‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 87 sur 109 · Prolegomena eines neues hebraisch-aramaischen Wôürter · texte numérisé non relu

Prolegomena eines neues hebraisch-aramaischen Wôürter

buchs zum À. T... Leipzig 1886.

cherches permettent de le décrire. On le divise en deux branches, celle du Sud et celle du Nord. Dans la première, on trouve un plus grand nombre de nuances dans la prononciation des consonnes ; Les formes pleines et les sons voyelles s’y sont mieux conservés; la formation de ce qu’on appelle les pluriels brisés, c’est-à-dire par une modification à l’intérieur du mot, est encore un trait distinctif.

Daos cette branche, la langue la plus connue, la plus répandue, est l'arabe, autrefois un des dialectes parlés par les tribus du nord et du centre de la péninsule arabique, devenu prépondérant par suite de la conquête musulmane, aujourd’hui encore la plus vivante des langues sémitiques, quoique différant de l'arabe primitif et littéraire et présentant de notables variations suivant les nombreux pays où elle est parlée.

Au sud de la péninsule, Les inscriptions des Himjarites, particulièrement étudiées par un savant français, M. J. Halévy, et celles des Sabéens, ont révélé l'existence d’un autre rameau de dialectes se rattachant à la branche du sud. Un troisième rameau est formé par l’éfhiopien ou plus exactement le géez, porté sur la côte orientale de l’Afrique par des tribus sémitiques venues du sud de la péninsule arabique. Si, au point de vue de la grammaire hébraïque, l’arabe est de toute cette branche la langue la plus importante à étudier, l’é-

thiopien, par ses monuments littéraires, intéresse davantage les études bibliques et ecclésiastiques. Il possède une très ancienne version de la Bible, dont la polyglotte de Walton a donné le Nouveau Testament, et dont Dillmann a commencé la publication de l’Ancien!. De plus, la liturgie et les monuments ecclésiastiques de l’Église abyssine mériteraient d'être étudiés de plus près. Une grammaire élémentaire de la langue éthiopienne vient de paraitre. Écrite avec compétence par F. Prætorius?, munie d’une chrestomathie et d’un glossaire, elle ouvre la voie pour aborder les travaux plus considérables de Dillmann. L’éthiopien se survit dans deux rejetons collatéraux, le T?gré et Le Tigrind, encore parlés en Abyssinie.

La seconde branche renferme des rameaux plus touffus, quoique morts aujourd'hui pour la plupart ou ne laissant que des rejctons insignifiants. C'est d’abord le rameau que lon peut appeler palestinien, en prenant le nom de Palestine dans le sens large qu’il n’a eu qu’à une époque récente. À ce rameau appartient l’hébreu. À côté de lui se trouvent, plus rapprochées que de toute autre, la langue des inscriptions phéniciennes et celle de la stèle moabite de Mésa. La langue des inscriptions

1. Biblia V. T. aethiopica, t. I. Octateuchus.… Leipzig, 1853- 1855, 2, Grammalica aethiopica... Karlsruhe, 1886.

hethéennes pourrait aussi appartenir à ce rameau; on commence à le soupçonner, mais le déchiffrement est encore trop peu avancé pour permettre de se prononcer. À l’hébreu ancien se rattache le néo-hébreu de la Mishnd, de la Gemar de Jérusalem et des écrits rabbiniques. Par rapport à l’hébreu vivant et parlé des textes bibliques, il est chez les uns ce qu'est le latin scolastique du moyen âge, chez les autres ce qu'est le latin d'imitation classique par rapport au latin ancien.

L'araméen avec ses variétés forme le second rameau, qui se bifurque en rameau occidental et ra-

meau oriental, ainsi nommés sinon d'après leur.

position géographique primitive, au moins d’après la position qu’ils occupent à l’époque des monuments qui nous restent. Les variétés de l’araméen occidental ont laissé des monuments littéraires : 4° dans l’araméen biblique (parties de Daniel et d’Esdras), à tort nommé chaldéen, et dans ces livres eux-mêmes appelé araméen (aramith) ; 2° dans les Tarqumim ou traductions populaires de la Bible, à l'usage du peuple juif, quand il cessa d'entendre la langue sacrée; 3° dans le samaritain. qui a conservé une écriture spéciale directement dérivée de l’ancien type d'écriture chananéo-hébraïque. Non seulement nous possédons transcrit avec ces caractères le Pentateuque hébreu, mais

encore en dialecte samaritain une version de ce

livre et aussi de nombreux fragments liturgiques, prières et cantiques!.

Les inscriptions de Palmyre et celles des Nabathéens dans le Hauran et à Pétra nous ont aussi conservé deux autres dialectes de l’araméen occidental.

Le rameau araméen oriental comprend avant tout le dialecte d’Édesse, que l’école chrétienne de cette ville, à parür surtout du quatrième siècle de notre ère, a rendu prépondérant et a répandu par sa riche littérature : c'est le syraque qui a, lui aussi, ses variétés dans la prononciation et l'écriture différentes des occidentaux (maronites, jacobites) et des orientaux (nestoriens). La littérature syriaque intéresse hautement l’histoire ecclésiastique, les études exégétiques, la théologie. Aussi le syriaque est-1l depuis longtemps une des langues sémitiques le plus étudiées, et son système grammatical présente avec l’hébreu d'importants rapprochements. Parmi ceux qui, de nos jours, l'ont spécialement cultivé en France, M. l'abbé Martin, professeur à l’Institut catholique de Paris, a composé divers travaux sur des points particuliers de paléographie et de grammaire, publié des textes inédits et rédigé une bonne grammaire élémentaire. Le Traité de qrammaire syriaque de M. Rubens Duval (Paris, 1881)

1. Cfr. la 4 livraison de la Bibliotheca Samaritana, de M. Heidenheim : Die samaritan. Liturgie.. Lpz, 1888.

est le travail le plus considérable qui, en France, touche à la grammaire comparée des langues sémitiques, spécialement à la phonétique.

Des dialectes appartenant à l’araméen oriental se sont développés d’un façon indépendante, et portés par des tribus araméennes dans la Babylonie, y ont donné naissance aux dialectes que nous ont conservés la Gemard de Babylone et Les écrits religieux des Mandéens. Enfin, des dialectes araméens sont encore parlés par les chrétiens nestoriens de Urmia par des tribus fixées sur le Haut-Tigre et par quelques autres aux environs de Mossoul.

La branche du Nord compte, en troisième lieu, la langue assyro-babvlonienne des inscriptions cunéiformes, la plus jeune dans l’ordre de nos connaissances, la plus ancienne par les monuments qui nous en restent, et à certains points de vue la plus précieuse pour la philologie comparée, parce que les monuments nous arrivent directement et pour la plupart sans transmission littéraire. Ici, pour la découverte, le déchiffrement, les études grammaticales, la France se trouve honorablement représentée : les noms de Botta, de Sauley, Oppert, Ménant, Lenormant, à des titres divers, méritent d’être rappelés, et ce ne sont que les principaux!. L’effort que l’on a dû faire pour interpréter ces inscriptions et chercher dans les langues de la même

1. À côté des travailleurs de la première heure qui ont frayé la |

famille des points de comparaison a déterminé en France un mouvement d'étude plus accentué dans toutes les branches de la philologie sémitique. On reconnait aujourd’hui non seulement que l’assyrobabylonien est une langue sémitique, — ce qui pendant quelque temps fut d’abord contesté, — mais encore qu’il appartient dans la famille sémitique au même groupe que l’araméen et l’hébreu, et encore qu’il a plus de parenté avec l’hébreu qu'avec l’araméen. On voit par là quel profit peut retirer de ce côté la grammaire hébraïque. Ce n’est pas seulement par l’histoire, les mœurs et les croyances que l’étude de ces inscriptions intéresse les choses de la Bible; elle intéresse aussi sa langue et peut amener une rénovation du commentaire verbal. Les Prolégomènes de Delitzsch, déjà cités, nous promettent pour la lexicographie une ample moisson qui autorise la revision du dictionnaire hébreu, mème après lestravaux de GésémusetdeFürst.

Résumons-nous. L'application des connaissances de philologie générale, la comparaison méthodique des formes actuelles, les rapprochements avec les langues de même famille, tels sont les procédés mis en œuvre par l’école moderne pour la voie et parmi lesquels Oppert est au premier rang, il faut signaler ceux qui, par leurs travaux d'apparence plus modeste, savent organiser la conquête, passent au crible les premières conclusions et

donnent aux interprétations une base plus solide, comme MM. Pognon, J. Halévy, Amiaud et le regretté S. Guyard.

construction de la grammaire hébraïque : elle les emploie simultanément; ils se contrôlent et se complètent; ce que l’un suggère l’autre le confirme, et réciproquement.

Grâce à ces moyens judicieusement employés, on peut déterminer avec certitude ou seulement probabilité suivant les cas, non pas quand et où pour la première fois telle ou telle forme a fait son apparition, mais d'après quel développement et dans quelle succession l’une est sortie de l’autre, et en recueillant les résultats obtenus, on formerait des Éléments de grammaire hébraïque suivant la méthode historique et comparative.

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