‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 2)Chapitre 4 sur 91 · LETTRES DE GUILLAUME SCHLEGEL · texte numérisé non relu

LETTRES DE GUILLAUME SCHLEGEL

Coppety le 30 novembre 1807.

J*ai bien des regrets de ce que le mauvais temps m'a retenu hier chez moi. Monsieur ; je comptais vous faire mes adieux à Genève. Je vous fais mille remerciements des notes que vous m* avez envoyées. Vous êtes à vous seul r Académie des Inscriptions tout entière.

Quant au tombeau de Pallas , vous m'avez mis sur la voie ; il faudra consulter les historiens contemporains de Henri III et de Frédéric I^i*. Malheureusement la vie du dernier, par Otton de Frisingue, ne va pas aussi loin, si je me rappelle bien. Helinandus est un peu postérieur à mon poëte ; il me semble qu'on voit déjà dans ce dernier l'exagération fabuleuse.

Je crains que M. Weiss ne soit déjà parti de Genève ; je ne lui envoie donc pas votre feuille, de peur qu'elle ne s'égare *. Je la prendrai avec moi pour la montrer aux physiciens allemands, surtout à M. Ritter, à Munich, qui s'est beaucoup occupé de l'électricité. Un célèbre théologien, Michaelis, s'est attaché à prouver que le temple de Salomon était construit de manière à ce qu'il y eût un paratonnerre. Vous concevez bien que je ne serais pas fâché, pour mon petit système d'histoire universelle , de voir constater par beaucoup d'exemples que des profondes connaissimces en physique sont de la plus haute antiquité , et que souvent nous ne faisons que retrouver quand nous croyons découvrir.

Vos objections contre la leçon ou conjecture de Bentley sont remai*quablés ; toutes vos notes jettent un grand jour sur l'hypothèse de Monti, et je les lui communiquerai *.

1 \\ s'agit d'une note que Pavre avait rédigée sur les connaissances que l'on attribue aux Etrusques dans Tart de diriger la foudre. - Éd. â Voyez page xxn de la Notice. — Éd.

LXVI COimESPOiNDANCE.

J'espère vous Irouvor en honne santé le printemps prochain , et je m«^ propose (le profiler bien de vos connaissances et de votre bibliothèque.

Tout à vous ,

SCHLEGEL

Vou«lrie2- vous vous charger de remettre les trois volumes espaj^nols cijoints à M. Gayla quand il reviendra. Il les a oubliés dernièrement ici.

Coppet, SS juillet 1808.

J'ai été désolé. Monsieur, d'apprendre dernièrement trop tard que vous étiez à Coppet, et de manquer ainsi le plaisir de vous revoir. Votre obligeante lettre m'est parvenue, mais nombre de jours après sa date, avec les exemplaires de votre lettre sur Catulle , dont je vous fais mille remerciements. Quoique j'en connusse déjà une partie, j'ai relu le tout avec un grand intérêt, et j'espère que nous trouverons l'occasion d'en causer. Vous devriez entreprendre quelque ouvrage de longue haleine, puisque vous avez le goût de ces connaissances, les moyens et le loisir.

J'ai communiqué à plusieurs physiciens d'Allemagne vos notes sur les découvertes des Etrusques en fait d'électricité ; ils ont été pleinement convaincus de vos ingénieuses inductions. M. Schelling à Munich, entre autres, l'un de nos plus célèbres écrivains, en a pris copie pour en tirer parti et vous citer dans l'occasion.

Pourriez-vous bien me prêter quelque bonne édition d'Euripide et l'Aristophane de Kuster? Vous m'obligeriez beaucoup en envoyant ces livres chez Paschoud, où je les ferai prendre.

Agréez les assurances de la haute estime avec laifuelle je suis

Votre très-humble serviteur,

A. \V. SCHLEGEL

Coppet, ce 9 août 4808.

Après la complaisance que vous avez eue dernièrement, Monsieur, de m'apporter vous-même Aristophane cl Euripide, vous me trouverez importun de

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