‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 49 sur 109 · Iolñs OÈ oufnrnoews yevouévns….. V · texte numérisé non relu

Iolñs OÈ oufnrnoews yevouévns….. V

3. Rien n'oblige à entendre le oùv 6kn ëxxnoia d'une unanimité absolue; une unanimité morale suffit à l'expliquer.

trop de difficulté l’assentiment de la plupart d’entre eux. L’assimilation qu’elle semblait consacrer entre les prosélytes de la porte et les Genls incirconcis n’était pas pour leur déplaire. On ne touchait pas à la position des Juifs convertis; leur situation privilégiée paraissait demeurer intacte. Ils avaient jusqu'à un certain point satisfaction; mieux leur valait se taire pour le présent et se réserver pour l'avenir sans provoquer de résolution plus décisive. L’aperçu que jette en passant le v. 22 des Actes n'a donc rien d’invraisemblable, rien au contraire qui ne soit dans le tempérament de l'erreur que nous étudions.

Si nous ne suivons pas en détail les fluctuations de l’assemblée, nous avons du moins dans leurs lignes principales les discours des Apôtres. Nous avons déjà remarqué que l’auteur des Actes avait choisi les traits saillants, ceux qui allaient directement au résultat final sans se préoccuper des transitions ou des précautions oratoires exigées par le milieu. Aussi ces discours, dans leur forme actuelle, présentent-ils des raccourcis où les idées conformes à l'accord intervenu entre les Apôtres et saint Paul et par conséquent à la liberté des Gentils, sont en singulière évidence. Le lien des diverses parties a besoin d’être recherché et même parfois, comme à la fin du discours de

Jacques, il est impossible, dans l’état actuel, de rétablir d’une facon certaine la connexion des pensées. Et cependant, malgré cette condensation et ces lacunes, chaque discours, et dans la facture générale et jusque dans les détails, à sa nuance propre, celle qui convient respectivement au caractère connu par ailleurs de Pierre et de Jacques.

On se prend parfois à regretter l’œuvre de l’abréviateur, mais on n’a à reconnaître ni à déplorer aucune grave retouche de l'historien qui eùt coulé les deux morceaux dans un moule uniforme et sans ces particularités caractéristiques.

Pierre, l’homme des premiers mouvements et des grandes initiatives, défend avec plus de hardiesse et d’ampleur la liberté des Gentils; Jacques !, ce saint de la nouvelle alliance toujours

1. Jacques, frère du Seigneur, ce saint aux genoux de chameau, qui demeurait si longtemps prosterné dans le temple, est un des personnages de l'Église primitive qui ont le plus fait impression dans l'antiquité ecclésiastique. Quelque altéré que puisse être le portrait laissé au IL° s. par Hégésippe, reproduit par Eusèbe (4. E. Il, 23) et par S. Jérôme (De vir. int. 2), la constante fidélité aux rites mosaïques est un trait incontestable et présente du reste un point de raccord avec ce que les Ac£es nous rapportent de lui (XXI, 18, 25 et XV, 21). — Jacques, frère du Seigneur, demeuré évêque de Jérusalem après le départ des Apôtres, est bien celui dont parlent les Actes (1. €.) et S. Paul (Gal. 1, 19; II, 9, 12; ZT Cor. XV, 7); sur ce point il y a accord parmi les anciens; mais, quand il s’agit de savoir si ce Jacques était un « des douze », ils sont divisés; la question reste pleine d’obscurité et n'intéresse qu’indirectement notre étude. — Jacques, frère du Seigneur, est certainement distinct de Jacques de Zébédée, frère de Jean, dont

fidèle aux observances traditionnelles sans méconnaître les principes de l'Évangile, vrai trait d'union entre les deux Testaments et s’attirant ainsi la considération universelle à Jérusalem, s'applique à rattacher le présent au passé et dé-

le martyre est antérieur à la réunion de Jérusalem (Act. XII, 2); et, le serait-il aussi de Jacques, fils d'Alphée, comme l’ont pensé la plupart des anciens, il n’en serait pas moins un personnage important, qui eut, en dehors des douze, le titre et le rang d’apôtre. «. Et je ne vis aucun autre apôtre sinon Jacques, le frère du Seigneur, » dit saint Paul de lui en racontant son premier voyage à Jérusalem. (Gal. 1, 19). Il n’est donc pas indifférent de savoir s'il fut un judaïsant obstiné, le chef de la faction , comme le prétend l’école de Tubingue à la suite des judaïsants du JI° et du IIT° s. qui se prévalent de sa fidélité à la loi mosaïque pour couvrir leurs doctrines de son nom; ils l’exaltent même jusqu'à lui donner le titre d'évéque des évêques; cfr. en tête des Homélies Clémentines, la prétendue lettre de Clément à Jacques. Cette vénération outrée ne doit faire illusion à personne, et cependant déjà au IVes, (v. 360-390) un auteur recommandable s’y est mépris : Marius Victorinus, qui fut d’après saint Jérôme (in Gal. praef. lib. 1.) le premier commentateur latin de saint Paul, s’est laissé égarer par les dires et les écrits des ébionites ; il considère Jacques, frère du Seigneur, comme le chef réel des judaïsants qu'il appelle Symmachiens (cfr. même désignation dans l’Ambrosiaster, in Gal. prooem.) et il prétend que saint Paul, dans Gal. I, 19, a voulu nier l’apostolat de Jacques. « Hic Paulus negavit Jacobum apostolum... cum autem fratrem dixit, apostolum negavit. » (Victorinus, ên Gal. I, 19 et in II. 2). Le témoignage de Victorinus n’a pas d’écho, mais il mériterait d'être étudié avec soin et je m'étonne qu'on n’ait pas davantage appelé sur lui l'attention. Il est vrai que saint Jérôme prise peu les commentaires du vieux rhéteur converti et met en doute sa compétence de ce que « occupatus ille eruditione saecularium litterarum, scripturas omnino sanctas ignoraverit, et nemo possil quamvis eloquens de eo bene disputare quod nesciat. » Saint Jérôme a raison : rien ne s’improvise moins qu’un exégète.

couvre dans les prophètes la prédiction de ce mouvement nouveau des nations vers le pavillon restauré de la maison de David.

Pierre ne pouvait commencer avec plus d’àpropos qu'en rappelant l'événement qui avait ouvert quelques années auparavant la porte de l'Église aux Gentils ! : la conversion du centurion Corneille. Dieu avait manifesté sa volonté, ayant donné l’Esprit-Saint aux Gentils comme aux Juifs ?. C'est l'argument de fait qui avait déjà fermé la bouche aux mécontents (Cfr. Acé. XI). Pierre ici va plus avant et présente la conclusion qui s’en dégage : Dieu n’a pas fait de distinction entre ces Gentls croyants et les Juifs par rapport au moyen de justification : xat ob0ëy diéxouvey peraËd uv re Hat abTüv Th miorer xalaplac Tac xapôlac abrüv (Acé. XV, 9). Il a purifié leur cœur par la foi. Voilà le

1. ACE. XV, 7, — C'est en termes généraux que Pierre fait allusion à celte conversion, tà ëûvn, ce qui élève le fait particulier à la hauteur d’un principe.

2. AC. XV, 8 : 6 xapüroyvwotnc Oeds Epaprüpnsev, adroïs Bodc Tù RVEUUX TO GyLov ka bd oi Autv.. L'expression bien caractéristique xapô.0yvwoTNs, ne se trouve que dans le N. T., ici et Act. I, 24 et dans les écrivains ecclésiastiques à partir du pasteur d'Hermas (II, 4, 3). Il est remarquable que dans l'autre passage du N. T. où nous le rencontrons, c'est encore dans la bouche de saint Pierre qui dut réciter au nom de tous la prière rapportée en cet endroit. Ici l'expression est admirablement appropriée et rappelle que le Dieu qui communique l'Esprit, n'arrête pas son regard aux observances du dehors, mais voit plutôt le fond du cœur, la foi. Elle donne la raison du fait qui est indiqué ensuite.

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