Capitolin, Ant, PhU
n'ignora rien; il connut la conduite de la première Faustine, et, selon la belle expression de son biographe, cum animi dolore compressit *. Chez Marc-Aurèle , pas une traco de ce refoulement douloureux. Faustine resta toujours « sa très-bonne et très-fîdèle épouse ». A sa mort, il manifesta une douleur profonde; il écrivit au sénat pour demander la grâce des complices d'Avidius comme Tunique consolation qui, dans un tel malheur, pût le rattaclier à la vie*. Le sénat décerna à Timpéralrice défunte des honneurs inusités. Un autel lui fut élevé, sur lequel tous les nouveaux mariés de Rome venaient offrir un sacrifice. Au théâtre, dès que l'empereur paraissait, on roulait dans la loge impériale, à la place où l'impératrice avait coutume de se mettre, une statue d'or de Faustine assise dans un fauteuil, pour que les yeux de Tempereur fussent consolés par la seule image qui avait adouci l'austérité de sa vie; Tes plus nobles dames de Rome venaient se placer à côté de reffi^âe de leur souveraine et en quelque sorte lui renouveler leur cour. L'empereur félicita et remercia le sénat de ces décrets. Or le sénat, sous Marc-Aurèle, avait retrouvé toute sa dignité et toute son indépendance. Rappelons -nous, d'ailleurs, que ces témoignages d'affection venaient de l'homme que Adrien regardait comme si mcapable de mentir, qu'il changea son nom de Verus en celui de Verissimus, Cn des traits du caractère de Marc-Aurèle, dira-t-on, était une indulgence extrême, une façon de
1. Jules Capftolin, Vie dCAnU te Pieux, 3. Comparez Spartion. Vie de Sepl. Sév., 1«.