CORRESPONDANCE. XCI
Tainé et lui subordonnent ses deux frères, et cela e^t vrai sans doute, puisque les Romains ne parlent que de Gundicarius, comme chef de la nation. Je pense que dans la Loi Gombette il est nommé le dernier, parce que les deux autres ne laissèrent point de postérité, et parce que Gundahar était le père de son successeur Gundioch. Le premier périt par les Huns avec 20,000 Bourguignons, en 436; voyez Idatius. C'est là le sujet de la catastrophe des Nibelungs. Prosper dit qu*il périt avec sa race. Notre poème fournit encore une très-bonne explication de cela. Gundahar alla avec ses frères et Télite de ses troupes vers la résidence d'Attila, dans des intentions amicales ; il y éclata une querelle sanglante, dans laquelle les Bourguignons succombèrent après la résistance la plus valeureuse. Mais il avait laissé chez lui un fils en bas âge qui pouvait propager la race royale.
L'Art de vérifier les dates a parfaitement raison. Le récit de Mallet ne se fonde que sur un passage de VHvttoria miscella , qu'on ne saurait opposer aux témoignages formels de Prosper et d'idatius. Dans la fameuse campagne d'Attila en 451, les Bourguignons ne combattirent pas contre Attila, quoi qu'en dise Jornandès ; Sidoine, qui était contemporain, les range parmi ses alliés.
J'oubliais un passage du poème latin de Waltfmrius v. 115.
fnlereà Gibicho defangitur, ipsequc rcgno GutUhariiu succeasil.
Ce poème me semble avoir été écrit dans le neuvième siècle d'après un original allemand.
Vous voyez que, quand on touche à un point de mes recherches, je prends le mors aux dents et il n'y a plus moyen de m'nrrèter. N'existe-t-il aucun livre dans lequel l'histoire si obscure de ce premier royaume des Bourguignons soit traitée à fond ? Je crois qu'aucun passage des historiens ne m'a échappé, mais je n'ai pas encore compulsé en entier le texte de la Loi Gombette, ni les actes des conciles de ces pays-ci , pour voir si l'on y trouve quelques lumières.
Madame de Staël vous sera très-reconnaissante. Le temps est si beau que vous devriez bien venir passer un jour ici.
Mille amitiés,
SCHLEGEL
Coppet, le iVjuin i816.
Il y a un temps inlini. Monsieur, que je n*ai pas ou le plaisir de vou;» voir et de causer avec vous. L'année dernière, l'ennemi nous coupa bien-