres; l'Épitre l’atteste. Ce fait commande la conduite qu’il tient à l’assemblée d’après les Actes. Rétablir la paix dans l’Église de Jérusalem, proposer, soutenir, faire adopter les mesures qui, tout en ménageant la susceptibilité des fidèles de la circoncision, consacreront le point fondamental de l'accord survenu entre saint Paul et les Apôtres de Jérusalem, c’est plutôt l'affaire de ceux-ci que la sienne. Pierre, le premier du collège apostolique, Jacques, le chef de la communauté de Jérusalem, seront écoutés avec plus de déférence et de respect. Puisqu'ils ont approuvé auparavant la mission spéciale de Paul, l’évangile des incirconcis, nous ne sommes plus étonnés du langage qu'ils tiennent; il était prudent de les laisser parler et prendre devant l'assemblée l'initiative des mesu-

res de conciliation. Paul et Barnabé se contenteront de raconter les fruits abondants de leur prédication. Les préventions répandues contre eux auraient nui à leur cause et au bien de la paix, s'ils avaient eux-mêmes directement demandé la liberté des Gentils.

Quand nous savons d’une façon positive que les Apôtres et saint Paul se rendirent à la réunion générale, déjà d'accord sur le fond de la question, nous ne sommes pas éloignés de croire qu'ils s’entendirent même sur la manière dont on conduirait la discussion etsur l'attitude que chacun garda. Telle que la présentent les Actes, elle ne pouvait être plus conforme au caractère personnel de chacun, à la situation générale, aux exigences du milieu.

Tous les frères de Jérusalem assistèrent à cette assemblée !, cette publicité allant au but que l’on se proposait : ramener la paix dans l’Église. Cependant les Actes ne parlent que des Apôtres et des Anciens comme de ceux qui doivent examiner l’affaire ?; c’est à eux seulement que l'Église d’Antioche avait envoyé ses délégués ?, et la lettre qui

1. C’est ce que suppose Acé. XV, 22, où l'on distingue les Apôtres, les Anciens et toute l'Église. Cfr. aussi au v. 12 le màv vù TÀA00c.

2. Act. XV,6: ouvhybnoa di où 4moorodot na oi moscéutepor ideiv neo TOÙ }6YOU TOUTOU.

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renferme la décision ne fut adressée qu'en leur nom !.

lv eut dans la réunion une vive discussion; les Actes ne le cachent pas, ? et s’ils ne font que la mentionner sans en rapporter les péripéties, c’est qu'ils ont hâte d'arriver au résultat, c’est-à-dire à la décision et aux discours qui la préparent et l’amènent. Comme bien des historiens, l’auteur s’attache moins à peindre les mouvements et les impressions de l’assemblée — ce qui eût été peut-être davantage de notre goût — qu’à mettre en relief le rôle et les paroles des principaux acteurs; ce que, lui, estimait et ce qui était en réalité plus intéressant pour ses lecteurs immédiats. Si plus loin il nous parle de l’assentiment de toute l’Église à la résolution des Apôtres et des Anciens, il n'exclut ni n’amoindrit le dissentiment préexistant, ni même le mécontentement persistant de quelques-uns ÿ. Au reste, nous croyons que la mesure de conciliation proposée par saint Jacques les rallia un moment, et qu'elle eut même sans

1. Act. XV, 23 : of &néotodct xai oi moeoëutepor &dshgot.… et non npes6. xaù où adehpot du texte recu; nous suivons la lecon la mieux garantie par les mss. et que confirme la Vulgate : Apostoli et seniores fratres ; et au XVI, 4, les décisions sont encore désignées, comme 7à dOyUata TA HEAPULEVX ÜTO TOY ATOGTOWV AA TV TOETOUTEPUY.

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