LETTRES DE GUILLAUME SCHLEGEL
CoppeU le ZO novembre 1807,
J*ai bien des regrets de ce que le mauvais temps m'a retenu hier chez moi. Monsieur ; je comptais vous faire mes adieux à Genève. Je vous fais mille remerciements des notes que vous m*avez envoyées. Vous êtes à vous seul r Académie des Inscriptions tout entière.
Qaant au tombeau de Pallas, vous m*avez mis sur la voie ; il faudra consulter les historiens contemporains de Henri III et de Frédéric I»'. Malheureusement la vie du dernier, par Otton de Frisingue, ne va pas aussi loin, si je me rappelle bien. Helinandus est un peu postérieur à mon poète ; il me seonble qu*on voit déjà dans ce dernier l'exagération fabuleuse.
Je crains que M. Weiss ne soit déjà parti de Genève ; je ne lui envoie donc pas votre feuille, de peur qu'elle ne s'égare *. Je la prendrai avec moi pour la montrer aux physiciens allemands, surtout à M. Ritter, à Munich, qui s'est beaucoup occupé de l'électricité. Un célèbre théologien, Michaelis, s'est attaché à prouver que le temple de Salomon était construit de manière à ce qu^il y eût un paratonnerre. Vous concevez bien que je ne serais pas fâché, pour mon petit système d'histoire universelle , de voir constater par beaucoup d'exemples que des profondes connaissances en physique sont de la plus haute antiquité , et que souvent nous ne faisons que retrouver quand nous croyons découvrir.
Vos objections crmtre la leçon ou conjecture de Bentley sont remai*quablés; toutes vos notes jettent un grand jour sur l'hypothèse de Monti, et je los lui communiquerai *.
1 II s'agit d'une note que Favre avait rédigée sur les connaissances que l'on attribue aux Etrusques dans l'art de dingcr la foudre. - Éd. â Voyex page xxn de la Notice. — éd.
LXVl CORHESPONDANCE .
J'espère vous trouver en bonne santé le printemps prochain , et je me propose de profiter bien de vos connaissances et de votre bibliothèque.
Tout à vous ,
SCHLEGEL
Voudriez- vous vous charger de remettre les trois volumes espagnols cijoints à M. Cayla quand il reviendra. Il les a oubliés dernièrement ici.
Coppet, 28 juillet 4808.
J'ai été désolé. Monsieur, d'^apprendre dernièrement trop tard que vous étiez à Goppet, et de manquer ainsi le plaisir de vous revoir. Votre obligeante lettre m'est parvenue, mais nombre de jours après sa date, avec les exemplaires de votre lettre sur Catulle , dont je vous fais mille remerciements. Quoique j'en connusse déjà une partie, j'ai relu le tout avec un grand intérêt, et j'espère que nous trouverons l'occasion d'en causer. Vous devriez entreprendre quelque ouvrage de longue haleine , puisque vous avez le goût de ces connaissances, les moyens et le loisir.
J'ai communiqué à plusieurs physiciens d'Allemagne vos notes sur les découvertes des Étrusques en fait d'électricité ; ib ont été pleinement convaincus de vos ingénieuses inductions. M. Schelling à Munich, entre autres, l'un de nos plus célèbres écrivains, en a pris copie pour en tirer parti et vous citer dans l'occasion.
Pourriez-vous bien me prêter quelque bonne édition d'Euripide et l'Aiistophane de Kuster? Vous m'obligeriez beaucoup en envoyant ces livres chez Paschoud, où je les ferai prendre.
Agréez les assurances de la haute estime avec laquelle je suis
Votre très-huniblo serviteur,
A. \V. SCHLEGEL
iri
Coi^pet, ce 9 aotit 4808.
Après la complaisance que vous avez eue dcniièrement, Monsieur, de m'apporter vous-même Aristophane et Euripide, vous me trouverez importun de