‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 3)Chapitre 22 sur 93 · CORRESPONDANCE. LXXXV · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE. LXXXV

cause commune avec eux contre les Esdavons, compte pour beaucoup à mon gré. Dâ étaient donc probablement des restes des Avares, et tout le moyen âge a constamment regardé les Huns, les Avares et les Hongrois comme une seule et même nation. Cette opinion est difficile à réfuter, puisque la langue des deux premiers est perdue. Klaproth prétend avoir trouvé autour du Caucase des Avares dont les noms propres ressemblaient à ceux des Huns.

Rabanus donne-t-il Falphabet dont il parle ? Il ne peut entendre par Mar' amanni que les habitants du Danemark ou ceux de la Marche de Sleswic en particulier. Cependant nos vieux poètes disent aussi la Marche nonwégienne.

Les notices sur les Goths doivent se trouver dans le Mithridate d'Adelung» doot je n'ai encore que le premier volume.

Je vous renvoie avec beaucoup de remerciements le programme danois. Vous êtes bien bon de vous associer ainsi à toutes mes lubies érudites. Je vous entretiendrai une autre fois des traces de poésies nationales que je crois avoir trouvées dans les historiens mérovingiens. Une de ces histoires doit s^ètre passée à Genève, et même à deux portes de chez vous.

M"« de Staël a différé sa course à Genève jusqu'à lundi ; je pourrais bien raccompagner. Je suis bien fâché qu'une cause aussi triste vous retienne chez vous. J'espère que M«« Favre et vos enfants se portent bien.

Tout à vous,

SCHLEGEL

Coppet, iO mai 481iS.

J'étais chez vous. Monsieur, lundi dernier, mais vous étiez à votre belle campagne. J'aurais voulu arriver plutôt pour vous accompagner.

Je suis charmé que vous soyez content de mon morceau sur l'étymologie ; il est bien difficile d'écrire d'une manière animée sur un pareil siget, et d'éviter fennui et la pédanterie. C'était un écrit projeté pour un temps de calme. J'avais Fintention maligne d'apprendre à l'Académie Française une quantité de choses qu'elle ignore, et je voulais très-poliment lui adresser ce petit ouvrage. A présent, je n'ai point de moUf d'écrire pour le public fimnçais, qui est entièrement absorbé par les événements et les divisions intestines. D'ailleurs, j'étais bien mieux placé à Paris sous le rapport des livres. Y a-t-0 seulement à Genève toutf^ les absurdités celtiques et bas-bretonnes dont il faut faire justice ?

Je suis très-curieux de voirie manuscrit dont vous me parlez. Sans doute on écrivait encore dans le sixième siècle beaucoup sur du papyrus dans tout

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