JwLmal des Débals, 8 et 9 Jaiilet
L IMPÉRATRICE PAUSTINE. 171
les témoigiiages de ce genre sont favorables à Faustine. Harc-Aurèle, en une pareille question, a bien le droit d'être écouté. Sa correspondance avec Fronton, le beau passage des Pensées où il parle de son épouse, valent l'autorité de tous les écrivains de Y Histoire Auguste ensemble. Pour moi, je suis porté à croire qu'il y a là une de ces calomnies mises en circulation par la malveillance de quelques-uns, accueillies avidement par la légèreté de tous. D Discutant alors le fait de la complicité de Faustine dans la révolte d*Avidius Cassius, notre savant confrère me montra par de lumineux rapprochements combien , depuis TlUemont jusqu'à Borghesi et M. Noël des Vergers, la critique a été injuste pour Faustine^ en repoussant d'importantes pièces justificatives, dont les dernières découvertes de Tépigraphie prouvent Tauthenticilé. En attendant le jour où M. Léon Renier traitera le sujet avec l'autorité qui n'appartient qu'à lui, on a voulu réunir ici quelques-unes des considérations qui commandent au moins d'apporter beaucoup de réserve dans un procès historique où les témoins à chargé ont été admis d'emblée comme croyables, et où les témoins à décharge ont été mal écoutés ou repoussés sur d'injustes préventions.
Nous n'avons pas d'histoire contemporaine de Marc- Aurèle. Marins Maximus et Dion Cassius, les plus anciens historiens qui ont traité de son règne, lui sont postérieurs d'une génération. L'ouvrage de Marins Maximus
est perdu, et on ne peut assez le regretter ^. Marius Maximus devait avoir vu de près les ministres et les lieutenants de M aroAurële. Il était très-défavorable à Faustine *. Il croyait à sa complicité dans la révolte d'Avidius Cassius. Malgré les critiques que les anciens ont adressées à l'histoire de Marius Maximus *, c'est là une autorité sérieuse. Nous entrevoyons déjà clairemeut que Faustine eut dans Tentourage immédiat de son mari d'ai*dents ennemis.
Dion Cassius écrivit dans des conditions analogues à celles de Marius Maximus. Il avait connu des familiers de Marc-Aurèle *, et il a pour cet empereur une admiration sans bornes *. Il lui reproche seulement d'avoir eu trop d'indulgence pour les fautes {à\LaLpxii\iaxa) d'autrui^ surtout de sa femme*, et de n'avoir jamais su ni rechercher ni punir ce qui se faisait de mal autour de lui. Il affirme qu'Avidius Cassius se révolta, a trompé par Faustine d ^. A l'en croire, Faustine, persuadée que Marc-Aurèle était près de mourir, voyant d'ailleurs Commode très-jeune et peu doué du c6té de l'intelligence, voulut s'assurer l'avenir. Par un message secret, elle aurait invité Avidius Cassius à se faire proclamer, dès qu'il apprendrait la mort de l'empereur. En cas de succès, elle lui promet-
1. Voir le mémoire de Borghesi sur Marius Maximus. OEuvreM compWet, U V, p. 455 et suiy.
2. Vulcatius Gallicanus, Vie d'Avidius Cassius, 9. Marius haïssait Commode et fit des rers contre lui. Lampride, Commode, 13.
3. Marius Maximus, homo omnium verbosissimus, qui et mythistoricis se voluminibus implicavit. (Vopiscus, Firmus 1.)
h Twv ffiiyY£V0|iiv(ov aùx^ {xouoa. (LXXI,83.) — û; ifw oaviôc {xouTO. [Ibid,] Cf. LXXII, 4.