‹ Mélanges d'histoire et de voyagesChapitre 38 sur 74 · CapitoUn, Vertu Imp · texte numérisé non relu

CapitoUn, Vertu Imp

par jalousie contre Fabia; selon d'autres, pour sauver son mari, que Yérus^ dit -on, voulait faire assassiner* La calomnie ne se croit jamais obligée de se mettre d'accord avec elle-même. Faustine, qui tout à l'heure complotait contre son époux, se fait maintenant empoisonneuse par dévouement conjugal. La mort de Vérus donna liea à tnille suppositions, plus absurdes les unes que les autres*. H faut se rappeler que Rome était une ville d'une extrême imm(»ralité; tous les mauvais bruits y trouvaient créance. L'imagination des nouvellistes ne rêvait que des crimes; on ne pouvait admettre qu'une femme fût hoa^ nête, ni qu'un homme important mourût de sa belle mort. Ces commérages passaient dans rhistoire,e^ même quand ils étaient absurdes, il en restait quelque chose.

Que dire des débauches honteuses dont la yoix publique accusa la fille d'Àntonin, la femme de Harc-^Aurèle? Ici la calomnie est facile, car la réfutation est impossible. Dans ces récits pourtant, que d'élourderie, que de légèreté! Le mot sur la restitution de la dot, prêté à Marc- Aurèle, n'a été ni dit ni pensé par cet homme excellent, si dégagé de toute vue intéressée, totalement dénué de ce qu'on appelle de l'esprit. Il n'est pas exact que Harc- Aurèle dût l'empire à son mariage avec Faustine ; il le devait au libre choix d'Adrien. Rappelé un jour par quelque mauvais plaisant*, le mot en question aura fait fortune dans Rome, et, le lendemain, (ainsi s'écrit l'histoire) aura été répété comme tenu par l'empereur. L'anecdote dé Facteur se livrant en plein théâtre à une allusion inju» rieuse, bien vite saisie, peut-être créée par le public,

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