LXX CORRESPONDANCE
phanc la rappolleen plusieui^s endroits (Acharn. v. 501-630. — Voy. Schol. Aristoph. Acharn. v. 377).
Celte pièce fut en partie cause de la loi qui défendit aux poètes d'insulter aucun magistrat {Schol. Nub, v. 31). Sam. Petit (Leg. Attic, p. 151) place cette loi, Olymp. Lxxxix, 1. Elle était déjà en vigueur sous Farchonte Aminias, Olymp. Lxxxix, 2 {Schol. ad Nubes, v. 31).
Les Acharnes furent joués 01. Lxxxviu, 3. Le poète y maltraite Antiniachus qui Tavait mal régalé à certaine fête (Acharn. v. 1149 et seq. et Schol.). Antimachus avait voulu faire passer une loi contre la licence des comiques (01. Lxxxv, 1), mais il ne put la faire sanctionner, et elle fut rejetée, 01. LXXXV, 4 {Schol. ad Acham. v. 67).
Athènes ayant été prise, et les Lacédèmoniens ayant établi les trente tyrans (01. xciv, 1), Antimachus fit passer son projet de loi {Schol. ad Acharn. V. 1149). Platonius le grammairien dit: « Dès qu'on eut établi à Athènes le gouvernement oligarchique, les poètes devinrent plus timides. »
C'est dans ce temps que Ton porta la loi : Mx Kcouft^^iïv i\ âvof^ircç.
Petit (Leg. Attic. p. 152) place cette loi dans TOI. xcvii ; il le prouve en remarquant que les 'ExxXr.aix^&uoixt, où il y a des personnes nommées, furent représentées 01. xcvi, 4, et que le second Plutus, qui se ressent de la nouvelle loi, est de 01. xcv», 4.
49 février 1809.
Après avoir laissé un intervalle de repos à votre belle bibliothèque, Monsieur, je reviens à vous faire de nouvelles demandes.
Pourriez-vous me prêter :
La littérature latine de Fabricius, édition de Harles ?
Les fragments des Mimes de Syrus et de Laberius ? (]onnaissez-vous quelque dissertation sur les Atellanes et les Mimes romains? Je souhaiterais au moins avoir le volume de Tite-Live où se trouve le passage concernant l'origine des fables atellanes.
Poiuriez-vous m'indiquer les passages des anciens qui font entrevoir une analogie entre leurs bouffons et les masques italiens d'aujourd'hui? par exemple, sur le rôle de Sannio , etc.?
Entin, je souhaite avoir les Épilres du Pont et les Tristes d'Ovide pour y trouver ce qu'il a dit de Médée.
Voici le Mithridate d'Adelung que j'avais oubhé de vous envoyer.
Mille (tardons de ni(>8 iinportunités.
Samedi mutin
ScilLEfiEL.
CORRESPONDANCE . LXXl
Coppe! , i spptembre 4809.
Voici ma réponse à M. Weber'. Ce sonl uniquement vos exhortations. Monsieur, qui me l'ont fait écrire. Je vous prie donc de la lire d'abord à loisir, et de me dire si vous en êtes un peu content. J'aurai sans doute pu mieux faire avec le secours de votre bibliothèque. J'ai absolument manqué de livres; je n'ai pas même eu Bailly.
Gomme M. Weber a redemandé sa lettre, je vous la renvoie également, de même que le pauvre traité de Schlegelius.
Je vous serais infiniment obligé si vous vouUez procurer à ma réponse le même degré de publicité qu'a eu la lettre de M. Weber, lue dans une société assez nombreuse. Je souhaite que les savants de Genève, surtout M. Prévost, la lisent ou Tentendent lire. Vous avez plein pouvoir de disposer à cet égard de mon manuscrit comme bon vous semblera. Puisque M. Weber a rendu sa lettre à peu près publique avant de me la remettre, il n'est pas nécessaire qu'il soit le premier à la Ure. Il a parlé à Gharianthes d'envoyer la sienne à M. Koraï; dans ce cas-là j'enverrais aussi ma réponse ; je suis un peu en relation avec cet admirable critique. Ayez la bonté de vous informer si M. Weber exécute ce projet, et de redemander alors la copie de ma lettre que je vous envoie.
Je suis bien résolu de ne plus répondre, si M. Weber veut me réfuter de nouveau. En voilà bien assez ; on passerait sa vie à éplucher deux vers d'Homère ; d'ailleurs, je me flatte d'avoir coulé à fond cette question.
J'ai encore une conjecture sur ce passage homérique , mais que je me garderai bien de dire à mon antagoniste, et que je vous communiquerai seulement en confidence.
Avez-vous vu M. Mustoxidi , Grec des Sept-Iles , très-savant et très-cultivé ? Malheureusement il est reparti tout de suite pour l'Italie, autrement je ne l'aurais pas récusé pour juge dans cette dispute.
Il y a bien longtemps que vous ne nous avez donné aucun signe de vie. J'espère que la santé de Madame votre mère vous permettra bientôt de venir à Goppet.
Au plaisir de vous revoir ici ou à Genève.
Tout à vous,
SCULEGEL.
\ Alors professeur de grec & l'Académie de Genève. Nous ignorons le sujet de celte discussion hllérairc. — Éd.
LXKII CORRESPOND ANCB.
Je vous renverrai, ou en même temps avec ce paquet ou par la preniiér« occasion, l'Odyssée avec le conunentaire d'Ëustathe que j*ai eu de la bibliothèque. Ayez la bonté de me faire avoir en revanche Schilter, Thesaur, Antiquit, Teulonic. t. III.
Je vous i^envoie , onsieur, avec beaucoup de remerciements , vos notes sur rbistoire d'Attila, Pigna et le volume du Themuriu de fiurmann.
Voici mes nouvelles importunités :
Je voudrais avoir une biographie de saint Annon, archevêque de Cologne du temps de Tempereur Henri IV, qui contint Tépoque où il a été canonisé, celle des premiers miracles attribués à ses restes, etc. C'est pour conclure de là la date d'un fort anden poème allemand en son honneur, qui est inséré dans le Thésaurus de Schilter.
Bûsching, les volumes où il traite de la géographie de l'Autinche , de la Hongrie et des pays riverains du Rhin.
Ottonis Frisingensis Chronkon.
Aventinus, Annales Bojorum.
Je vous renverrai les autres in-fol. que j'ai encore au fur et à mesure.
Je trouve dans Palladius , qu'Aventin cite , un poëme héroïque en l'honneur d'Attila. C'est probablement le même que vous connaissez de Walthario (Thésaurus Pallad. Comment, AquiL p. 129).
Tout à vous,
SCHLEGEL
vm
Viro muni/icefUissimOf Fabro-Caelaviano juniori*, Municipii Genevensis Bibliothecario hotiorariOy Schlegelius exul Hannoveranus
Quam mihi hucusque , vii* clarissime , intcr multa alia ollicia grato animo commemoranda, egregiam prœstitisti operam in enucleandis Theoti>cœ poeseos et lingu£B antiquitatibus, eamdem ut et in posterum pnestare velis, quam possum enixe Te oro, imo obtestor. Vereor enim ne, si tantum mihi sublrahatur auxilium , viribus in medio cursu deficientibus , mihi dolcndum sit quod oleum et operam, ut aiunt, perdiderim. Jam consuevi, Te, tanquam oraculum aliquod divinitus mihi concessum, cujus responsa piis mortalium auribus accepta in intimis mentis penetralibus adservantur, sunima
1 Favrc-Cayla, fils. — Favrc avait reçu à cette t'piM|uc le titre di' bibliothécaire honoraire qu'il 110 mrila que quelques années. —i^d.
CORRESPONDANCE. LXXni
cuni reverenlia colère ac venerari. Ne igitur graveris aut defatigeris queestmom varietale et multiUidine, quibus quotidie aures tuas obtundo, cum probe sciam Te Œdipo sapientiorem eas solvere valere.
Non te lugit, in antiquissimo illo de Nebulonibus ' carminé, quod hodie deouo inter nostrates celebrari cœptum est, multa occurrere, quœ pertinent ad historiam temporum , quibus Romanum imperium tum Âttilse incursionibus , tum multo magis fortitudine populorum Teutonicorum , quos ▼ulgo Barbaros appeUant, a quibus equidem originem trahere magnopere glorior , vehemenler concussum , denique prorsus deletum atque eversum est. Primo loco itaque diligenter mihi perlustranda sunt omnia quas ad Attihe historiam sp^tant, tum Yeterum tesUmonia, tum quas eruditorum nos- Iri sflecoli in eam rem congessit industria. Deinde cum Tbeodoricus Ostrogothonim rex, quem annales nostn rhythmici non invenusto anachronismo iequalem Attilœ faciunt, in multis carminibus populari Dietrici Bemensis nomine celebratus , in epica Nebulonum narratione primarias occupet partes, invesliganda erunt quae de eo et sede ejus Veronensi ab bistoricis latinis memoriœ mandata sunt, velim inprimis mecum communices quae Tu de statu Italiae sub Ostrogothis jampridem doctissima scripsisti.
Porro multus est in Nebulionade sermo de Burgundionum regno , prisco illo , cujus sedes Wormatîae ad Rbenum erat posita. Omnino autem maxime confusa est Burgundionum historia , propter perpétuas regni divisîones et varias, in universo populorum motu, gentis hujus sedes, quae postremo magis ▼ersus meridiem migravit in regiones ad utiounque montis Jurse latus sitas, partim adhuc nomen ejus retinentes. Nescio an in annalibus episcopatus Wonnatiensis aliquid lucis huic Burgundionum regno afTundatur. Multo enim serins, nisi fallor, a Carolo Magno sedes Episcopi Catholici Wormatiœ constituta est, quoniam Burgundiones cum cœteris gentibus cognatis Attilœ tempore pessima Arrianorum hœresi laborabant.
Denique scire velim, an unquam regulus aliquis Francorum Frisiorum, alianmiTC gentium, quœ istis temporibus tam sœpe nomina et sedes mutare solebant , sedem imperii sui habuerit in oppidulo Xanten ad Rbenum sito prope Weseliam. Ponitur enim in Nebulionade ibi regia principis cujusdam Sigismundi, in provinciis inferioribus (vemaculo sermone die Niederlande) dominantis, filiique ejus Sigfridi, inclitî fabulis herois, quem, quia ad instar Achillis nuOo telo vulnerabilis habebatur, nostrates comeumnuncupantyUnde errore ridicule bomines veteris sermonis ignari comutum eum finxerunt. Pemoctabam aliquando in itinere apud hoc oppidum Xanten , sed minime praeridens , olim mihi antiquitates ejus remotissimas fore investigandas. Venit mihi in mentem , num forte nomen, neutiquam indolem Germanicam redolens , a Xantho Troadis flumine derivatum sit. Notissima enim res est, Francos, multosque ahos populos, Romanorum œmulatione illectos, a Trojanis originem duccre voluisse , quo factum ut passim, sicuti Andromache Virgiliana c novas quasdam Trojas et récidiva Pcrgama » coudèrent.
I Le* Niebclungcn. — Éd.
LXXIV CORBBSPONDANCE.
Paiica liSBc e inultis, in quibus hœreo, dclibavi. Vides jain, quf» et quants difficultates mihi sint extricandœ, ante quam dissertatio mea de Nebulonibus in lucem prodire queat. Rogo te igitur, cum cubiculi mei angustiœ non tantam librorum molem simul capiant, quanta ad banc mcam opellani qualemcumque opus mihi erit, ut mihi supellectilem litterariam, tum ex locupletissimo penu tuo proprio , tum ex Bibliolheca publica paulatim promas, utendamque concédas, dum libros, quibus jara usus fuero, diligenter Tibi subinde remittam , ne liberalitate Tua abutar ; sicubi hodie cum hisce litteris remitto Canisii Lectiones antiqua^, débitas Tibi gratias persolvens et amplius persoluturus. Quas utinam Tibi Patrono optime merito référant pro me docti gentis nostrae homines, si quando Germaniara peragrare Tilii libuerit. Vale. Scribebam Genevœ A. d. v. kal. Febr. a. mdgccxi.
Clithy, W octobre 4844,
Vous me faites Thonneur, Monsieur, de me demander des lettres pour Weimar et léna. Mes relations avec ce pays sont entièrement rompues, et je n'y entretiens aucune correspondance, pas même avec mon ancien ami et maître en poésie, Goethe. Cependant, je pense qu'il recevra toujours bien (|uelques lignes de ma part, et je vous envoie Tincluse comme la seule adresse que je puisse donner.
Au reste, un Genevois de la classe de M. Rigaud * , et qui montre le désir peu commun de connaître la langue et la littérature allemandes, n*a pas besoin de recommandation, et peut être sûr d'être partout bien accueilli.
Weimar est bien dépeuplé par la perte de ses hommes célèbres, Herder, Schiller et Wieland. 11 n*y reste plus que Gœthe. Néanmoins je crois que le goût des lettres s*y maintient toujours , et le théâtre est une ressource pour les étrangers.
L'université d'Iéna aussi n'est plus ce qu'elle était. Le personnel des professe w*s a tellement changé qu'ils me sont inconnus pour la plupart.
Gœtliugue est bien supérieur par son excellente bibliothèque , et Heidelbcrg par le mouvement de pensée qui y règne ; mais à présent que l'Allemagne respire après de longues agitations, M. Rigaud aura un choix libre entre tous les séjours qui pourront lui convenir.
J'ai eu bien du regret à quitter la Suisse sitôt, et j'ai été vivement touché de l'état d'aflliction où je vous ai laissé *. J'aurais souhaité vous voir plus calme avant mon départ ; mais une douleur de sensibilité exerce tous ses droits sur un cœur comme le vôtre. Votre père a été votre ami intime ;
I M. niRaud-dc Constant. - J^rf.
i La uiort du \Miiv de Giiillauiiio Favic. ~ EU.