Vie d'Avid
2. Hist. des Emp., t. II, note 19 sur le règne de Marc-Aurèle.
par les inscriptions que les circonstances de temps y sont aussi défectueuses que les circonstances de lieu ^ L'opinion universelle plaçait la révolte d'Avidius en Tan 475. Fadilla est appelée dans une des lettres en question puella virgo; or, selon Borghesi, Fadilla était mariée avant iTd, Et nierait-on cela, dit Borghesi, il reste toujours que, dans les lettres dont il s'agit, Marc-Aurèle et Faustine n'ont qu'un gendre, Pompéien. Or Tépigraphie établit avec certitude qu'en Tan 173 Marc-Aurèle avait au moins deux gendres, Pompéien et Claudius Sévérus. — Autre raisonnement : Marc-Aurèle, dans une des lettres suspectes, annonce qu'il fera Pompéien consul de l'année suivante. L'année de la révolte étant 478, Pompéien aurait donc été consul Tan 176. Or il n'en est rien. Pompéien fut consul Tan 173. En d'autres termes, pour satisfaire aux exigences des textes épigraphiques, il faudrait que la révolte eût eu lieu au plus tard en 173. Voilà qui paraissait décisif. Eh bien, il résulte de découvertes postérieures que ces deux raisonnements reposent sur une base erronée. Tous deux supposent que la révolte d'Avidius eut lieu en l'an 178 ; or notre savant confrère M. W.-H. Waddington a découvert dans le Hauran cinq inscriptions monumentales gravées sous l'administration d'Avidius Cassius et datées des années 168, 169, 170, 171*. La durée des fonctions de légat dans les provinces consulaires était de cinq ans. Avidius, en 172, était donc à la fin de son gouvernement et comme acculé à la révolte. Il est infiniment probable que sa révolte
1 CRuvres complètes^ publiées par ordre île t'empereur Napoléon III, l. V, p. hU et suiv.
2. Dans les Œuvres de Borghesi, endroit cité, p. 437-438, noie.
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eut lieu celte année-la. Or c'était justement Tannée qu'il fallait pour justifier les lettres citées par Vulcatius*.
L'examen intrlnst^que de ces lettres nous paraît aussi écarter tout à fait l'idée d'une fraude. Une seule intention pourrait les avoir fait supposer : le désir de prépan^r des pit'ces justificatives à l'innocence de Faustine. Mais alors coniniont expliquer les erreurs de faits et de lieux qu'on croit y trouver ? Le faussaire n'aurait-il pas eu le bon sens d'éviter d'y mettre des impossibilités historiques, vraiment énormes dans l'hypothèse de nos adversaires? 11 est absolument inadmissible qu'on ait fabriqué les pièces en question du vivant de l'impératrice. 11 s'écoula très-peu de temps entre la révolte d'Avidius et la fin de Faustine. Les soupçons contre cette dernière ne se pn>duisirent qu'après sa mort. Après la mort de Faustine, on conçoit encore moins la fabrication de pareilles pièces. La mémoire de Faustine ne garda pas de défenseurs. Ajoutons que la lettre de Marc-Aurèle au sénat, également conservée par Vulcalius *, n'est pas attaquée; or cette lettre présente, en ce qui concenie Pompéien, une particularité concordant tout à fait avec les lettres soupçonnées. M. Boi^hesi est obligé, pour échapper à cette difficulté, de recourir aux hypothèses les moins naturelles '. Nous croyons donc que le consciencieux Tillemont a été, sur ce point, entraîné dans
1. On obtient ainsi one suite de faits excellente : Commencement de 169, mort de Lucius Vérus; — fin de 169, Lncîlle épouse Pompêieu; — 17i, révolte d'Avidius et mort de Faustine; — 173, mariage de Cl. Sévérus avec Padilla, consulat de Pompéien et de Cl. SéTérus.