‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 2)Chapitre 34 sur 91 · CXXIV CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CXXIV CORRESPONDANCE

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Rome, 40 janvier 1818, Monsieur,

C'est avec une vérit^le contrition que je dis %nea cidpa, mea maonma cidpa pour avoir différé si longtemps à répondre à l'obligeante lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et qui me fut remise par le général Macauly, il y a plus d'un mois. Je vous ai une véritable obligation, Monsieur, de m'avoir fait connaître ce savant militaire qui sait le persan beaucoup mieux que moi, et qui, de plus, connaît le sanscrit, où je n'entends goutte. C'est bien notre ami Schlegel, et non pas moi, pauvre ignorant, qui méritait de connaître M. Macauly. Cependant je me proposais de profiter de son séjour ici, pour puiser dans sa conversation mille notions intéressantes, mais malheureusement il a jugé à propos d'aUer à Naples, et ce ne sera qu'à son retour que je pourrai jouir de ce plaisir, si toutefois il veut nous accorder quelques jours de son temps qui, à co qu'il m'a dit, est fort circonscrit

Depuis longtemps je n'ai pas eu de nouvelles de M. Schlegel. Dans sa dernière lettre, il m'avait mandé qu'il préparait une dissertation latine (?) sur la langue sanscritane, à quoi je lui répondis qu'à mon avis il ferait mieux d'écrire sa dissertation en latin. Je ne sais si ce conseil ne lui aura peut-être déplu.

La découverte des firagments d'Ulphilas est sûrement d'un grand intérêt pour les amateurs de la littérature hyperboréenne. L'abbé Mai lui-même va les publier, à ce qu'on dit, et j'admire son courage d'entreprendre l'étude d'une langue, assez facile à la vérité pour ceux qui connaissent les dialectes teutoniques anciens et modernes, mais très-difficile pour un Italien. Je voudrais qu'il se contentât de nous donner le texte seul, mais ce brave homme n'est jamais content s'il ne nous régale de versions, notes, commentaires, enfin de gros volumes assez chers. C'est là notre manie dans ce pays, et j'ai pris la liberté d'en dire un mot dans im chiffon dont j'eus, je crois, l'honneur de vous faire hommage l'an passé, lorsque vous étiez à Rome.

Ici la httératurc repose. Le bibliothécaire du Vatican, Mgr Baldi, a publié, il y a quelque temps, un volume in-4*, pour prouver qu'une parole hébraïque (13) n'est plus, ce qu'on a cru jusqu'à présent, ime simple particule, mais un substantif qui signifie croù; moyennant quoi il découvre des prophéties merveilleuses qui ont échappé jusqu'à présent à la sagacité de tous Icb interprètes de la Bible. J'avais prédit à ce pauvre homme, qui est peu versé dans l'hébreu, que son ouvrage serait maltraité par les critiques, ce qui est ar-

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