ROMAN D'ALEXANDRE DE WAUQUELIN
(Analyse.)
Ms. français, n"" 7518.
Premier livre.
Naissance d'Alexandre.
Querelle avec Nicolas.
Guerre en Thrace.
Siège de Tyr. — Gadifer et Betis.
Longs et nombreux chapitres mêlés de détails de chevalerie, sur les v€Bux, etc. Mort de Philippe.
Batailles contre Darius.
Mort de Darius. — Punition des assassins.
Deuxième livre.
Conquête de TAIbanie et de plasieurs autres pays. Alexandre conquiert le pays d'Artois, de Hainault, de Flandres, et le donne à une princesse de sang royal. Mariage de la fille de Porus à Caradoc fils de Candasse. Statues d'airain contre les éléphants.
Députation aux Amazones.— Leur reine vient trouver Alexandre. Combats contre les bétes féroces et les monstres. Combat singulier entre Alexandre et Porus. Correspondance avec le roy des Bracamens. Les arbres du soleil et de la lune *. Aventures chez Candasse. — Caverne des dieux. Serpents à émeraudes sur la tête.
« Les femmes qui font mourir de plaisir.
Les Mardis Serhadis. — Le roi Ambria.
Alexandre enlevé dans les airs par les griffons. Alexandre descend au fond de la mer.
Très-seniblables à VédUion de Bonfons.
Siège et prise de Babylone.
Dans une fête Antipater l'empoisonne.
Testament et mort d'Alexandre.
Guerre entre ses Barons.
Vengeance d'Alexandre par Alior fils de Candasse , qui fait la guerre à Antipater et met à mort tous ses Barons.
Catalogue de Vancienne Bibliothèque du Louvre (publ. par van Praet).
Page 75, n<* 365 : c Alexandre, empse (en prose) tnslate (translaté) l'an M.ccc.xlj. p. fre Jeh. de Vignay. »
« Il y a à la Bibliothèque du roi , sous le n"" 7504, un ms. du xnr siècle de cette traduction française du roman d'Alexandre par Jean de Vignay, et qui a été imprimée, avec quelques changements, à Paris, au commencement du xvi« siècle, par Nicolas Bonfons, in4*.
» V. B. de Xivrey, Tradit, lératol. p. 419.
« Cette bibliothèque en possède un autre qui traite du même sujet; il est d'une exécution magnifique, avec des miniatures de la plus grande beauté. Il porte pour titre : Les nobles fait» d'armes d'Alexandre le grand, compilés à la requête de Jean de Bourgogne, comte d'Estampe *. »
Ce dernier ms. parait être le ms. franc, n"* 7518 de la Bibl. du roi, énorme volume, et celui qui l'a mis en prose d'après un livre rimé se nomme Jehan Wauquelin^ et il désigne ce nom en renvoyant aux initiales de la seconde partie. (B. de Xivrey, p. xliv et plus haut, i64-i66.)
L'histoire du noble et très vaillant Roy Alexandre le grand, jadis Roy et Seigneur de tout le monde et des grandes prouesses qu'il a faic* tes en son temps, comme vous pourrez voir cy après. — A Paris, par Nicolas Bonfons.... (sans date) in-4^, 44 feuillets. (Il est relié dans l'exemplaire de la Bibliothèque du roi avec VHistoire d'Olivier de Castille, etc.. Paris, Nicolas Bonfons 1587, in-4<>.-- Mêmes caractères.)
t Premièrement la terre de Macedone fut appelée Macy d'un roi qui eut nom Emacius... Après elle fut nommée Macedone, de Macedonum, qui depuis en fut roy, lequel fut neveu du Roy Deucalion, de par sa mère... > — Ce premier chapitre contient une description de la Macédoine et un abrégé de son histoire jusqu'au temps de Philippe, qui < épousa Olimpias fille du roy Neptalin, Seigneur des Melosiens »
Après ce, Philippe.... engendra à sa femme le roi Alexandre, c mais Vnice (Vincent), un Jacobin, qui chercha toutes les histoires du monde dict en son livre, ou il parle de Alexandre , que Nectanebus, roy d'Egypte, fut son père et l'engendra à la reyne Olimpias et coucha avec elle en forme de dragon. >
Le second chapitre, parle de l'origine des sciences , de la célébrité des Égyptiens et de leur habileté dans l'astronomie, c Nectanebus roy d'Egypte, père d'Alexandre, estoit l'homme qui plus savoit d'astronomie, et d'astrologie et de la science des enchantements. » Ce roi, attaqué par Artaxerce, quitte l'Egypte, se retire « en une terre appelée Bethléem et de là au pays d'Ethiopie, » puis
• Voyez page 164.
passe de là en Macedone, où il séduit Olympias en se déguisant en dragon et se faisant passer pour le dieu Âmmon.
Alexandre précipite Nectanèbe, qui lui apprend qu'il était son père.
Le cheval Bucéphale envoyé à Philippe par un grand prince de Cappadoce < estoit lyé de fer de toutes parts ; car autrement il mangeoit toutes gens qu'il pouvoit atteindre, et avoit deux cornes en la teste, i
Querelle entre Alexandre et Nicolas roy des Aridiens. Alexandre tue Nicolas.
Daire fait demander le treu accoustumé (le tribut).
Mort de Philippe tué par le roi Pemama, roi de Bithynie, qui pénètre jusqu'à la cité de Lom, pour se saisir d'Olympias. Mais la reine lui échappe en se réfugiant dans une forte tour, et Alexandre, revenant d'Arménie, délivre sa mère et tue Pensama.
Alexandre, âgé de vingt ans, partit de Macedone et vint à Aragâtes consulter l'oracle d'Apollon, dont le prêtre avait nom Vxrgines, c'est-à-dire, en grec, Seiraphin.
Arrivé en Italie, les Comtes et les Barons de Rome lui envoient des présents. 11 passe en Afrique en une île nommée Vtetans, puis dans une autre où il consulte l'oracle d'Ammon, puis en Egypte au lieu appelé Tossotlrin , où Séraphin lui apparut en songe. H fit bâtir Alexandrie en un lieu nommé Estallione , et trouve en Egypte la statue de pierre noire élevée à Nectanèbe,
11 traversa la Syrie, entra en Palestine, rendit. hommage à VEve»' qtie Jaidus, et on lui montra la prophétie de Daniel.
Lettres réciproques d'Alexandre et de Daire.
Alexandre pénètre dans la tente de Darius , est reconnu et s'échappe.
Bataille où Darius est vaincu et s'enfuit.
Alexandre se baigne dans le fleuve Edmon, près de Vrace. Il est malade ; il est guéri par un jeune mire nommé Philippe.
Darius vaincu de nouveau s'enfuit vers Persépolis ; il appelle Porus à son secours.
Nouvelle victoire d'Alexandre. — Darius est assassiné par ses officiers ; Alexandre les fait punir.
Alexandre trouve une nation de gens d*hornble régate et qui mangeaient de la chair d'hommes. 11 les enferma par deux montagnes. Promontoire et Lairent, qui, à sa prière, se rapprochent, et il y mit des portes de fer qu'il fist couvrir d^astniction.
Bataille coutie Porus. Images de léton et les fist emplir de char-
bons ardents. Alexandre prend la capitale de Porus. Richesses de son palais.
Ambassade d'Alexandre :\ Calistrida» reine de Mazomien ou des Madozomes (Amazones). Visite de cette princesse à Alexandre.
L'armée d'Alexandre est attaquée par des animaux féroces et des monstres.
Combat singulier d'Alexandre et de Porus. Mort de celui-ci. Alexandre fonde en ce lieu la ville appelée Gepugnorum. Il alla ensuite aux Doyne^ de Hercule, les dépassa et soumit plusieurs nations.
L'armée rencontre encore des monstres, puis des femmes qui avaient des cornes» d'autres qui étaient velues et qui avaient des pieds de chevaux et hautes de sept pieds ; elles étaient cependant foit belles, ne sortaient jamais de la forêt, et ne se nourrissaient que de fleurs et de la rosée, des violettes et des roses. Puis elle eut beaucoup ù souffrir de la neige et de la pluie et de grandz nuées de feu.
Alexandre visita ensuite le pays de Ridrasle, dont les habitants vont tout nus. 11 correspondit avec Lindimis, roi des Brachoniens, et il fit graver sa correspondance sur une colonne. 11 passa de là chez des hommes sauvages, grands comme des géants , puis à la montagne de Domastice qui avait une chaîne d'or, des degrés de saphirs et un palais appelé la maison du Soleil ; un vieillard lui propose de voir les arbres du Soleil, Ils virent d'abord un arbre sans feuilles sur lequel était le Phénix, puis les arbres du Soleil et de la Lune qui prédirent a Alexandre sa mort.
Alexandre arriva ensuite en la terre de Tradiaque, et trouva sur une montagne une cité toute de pierres précieuses^ dont Candasse Theopis était reine. Alexandre délivra la femme de Candaculus, que le roi des Oblices avait enlevée, et la rendit à son époux ; il alla ensuite chez la reine en se faisant passer pour le chevalier Antigonus de Bratemens et fut reconnu; mais Candasse le sauva. En revenant à son armée, il visita la Cave des dieux, et les interrogea sur la durée de sa vie, mais il ne reçut qu'un refus.
L'armée grecque rencontra ensuite des serpents qui avaient des émeraudes sur la tête, d'autres animaux sauvages et de grands oiseaux nommés grifs Us arrivèrent ensuite à un fleuve dans lequel étaient de belles femmes, aux cheveux longs jusqu'aux talons, et qui tant faisoient gésir les hommes avec elles que l'ame se partait du corps. Ils parvinrent ensuite jusqes à la fin de la terre, sur la mer Oceane, qui joinct au ciel par semblant: illec trouva Alixandre les coulmmes que Hercule y avait mises. . .
L'armée passa ensuite chez une manière de gens qui sont appelés Esmardis Sehardh, qui lui livrèrent un combat. Alexandre prit et fit brûler Calamm leur roi, qui lui prédit sa mort prochaine. Alexandre fut blessé à l'attaque de sa capitale et beaucoup de ses soldats le furent aussi au si^e d'une ville dont le roi s'appelait Âmbria ; mais le dieu Ammon indiqua en songe à Alexandre une plante qui les guérit.
Sur les bords de la Rouge mer, Alexandre monta sur une montagne et fit faire une grande cage dans laquelle il se fit élever en l'air par des griffons; il approcha si près du soleil qu'il se douta que les phimes des oyseaux ne bruslassent
Il se fit ensuite descendre dans la mer dans un grand tonneau de verre, lié par des chaînes, et portant des lampes, et vit les merveilles de la mer, les baleines et les poissons.
L'armée grecque eut ensuite à combattre des bétes ayant au front comme espées, des dragons, des monstres qui jetaient des flammes, des géants qui avaient un œil au milieu du front et beaucoup d'autres animaux monstrueux...
Mort de Bucéphale. Alexandre lui élève un monument et bâtit une ville à laquelle il donne son nom.
n arrive au palais de Xerxès; il y trouve des oiseaux de la grandeur de colombes qui , par leurs regards, annonçaient si les malades devaient vivre ou mourir. Ils s'appelaient Salendres.
En la terre de Babylone, après avoir vaincu des serpents terribles et d'autres monstres, Alexandre s'empare de la capitale, il y trouve des députés de toutes les parties du monde,- de France, d'Espagne» d'Allemagne, d'Angleterre, de Sicile et de Sardaigne, qui venaient faire leur soumission au nom de leurs rois et lui apporter des présents. Les Français, qui étoient les plus vaillans gens du monde, lui présentèrent un bouclier.
Alexandre écrivit de Babylone à sa mère et à Aristote.
Alexandre est averti par la naissance d'un monstre que sa fia approche.
11 écrit à tous les princes du monde pour les inviter à une grande fête. C'est dans cette fête qu'Antipater, roi de Tyr, et ses fils Cassandre et Jobas, empoisonnèrent Alexandre. Il fit son testament et mourut : ses généraux, après sa mort, se firent la guerre et se livrèrent de grandes batailles.
Note. L'Histoire d'Alexandre, translatée en prose par Jean de Vi • gnay, a été imprimée avec quelques changements par N. Bonfons.
Le gros ouvrage de J. Wauquelin est différent de ceux de Bonfons et de Vignay.
Jean de Vignay traduisit le Miroir hisiorial de Vincent de Beauvais, imprimé à Paris en 1495 et 1496. 5 vol. fol. (Van Prael, Vélins du roi, l. IV, p. 298.)