‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 77 sur 109 · Cor. II, 13 et surtout VII, 6 et sqq · texte numérisé non relu

Cor. II, 13 et surtout VII, 6 et sqq

911 Cor, XI, 22-23: X, 7 sqq. — Cfr. I Cor. 1, 12%

tres (XI, 13), se glorifient de leur origine (264. 22- 23); ils objectent que Paul n’a pas vu le Christ, tandis qu'ils tirent pour eux avantage de leurs rapports particuliers avec Lui, ou au moins de leurs relations avec « les frères du Seigneur; » c'est pour cela peut-ètre qu'ils se disent, eux, « du Christ » (X, 7). Ils encouragent à la désobéissance, plaçant Paul bien au-dessous des grands Apôtres (XI, 5; XII, 11) décriant sa manière d'écrire et de procéder par coup d'autorité (X, 9 sqq.). Ce sont eux aussi qui ont tourné contre saint Paul le désintéressement qu’il montre en évitant d'être à charge à ses fidèles (XI, 7 sqq., cf. I Cor. IX). Quand on sait de qui il parle si clairement en ces passages, on est en droit de rapporter aux mêmes personnages les allusions analogues qui se trouvent dans la première partie de l'Épitre ; les mêmes font étalage de lettres de recommandation qui nous rappellent les usages des juifs palestiniens (HI, 1) {.

Cependant, par tous ces morceaux, on voit que les judaïsants n’it encore cherché qu'à ruiner l'autorité de saint Paul à Corinthe. Dans ce milieu, les pratiques juives avaient moins de chance de réussir ; ils n’en parlent pas ; ils se contentent de détacher le cœur des fidèles de leur père dans la foi et profitent de la tendance des Corinthiens à

1. On pourrait encore trouver trace de leurs calomnies contre saint Paul dans des passages comme IV, {, 2 sqq., V, 11 sqq.

fomenter des divisions, sauf plus tard à afficher leurs prétentions doctrinales. Non seulement saint Paul ne fait aucune allusion à ces prétentions, — qu'il n'aurait pas manqué de signaler et de flétrir, pour prémunir contre elles les fidèles, si les adversaires les avaient manifestées; — mais même certains passages donnent à entendre que ces. missionnaires n'avaient pas prêché de doctrine contraire. (Cf. II Cor. XI, 4-5.)

Saint Paul arriva enfin à Corinthe, où il passa l'hiver! (57-58); il dut prendre les mesures nécessaires pour arrêter le mal en cette Église (IL Cor. XIII, 1-3, 10). Mais pendant ce temps?, de Galatie lui venaient des nouvelles autrement graves et qui

1. C’est ce qui résulte de 1 Cor. XVI, où il expose son projet, et de Act. XX, 3, 6, où l’on voit qu'il l'a exécuté.

2. 11 règne une grande variélé d'opinions parmi les interprètes et les critiques sur la date de l'Ep. aux Galates. Parmi les anciens, la plupart acceptant la note finale, ajoutée dans plusieurs mss. et dans certaines versions (copte, syriaque), en placaient la composition à Rome pendant la captivité de l’Apôtre. Pour les modernes, le plus grand nombre s'est rattaché à l'opinion que tenait déjà Victorinus (fin du 1v° siècle), le premier des commentateurs latins de saint Paul : l'Épitre daterait du séjour à Ephèse. Le P. Cornely, professeur au Collège romain, vient de ressusciter, dans son 1ntroductio specialis in N. T. 1886, (n. 134), un autre sentiment, autrefois faiblement soutenu; comme les Epitres aux Thessaloniciens, celle aux Galates remonterait au deuxième voyage apostolique de saint Paul. — Si j'en place ici la composition, pendant le séjour à Corinthe du troisième voyage apostolique, un peu avant l'Epitre aux Romains, je m'y crois autorisé par une étude attentive de toutes les données du problème.

mettaient dans tout leur jour les intrigues et les visées des judaïsants auprès des Gentils. Plusieurs de ces fidèles les avaient déjà écoutés et s'étaient soumis à la circoncision et à d’autres observances légales !. Beaucoup devaient être déjà ébranlés et sur le point de céder. La surprise que manifeste saint Paul à cette nouvelle montre combien il s’attendait peu à ce changement dans une Église qui lui avait été si dévouée. L'expression de son étonnement est en tête de l'Épitre et court à travers toute la lettre?.

Pour arriver à ce résultat, les judaïsants, ici comme à Corinthe, avaient contesté l'autorité de saint Paul; et dès le début, dans l’adresse même comme dans toute la première partie de l’Épitre aux Galates, on sent que saint Paul répond à leurs allégations contre lui. Nous les connaissons déjà : Paul n’est pas apôtre, il ne tient pas sa mission de Jésus-Christ; 1l est au plus un envoyé des Apôtres, dont l’enseignement ne doit être reçu qu’autant qu'il est conforme à celui des grands Apôtres, à celui de Jacques, de Céphas, de Jean, les colonnes de l’Église ; eux, les judaïsants, sont les vrais disciples des Apôtres avec lesquels ils sont d'accord dans la doctrine et la pratique. On accuse de plus saint Paul de duplicité : il cherche à plaire aux

Page 1