CORRESPONDANCE . CXXIX
tftje lui entendis raconter avec détail le contenu des dépêches nombreuses qu'il a reçues et qui ne laissent pas la possibilité d'un doute. La flotte grecque était en effet arrivée dès le 12 en vue de Missolonghi, mais avec des vaisseaux trop fiubles pour attaquer de vive force : les brûlots qu'elle avait lancés avaient sauté sans fiiire de dommage. Elle ne pouvait donc ravitailler la place qu'avec des bateaox assez légers (mistics) pour traverser les lagunes : ces canots lui manquaient et elle les attendait de jour en jour ; les malheureux habitants qui Tavaient en vue attendaient d'heure en heure malgré les privations: ils avaient dévoré les chats, les rats, toutes les nourritures les plus immondes ; il y avait quatre jours enfin qu'il ne leur restedt absolument plus rien, lorsqu'ils se sont déterminés, le 22 au soir, à sortir en quatre corps, pour aller rejoindre Karaiskaki; une décharge d'artillerie qu'ils ont prise pour un signal était peut-être une trahison. Le premier corps mitraillé par les Turcs a été presque absolument détruit; le second et le troisième se sont défendus dans des moulins et ont fini par se faire sauter; on dit que le quatrième est prisonnier : il reste donc environ trois ou quatre mille âmes, car chaque corps comprenait des femmes et des enfiuits qui ne sont pas encore massacrés. — J'ai été interrompu par le comte Capo distria et je n'ai plus que peu de moments pour finir ma lettre avant le courrier. Ce qui m'importe c'est de vous faire sentir que (par sa légèreté, entre nous) C. n'a point répondu à notre confiance. Si un homme actif, intelligent et disposant de notre argent, avait été à Zante, s'il avait, jour après jour, saisi toutes les occasions pour faire partir des mistics avec des vivres, Missolonghi qui n'a cédé qu'à la famine tiendrait encore. Nous avons de l'argent, on en a davantage à Paris ; il &ut trouver un agent qu'on envoie à Zante. M. Capo d'Istriale sent comme moi, le comité de Paris me parait disposé à le sentir. Agissons dans ce sens et que Dieu seconde nos efforts. Exprimez à M"* Favre, au nom de tous deux, et recevez vous-même l'expression de notre tendre attachement Rappelez-nous à tous nos amis, et pardonnez la manière précipitée dont je finis cette lettre. Je serai vendredi à Londres, et tout ce que je puis exercer d'influence par de l'activité et du zèle, sera tout consacré aux Grecs.
J.-C.-L. de SiSMONDi.
LunJt, i6 mai 18i7.
AVERTISSEMElVr
Tous ceux qui se sont occu|>és de la publication d'ouvrages inédits savent quelles difficultés présente ce travail.
Nous ne nous étendrons pas sur ces difficultés : nous dirons simplement de quelle manière nous avons procédé dans Texamen et le choix des papiers qui nous ont été remis.
Nous avons d'abord laissé de côté les articles insérés par Favre dans le Magasin Encyclojjédique et la Biblioilièque Universelle de Genève. La liste que nous en donnons suffit, à ce que nous croyons, pour montrer que ces articles ont été reproduits avec plus de développements dans les dissertations que nous publions aujourd'hui, ou bien qu'ils traitent d'ouvrages déjà anciens, et dont rintérét n'est plus le même pour nous.
Il en a été de même pour plusieurs autres travaux, les uns parce qu'ils datent de la jeunesse de Favre et qu'il ne paraît jamais avoir songé à les publier; les autres, parce qu'ils sont restés plus ou moins inachevés.
Nous n'avons donc choisi que les écrits qu'il semble avoir luimême destinés à l'impression , écrits qui sont à peu près tous complets (sauf la Vie de Marins Philelfe^ où l'on remarque une lacune qui n'a jamais été comblée), et nous croyons en cela avoir fidèlement rempli et le désir du savant genevois, et celui de sa famille.
Quant à la forme même de ces écrits, elle s'explique si l'on se rappelle comment Favre travaillait. Il aimait assez peu ù rédiger
SCS recherches : il préférait au contraire les multiplier de telle façon (pie le texte était parfois absorbé par les notes.
S'il eût été lui-même son propre éditeur, nous ne doutons pas qu'il n'eut porté une main exercée dans cette réunion de matériaux, et qu'il n'eût laissé définitivement subsister que ceux qui tenaient intimement au sujet.
Mais nous n'avons pas cru que nous fussions autorisé à faire ce que Favre n'avait pas fait, et nous avons reproduit ses manuscrits tels qu'il les avait rédigés. De là quelques disparates inévitables. Plus d'une fois des recherches postérieures sont venues contredire le texte primitif. Ce texte subsistait cependant. Devions-nous, de notre autorité privée, le modifier ou le changer complètement*? C'était alors une œuvre de remaniement, qui non-seulement aurait été fort délicate, mais qui aurait de plus enlevé à notre publication ce qui fait un de ses mérites, nous voulons pai'ler de sa sincérité. Ce n'est ici ni une entreprise de libraire, ni un auteur qui prétend à des distinctions au milieu de ses contemporains : c'est une famille qui a voulu garder la mémoire d'un chef vénéré en le faisant connaître par ses travaux tels qu'il les a (M)nçus et exécutés.
Cette courte explication donnée, nous espérons que le lecteur voudra bien ne pas juger avec trop de sévérité l'exubérance de certaines notes dans le Marins Philelfe par exemple, tandis qu'elles se trouvent réduites à une sage sobriété dans la Littérature des G'oths. En réfléchissant aux motifs qui nous ont guidé, et à l'impossibilité où l'éditeur aurait été do satisfaire à la fois aux exigences d'une rédaction uniforme et au but de cette publication , on verra que nous n'avons fait que ce que nous pouvions faire.
Nous n'insisterons pas d'ailleurs sur 1 état des manuscrits qui nous ont été remis. Ces détails matéi'iels n'intéresseraient personne, et peu importe le temps et les soins qu'a nécessités le classement de cette multitude de papiers. Nous ne souhaitons qu'une seule chose : c'est que le lecteur ne s'aperçoive pas trop souvent que ce n'est pas l'auteur lui-même qui a présidé à l'impression de ces deux volumes.
Il est un détail cependant à propos duquel nous tenons à réclamer sa bienveillance. Nous voulons parler des citations. Nous avons apporté à leur correction un soin scrupuleux : toutefois il nous aurait été impossible, on le comprend, de les vérifier dans leur <»ns(mil)Ie, ù moins d'y consacr<»r un temps dont nous ne pou-
AVERTISSEAiENT. 3
vions disposer. Nous nous en sommes donc remis complètement à notre auteur, et les vérifications paitielles que nous avons été appelé à faire, nous ont prouvé qu'en général ces citations sont fort exactes et que l'on peut s'y fier. Peut-être ne les trouverat-on pas toujours assez précises : cela tient à ce que de tous ces travaux aucun n'a été, pour ainsi dire, complètement achevé, et que Favre s'était toujours réservé d'y revenir et de combler les petites lacunes qu'il y laissait.
Favre, avons-nous dit, a suitout écrit dans la Bibliothèque Univenelle de Genève. Les rédacteurs de cet important recueil étaient ses amis, et il leur adressait volontiers des articles assez étendus aussi bien que de courtes notices d'ouvrages qu'il estimait propres à Intéresser les lecteurs sérieux. Ces articles sont en général signés d'un F. Plusieurs cependant ne portent aucune signature. Voici la liste de ceux que nous regardons comme étant de lui, qu'ils soient signés ou non. Il est fort probable que nous en avons omis quelques-uns, mais dans l'absence de toute preuve matérielle, nous avons préféré être incomplet plutôt que de courir le risque d'attribuer ù Favre ce qui ne lui appartiendrait pas.
Lettre a M. Milun, dans le Maganin EticyclopéAique (Voyez Notice, page XXII ).
SuB LES CHEVAUX DE BRONZE DK VENISE (BibUothèqiu; Universelle, Juillet 1816 ( 12 pages).
Cet article, après une courte introduction sur les quatre chevaux de bronze de Venise, contient l'analyse de deux lettres sur ce siyct: la première, de Guillaume Schlegel, aux éditeurs de la Bibliothèque Itaiiemie (Florence, Mai 1816), et la seconde, de Mustoxidi (Padouc, 1816). Ce sont deux réponses à l'ouvrage du comte Cicognara: Dei quattro CavaïU riposti md Prtmao deUa BasiUca cU S, Marco (Venise 1815, 4''). Voyez Cbrrespandanoe de Schiegd, p. xcii.
Des manuscrits palimpsestes et de quelques découvertes récentes {Bibliothèque Utdverselle, Novembre et Décembre 1816). Après luie courte introduction siu- Tiisase de trratter le parchemin dos
manuscrits des anciens auteurs pour s'en servir de nouyeaU) Favre passe en revue les récentes publications de Fabbé A. Mai
1° Les fragments des discours de Gcéron (pro Scauro, pro Tullio, pro Flacco ), publiés à Milan en 1814 ( &*, xiv et 36 pages) ;
2r Autres fragments des discours de Cicéron (Milan, 1814, 8*, xxxv et 144 pages);
3« Œuvres de Oomélim Front4M (Milan, 1815, 2 vol. in-8»);
4* Fragments de PlatUe et d'tm commentaire sur Térenœ ( Milan, in-8*, 67 pages);
5* Discours SIsée (De Herediiate Cleonymij Milan, 1816, 67 pages) ;
6" Discours de Thémiste ( Milan, 1816, in-8% 79 pages).
Ces deux articles (45 pages), renferment une analyse fort claire et fort bien faite des découvertes d'Angelo Mai, et une rapide appréciation de leur importance historique et littéraire.
Le Jupiter olympien, par Quatremère de Quincy; Paris, 1815, in-folio {Bibliothèque Z/moerseîfe, Avril 1817, 19 pages).
Analyse de l'ouvrage de Quatremère. Elle n'est pas signée , mais nous la croyons de Favre.
Ouvrages publiés par M. l'abbé Angelo ^ai( Bibliothèque Universelle, Septembre 1817, 20 pages).
C'est une lettre aux rédacteurs de la Bibliothèque Universelle^ datée de Genève, 1" Août 1817, qui contient l'analyse détaillée dos publications d'A. Mai, relatives à Philon, à la chronique d'Eusèbe et à ses vcrsious arménieimes, à Porphyre et au XIV* livre des Oracula Sibyllina.
Avis concernant une nouvelle découverte d'Ulphilas dans la Bibliothèque ambroisienne a Milan {Bibliothèque UniverselleySa^tembre 1817, 5 pages).
Note datée de Milan, 15 Septembre 1817.
Denys d'Halicabnasse (Bibliothèque Universelle, Janvier 1818, 10 pages).
Analyse d'une publication de l'abbé A. Mai, qui contient plusieurs fragments inédits de cet historien (Milan, 1816, in-4'>).
Itinéraire d'Alexandre le Grand (Bibliothèque Universelle, Mars 1818, 9 pages).
Analyse de la publication d'A. Mai, lUnerarium Akxandri,Mfidio\aiù, 1817,in-8«,
Vie d'Alexandre le Grand (Bibliothèque UniverseJîe, Msm ci Avtû 1818, 40 pages).
Analyse de la publication d'A. Mai, JiUii Valerii Bes geslœ Alexnndri; Mediolani, 1817, in-8».
Chronique d*£usébe, édition de Milan {Bibliothèque UmverseUe, Novembre 1818, 3 pages).
Note (non signée) qui annonce cette édition d'A. Mai et de Zohràb.
Observations sur la langue et la littérature provençales, par A. W. de Schlegel; Paris, 1818,in-8« {BîbUoihèque UniverseUey Juin 1819, 27 pages).
Article non signé. C'est une analyse intéressante des Observations do G. Schlegel et des travaux de Raynouard.
Anthologie arabe, ou choix de poésies arabes inédites, par J. Humbert; Paris, 1819, in-8" {Bibliothèque Universelle, Août 1819, 7 pages). Analyse de Touvrage de J. Humbert
Archéologie. — Description des monuments étrusques, etc., par Inghirami {Bibliothèque Universelle, Février 1821, 8 pages). Annonce détaillée.
Littérature gothique. — UlphUœ parUum ineditarum in Anibrosianis pàUmpsesiis ab A, Maio repertarum spécimen; Mediolani, 1819, in-4'' {Bibliotlàque Universelle, yiai 1821, 29 pages). Première esquisse du travail sur la littérature sacrée des Goths.
Littérature ancienne. --Abuve^^es découvertes {Bibliothèque Universelle j Août 1821, 10 pages).
Analyse d'une publication de Niebuhr : M, TuUU Ciceronis orationum pro M, Fbnteio etpro C. Rabirio fragmenta; Romse 1820, in-S".
Notice sur les transports de quelques édifices exécutés au xv« SIÈCLE {Bibliothèque Universelle, Sciences et Arts, 1824, tome xxv page 158).
Inscriptions puniques et phéniciennes.
1"* Notice sur quatre dppes sépulcraux et deux fragments découverts en 1817 sur le sol de l'ancienne Carthage, par le major J.-E. Humbert; La Haye, 1821, in-folio, atlas.
2"* Henrid Arentii Amaker diatribe philologico-critica aliquot monumentorum punicorum nuper în Africa repertorum interpretationem exhibenSjLugduni BataT. 1822, in-4^
3** Caspari Jacobi G. Beuvens periculum animadversionum archsBologi- . carum ad cippos punicos Humbertianos, Lugduni Batavorum , 1822 , in-i"".
é"" De inscriptione phœnico-grœca in CyrenaSca nuper détecta ad Garpocrationorum bœresim pertinente commentatio, scripsit GuiL Gesenius; Halœ, 1825, 'm-à'^ {Bibliothèque UtdveraéOe, Awil 1827, 85 pages).
G'estpar l'hébreu qu'il faut arriver à l'explication des inscriptions carthaginoises. Résumé des discussions qui se sont élevées à ce siget Difficultés de cette interprétation. Analyse des quatre dissertations dont le titre est transcrit en tête de l'article.
Sur la boute d'Annibal de Garthagène aux Alpes {Bibliothèque UmoerseUe, Novembre 1829, 6 pages).
Note pour confirmer l'opinion de De Luc, qui Eût passer les Alpes à Annibal au petit Saint-Bernard.
Gatalogue de la Bibliothèque publique de Genève, rédigé par Louis Vaucher; Genève, 1834.
Notice détaillée de cet excellent travail {Bihîioihèque Umver9eUe,^P' tcmbre 1834).
Les deux volumes que nous publions contenant les autres travaux Av Favre, il nous a paru inutile d'en reproduire ici le titre et la date.