‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 81 sur 109 · Rom. 1, 13, 14; XV, 16; II Cor. XI · texte numérisé non relu

Rom. 1, 13, 14; XV, 16; II Cor. XI

. met à découvert des vérités qui intéressent toutes … les générations chrétiennes. Il ne se contente pas

de comparer les institutions du passé et celles du présent; c’est dans les profondeurs de l'être moral qu’il descend pour révéler à chacun, Juifs ou Gentils, le besoin d’être justifié; il montre comment le péché est entré dans le monde et s’y ré-

pand, quelle voix puissante il élève en chacun de

nous, quel unique moyen de salut Dieu à préparé pour tous. Pour déterminer la situation respective

des Juifs et des Gentils dans l'Église — ce qui

fait le nœud de la difficulté du moment — il établit cette thèse qu’il développe méthodiquement : « L'Évangile opère le salut de tout homme qui croit, pour le Juif d'abord et aussi pour le Gentil!. » D'une part, chez tous, Juifs et Gentils, il y a égale culpabilité, égale nécessité d’une justification (Rom. 1, 18; III, 27); d'autre part pour tous, le seul et suffisant principe de justification, c’est la

… vie de la foi que le Christ nous a méritée et com-

muniquée par sa mort (III, 22-VIIT). Sous ce rapport, Juifs et Gentils ne forment plus qu'un; toute inégalité disparaît. Cependant le peuple juif n’a pas été en vain le peuple d'élection, comme lénoncé de la thèse l'indique « aux Juifs d’abord et aussi aux Gentils »; saint Paul scrute les mystères

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de cette élection et ses conséquences pour l'avenir (IX-X1). Il ne lui reste plus qu’à présenter le ta- | bleau de la vie de la foi, dont il a montré dans la … première partie la source et le principe interne (XII-XIIT)!. Ainsi, sans perdre de vue l'erreur judaïsante qu’il a pénétrée jusque dans ses dernières racines, il en renverse le fondement premier par le seul exposé des plus hautes vérités; contre la tendance à s’attribuer un droit au salut par les observances légales, il met en lumière la gratuité absolue du salut du côté de Dieu : c’est une grâce, non une chose due; contre la disposition à attacher aux observances quelque vertu pour la justification, 1l proclame la pleine et suffisante vertu de la mort du Christ; à la prétention de maintenir ‘sous quelque forme la division préexistante entre Juifs et Gentils, il oppose l'unité de tous dans l'Église, ayant part à la mème vie; enfin contre l’accusation de donner pleine liberté au péché en s’affranchissant de la Loi, 1l insiste sur les devoirs de la vie chrétienne.

C’est encore pendant son séjour à Corinthe que saint Paul médite et compose cet exposé de sa doc-…

1. Les ch. XIV-XVI de l'Ép. aux Romains n’ont plus ce caractère général; XIV et le début de XV se rapportent aux mutuelles concessions que doivent se faire les frères par rapport à certaines … abstinences ; XV, 13-33 s'adresse spécialement aux fidèles de Rome, auxquels saint Paul fait part de ses projets de visite; XVI contient les salutations.

trine; et nous le possédons dans l'Épitre aux Romains. Était-ce un document destiné à plusieurs Églises et qui nous est arrivé dans l’exemplaire adressé aux fidèles de Rome? ou bien ne fut-il en-

voyé directement qu’à ces derniers? Nous n’avons

pas à le rechercher ici. Rien dans l'Épttre n’indique que la situation de l'Église de Rome ait spécialement exigé pareil exposé. Constatons ce fait contre ceux qui attribuent aux fidèles de cette Église des tendances judaïsantes. On n’est en droit de le faire ni en raison de leur origine — car en maints passages les paroles de saint Paul supposent que ce sont principalement des

Gentils convertis !, — ni en raison d’un change-

1. Rom.l, 5-6, 13, 15; XI, 13-14, 25, 28-30; XV, 1 sq; 8 sqq.; 15-16. — Au reste l'Église de Rome aurait-elle été composée de judéo-chrétiens, que ce ne serait pas une raison de lui infliger la note de judaisante ou ébionile. Il n’y a dans l’'Ép. aux Rom. aucun indice positif que l'Église à laquelle elle est adressée ait été infectée de l'erreur judaïsante, et on n'arrive à le conclure qu’en faussant Le ton général de la lettre et en lui attribuant des inten- Lions cachées. — Les documents Les plus anciens, qu'ils proviennent de l’Église de Rome comme l’Épitre de saint Clément aux Corinthiens (avant la fin du premier siècle) ou qu’ils lui soient adressés comme la lettre de saint Ignace (premières années du Ile siècle, 106- 107?), supposent en cette Église une vénération égale pour saint

Pierre et pour saint Paul, une foi pure de toute alliage ébionite; le

témoignage rendu à cette foi par l'évêque d’Antioche a d’autant

plus de poids qu'il vient d'un adversaire déclaré des tendances

judaïsantes (cf. Ep. ad Magnes. 8, 10; ad Philad. 6). Contre des témoignages aussi graves el touchant de si près aux temps aposloliques, que valent ef l'induction tirée de l’origine romaine des Clémentines — origine très contestable — et les indications vagues

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ment survenu, comme chez les Galates, car nous

retrouverions alors le ton de reproche et non l’éloge pur et simple de leur foi (Rom. I, 8, 12; XV, 14). Quand saint Paul se décide à écrire à l’Église de Rome pour lui annoncer sa visite projetée depuis longtemps !, son esprit est plein du grave sujet sur lequel la défection des Galates vient d’appeler son attention; et, pour prévenir le péril qui péut menacer les plus florissantes communautés, il Lui communique l’enseignement qu'il a le plus à cœur, sachant bien qu’adressée à cette Église, « dont la foi est connue du monde entier, » sa parole aura partout écho. L’Apôtre était sur le point de quitter Corinthe et partait pour Jérusalem ? quand il trouva occasion d'envoyer sa lettre aux fidèles de Rome. Une affaire appelait dans cette ville Phœbée, « diaconesse de l’église qui est à Cenchrées, » le port de Corinthe sur le golfe Saronique. Il lui confia sa lettre où il la recommande

d'un commentateur de La fin du IVe siècle (Pseudo-Ambr., in Ep. ad Rom., praef.)}? On accorde confiance au diacre Hilaire (engagé dans le schisme luciférien) comme étant du clergé de Rome; mais l'attribution du commentaire à cet Hilaire n’est pas certaine; el

l'on à tout l'air de ne trouver si sagaces les vues de ce problémati-.

que diacre sur les origines de son église que parce qu'on peut les accommoder au système préconçu.

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2. Rom. XV, 25 : vuvi G mopebouar eis ’Insovoakñu. La portée de ce présent, si précieux pour indiquer le moment où il écrit la lettre, est perdue dans la traduction latine : Nunc igitur proficiscar in Ierusalem.

chaudement aux fidèles de Rome (Rom., XVI, 1-2); d'Église à Église, de la capitale de l’Achaïe, de la Macédoine ou de l’Asie à la capitale de l'empire, devançant nos réseaux de communication rapide, par les lettres apostoliques un courant nouveau de charité circule à travers le monde.

Saint Paul passa de nouveau par la Macédoine; « après les Jours des Azymes, » il quittait Philippes (Act. XX, 6). De Néapolis, « sur la côte d’Europe, » à Troade, « sur la côte d'Asie, » la traversée fut lente !; et le long de l’Asie on n’avança pas avec plus de rapidité. Désirant se trouver à Jérusalem pour la Pentecôte (Act. XX, 16), saint Paul ne put s'arrêter à Éphèse et visiter son Église; il profita d'une relâche à Milet pour en faire venir les Anciens. Arriva-t-il à Jérusalem pour la fête? c est probable. Nous savons quel accueil il recut de Saint Jacques et des Anciens et quelle conduite il dut tenir pour dissiper les préventions répandues

| contre lui, S'il réussit par un bel acte d’humilité à | calmer les alarmes des frères de Jérusalem, rien | nempêcha la colère des Juifs incroyants de se déchainer contre lui : seule la puissance romaine fut

capable de le mettre à l'abri des mauvais coups.

| Les « faux frères » eurent-ils quelque part aux

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