‹ Mélanges d'histoire et de voyagesChapitre 24 sur 74 · EXAMEN DE QUELQUES FAITS · texte numérisé non relu

EXAMEN DE QUELQUES FAITS

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FBMME DE MÀHC-AURÈLE Jau dMu la téOÊMô ^mblique annuelU de» cttif Académ%ti, le 14 août 4807,

Pour prouver que l'empereur Maro-Aurèle poussa quelquefois la bonté jusqu'à la faiblc&se, on a coutume d'alléguer rindulgence excessive dont iî aurait fait preuve envers une épouse tout à fait indigne de lui. L'histoire semble avoir prononcé une sentence définitive sur le compte de Faustine. Il est reçu que, joignant l'ambition d'une Agrippine aux débauches d'une Messaline, non contente de déshonorer son mari, elle le trahit, noua des intelligences avec ses ennemis, négocia de sa mort éventuelle, remplit Rome et les provinces du scandale de ses mauvaises mœurs, empoisonna peut-être son gendre Vérus. La noble attitude de Maro-Aurèlo, jetant au feu les

lettres « qui auraient pu le forcer de haïr malgré lui *■ », a été généralement interprétée comme un effet de la résolution qu*il avait prise de ne rien voir, pour ne point sortir de son inaltérable douceur. Il y a quelques années, m'occupant de Marc-Aurèle, j'adoptai cette opinion à la suite de l'unanimité des critiques *. Quelques jours après, une conversation que j*eus ici même avec l'homme de notre temps qui connaît le mieux l'histoire de Tempire romain, M. Léon Renier, me fit douter si la mauvaise réputation de Faustine n*est pas du nombre de ces injustices qui forment trop souvent le fond de ce que nous croyons savoir du passé.

« Prenez garde, me dit notre savant confrère, à Tinsuffisance des historiens de l'époque des Antonins. Accordons (ce qui n'est pas) que tous les auteurs grecs et latins qui ont parlé de Faustine soient d'accord pour la llotrir ; vous savez par quelle étrange destinée le meilleur siècle de l'histoire ne nous est connu que par de trèsmédiocres récits. A partir du moment où Tacite et Suétone nous manquent, nous n'avons plus que Dion Cassius, misérablement tronqué par Xiphilin, et ces pauvres historiens de VHistoire Auguste^ si mal informés, si crédules, écrivant souvent à une distance de plus d'un siècle des événements, recueillant des anecdotes comme des vérités. Les monuments, les inscriptions, les écrits qui n'ont pas la prétention d'être historiques, sont de bien meilleures sources pour les temps dont il s'agit. Or

1. "Iva p.r| xat Sxcov àvayxaffOî) iiio^o-at Tiva. (Dion Cassios,

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